PNJ Les coulisses du Pitiponk Recueil d'OS

Seront postés dans ce recueil des textes concernant les employés du Pitiponk. Ils parleront de leur vie au Pitiponk, de leur relation, de leurs disputes, de leur travail, de leurs fou-rires. Tant de petits moments qui rythment un quotidien


Chronologie

Reducio
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Elisha Veatch
- Lien avec le PJ : Employé du Pitiponk
- Lien dans le répertoire : Ici
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? (oui - non)
- Si "oui", impact envisagé : Elisha est employé au Pitiponk. Il a une relation complexe avec Chris qui ne comprend pas son anxiété sociale. Elisha a pourtant envie de le rendre fier et content. Elisha apparaîtra souvent dans ce recueil et vu qu'il bosse avec Chris les textes serviront à décrire leur relation.
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Sasha Hambacher
- Lien avec le PJ : Employée du Pitiponk
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- Si "oui", impact envisagé : Sasha est employée au Pitiponk. Elle s'entend très bien avec Christopher avec qui elle a une bonne relation. Sasha apparaîtra souvent dans ce recueil et vu qu'elle bosse avec Chris les textes serviront à décrire leur relation à travers des moments du quotidien.
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Kemby
- Lien avec le PJ : Employée du Pitiponk
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- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? (oui - non)
- Si "oui", impact envisagé : Kemby bosse avec Chris, ils se voient tous les jours. Leur relation reste professionnelle, mais ils se voient quand même tous les jours depuis des années. Kemby apparaîtra souvent dans ce recueil et vu qu'elle bosse avec Chris les textes serviront à décrire leur relation.
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Peyton Savage
- Lien avec le PJ : Gérante du Pitiponk
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- Si "oui", impact envisagé : Chris la connait depuis très longtemps maintenant, c'est sa patronne mais aussi une amie qui lui est chère. Elle apparaitra régulièrement dans ce recueil qui va servir à montrer la relation de Chris avec ses collègues.
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Pierce Savage
- Lien avec le PJ : Gérant du Pitiponk
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- Si "oui", impact envisagé : Chris le connait depuis très longtemps maintenant, c'est son patron mais aussi une amie qui lui est chère. Il apparaitra régulièrement dans ce recueil qui va servir à montrer la relation de Chris avec ses collègues.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

PNJ Les coulisses du Pitiponk Recueil d'OS
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Elisha Aberthol Veatch

Septembre 2048


Pendant longtemps, Elisha a cru que Pierce et Peyton étaient son oncle et sa tante. Pour tout vous avouer, quand il avait sept ou huit ans, il pensait même qu'ils étaient mariés. Il a toujours eu très honte de ce souvenir et a tout fait pour l'enterrer très profondément sous une bonne dose de gêne et d'anxiété quand ils a compris qu'ils étaient frère et sœur jumeaux. Il connait les Savage depuis toujours, il faut dire, et il les a toujours vu ensemble.

Sa mère l'a eu très jeune et elle s'est ensuite mariée avec un homme de la famille Savage. On parle peu de Henry dans les réunions familiales. Henry fait partie de ces hommes qui ne méritent pas que l'on parle d'eux. Comme souvent dans les drames familiaux, la séparation des parents d'Elisha a distendu les liens qui liaient l'enfant et sa mère à la famille de Henry. Seule Selena, et donc ses enfants, a gardé un contact avec Maury et Elisha. Pendant longtemps, ils n'ont plus été invités aux réunions familiales. Et pourquoi l'auraient-ils été ? Ils n'étaient pas de leur sang, ne portaient pas leur nom ! Mais personne ne dit non à Selena Savage. La première fois qu'Elisha et Maury ont été invités à l'une des exceptionnelles et impressionnantes cousinades de la famille Savage, Elisha a cru mourir sur place. Il avait dix ans. Le monde entier l'effrayait. Les regards hostiles creusaient des trous dans son coeur, il sentait tous les non-dits, tous les secrets, toutes les rancœurs, tous les jugements. Il a terminé sous la table des petits-fours, roulé en boule autour de son coeur qui pulsait de panique. Puis ça a fini par devenir familier, ces grandes réunions. La famille Savage est devenue la sienne, celle qu'il n'a jamais eu, celle qui a remplacé les parents qui ont coupé les ponts avec Maury, celle qu'il détestait supporter durant ces grands rassemblements qu'ils aiment au domaine Faretale — les Savage ont élevé les cousinades au rang d'art.

Elisha venait tout juste de quitter Poudlard lorsqu'il a compris que sa vie allait changer. Les Savage étaient en visite chez eux. Maury les a accueilli avec des tasses à thé éméchées et un sourire affectueux. Elisha est resté dans sa chambre car il avait déjà été hyper-stimulé par une visite des voisins le matin même. Mais Maury lui a demandé de les rejoindre dans le salon alors il n'a pas pu dire non. Il s'est assis, les mains rassemblées sur ses genoux, son coeur comme un animal sauvage dans sa poitrine.

« Elisha a peiné à terminer sa septième année, a annoncé sa mère à Pierce et Peyton. Il était suivi toute l'année par la psychomage mais il a frôlé le redoublement. Comme lors de sa sixième année et de sa cinquième année. Et des années précédentes, » a ajouté sa mère avec un regard d'excuse dans sa direction.

Il a baissé la tête sur ses genoux. Il savait bien que sa mère ne voulait pas lui faire honte, qu'elle ne faisait qu'évoquer une réalité. Pourtant, il a senti ses joues chauffer et il souhaité très fort disparaître, disparaître très vite de la surface de cette planète. Pierce et Peyton n'ont pas ri. Ils ne riaient jamais de ses choses là. Ils ont acquiescé, ils ont dit :

« Et tu penses que nous pouvons l'aider ?
— Elisha n'a aucune perspective d'avenir, a-t-elle bafouillé, il...
— Qu'as-tu envie de faire de ta vie, Eli ? » a demandé Peyton en lui faisant le genre de sourire qui donne envie de fondre en larmes.

Les larmes sont monté aux yeux d'Elisha, ses poumons se sont recroquevillés dans sa poitrine. Il a serré les poings très fort pour se retenir mais ça n'a pas marché. À sa plus grande horreur, il s'est mis à sangloter. Pierce est venu s'asseoir près de lui. Il lui a tapoté l'épaule, lui a prêté son mouchoir en tissu. Elisha aurait voulu se boucher les oreilles pour ne jamais entendre ce qui a suivi :

« Et c'est comme ça tout le temps, a murmuré sa mère. Dès qu'on évoque le sujet... Les chutes du Niagara. »

Les larmes secouaient son corps dans tous les sens, il n'arrivait plus à parler, plus à regarder autour de lui, plus à respirer. La honte prenait toute la place dans son corps. Tu es un bon à rien ! semblait-elle vouloir dire, comme le lui hurlait Henry quand il n'était qu'un petit garçon. Un bon à rien, un boulet, un poids que l'on traîne difficilement derrière soi, tu n'es même pas un homme, tu n'es pas intelligent, tu n'as rien de positif en toi, tu ne sais rien faire, tu n'as aucun avenir, tu vas finir sous un caniveau et crever là, oui tu vas crever là et en plus tu seras tout seul car ta mère finira par en avoir marre.

« La... La..., faisait Pierce dont la main dessinait de larges cercles dans son dos. Ça va aller, mon garçon. »

Les larmes ont finir par se tarir. Le lendemain, les Savage sont venus le chercher en disant à sa mère qu'ils s'occuperaient bien de lui, si elle le leur permettait. Elle a dit :

« Faites, faites. Je ne m'en sortirai pas toute seule. »

Elisha a su à ce moment-là que c'était mieux qu'il parte, pour ne pas être un boulet à sa cheville. Il a récupéré son sac qu'on lui a demandé de préparer, il a passé la lanière sur son épaule, il a embrassé sa mère et l'a serrée fort contre lui, elle l'a serré fort contre elle, puis il a fermé la porte. Il revient la voir tous les lundis. Il déjeune avec elle, passe l'après-midi devant un feuilleton avec elle, il va jouer une heure sur la console dans sa chambre puis Pierce ou Peyton vient le chercher pour le ramener à sa chambre. Elisha a échoué maints fois au permis de transplanage. Il n'est pas indépendant. Encore une chose à laquelle il a échoué.

C'est ainsi qu'il a débarqué au Pitiponk, un matin pluvieux de septembre. Tous les élèves de sa promotion avaient déjà commencé leur nouvelle vie dans les différentes universités du pays. Tous, sauf lui. Parce que lui, c'est un bon à rien. Lui, il a été présenté à l'équipe du Pitiponk et son coeur s'est serré dans sa poitrine quand le responsable, le manager a dit Pierce, a soufflé en le regardant, pensant qu'il ne verrait rien car il avait la tête baissée. C'est la première fois qu'il rencontrait Christopher.

Pierce et Peyton ont loué pour lui une chambre au sommet d'un petit immeuble londonien dans lequel il fait très chaud l'été et très froid l'hiver. Elisha les rembourse avec une partie de son salaire. Régulièrement, ils déposent devant sa porte des boites à repas provenant de leur restaurant. Presque tous les soirs, en fait. Elisha leur en est reconnaissant. Il n'a jamais appris à cuisiner et sa maîtrise de la magie dépend tellement de ses émotions en pagaille qu'il loupe presque tous les sortilèges qu'il lance. Il a également échoué à être un bon sorcier. La nuit, il dort dans sa chambre. Le jour, à partir de quinze heures sauf le lundi et son autre jour de congé volant, il se rend au Pitiponk. Il travaille là-bas. Il est serveur. Il est le plus mauvais serveur que la Terre ait porté.

Elisha déteste le Pitiponk. Il y a des gens partout, des clients dans tous les coins. Les Savage ont dit qu'il devait rester autant que possible dans la cuisine, qu'il ne devait pas être mis au Pleuroir. Mais un jour, Kemby était absente à cause d'une urgence et Christopher lui a dit : « Tu vas bien vouloir aller au Pleuroir pour m'aider, n'est-ce pas ? ». Christopher ne l'aime pas beaucoup mais Elisha n'a pas envie de le décevoir. Il ne veut plus jamais le voir souffler comme la première fois. Alors il a dit :

« Bien sûr, Monsieur Hangoover. »

Et il s'est retrouvé là, derrière le comptoir du Pleuroir à devoir répondre aux questions de tous les clients. Christopher a soufflé lorsqu'Elisha a dû quitter le Pleuroir en catastrophe, fauché par une crise d'angoisse particulièrement violente qui l'a forcé à rentrer chez lui. Ce soir-là, Elisha a pleuré toutes les larmes de son corps et même le plat réconfortant des Savage n'a rien pu y faire.

Elisha déteste le Pitiponk.
Mais les Savage sont fiers quand ils débarquent et le voient travailler.
Sa mère est fière, quand il vient le lundi et qu'il lui raconte sa semaine, quand elle voit qu'il fait quelque chose.
Christopher est fier quand il passe une heure sans casser un verre, il lui dit : « Une heure sans casser un verre, le talent t'a poussé dans la nuit, mon gars ? ».

Cela fait peu de personne qui sont fières de lui, mais c'est toujours mieux que de n'en avoir aucune, non ? Il ne peut par leur dire qu'il n'a pas le temps de penser à ce qu'il veut réellement faire, que la plupart de ses pensées sont entachées par une panique brûlante qui le paralyse. Il ne peut pas leur dire qu'il doute de tout, qu'il doute même de la légitimité de ses mercis quand il remercie une dame de lui avoir tenu la porte. Il ne peut pas leur dit qu'il panique à l'idée de traverser un passage piéton, parce que vous ne pensez pas à ça, vous qui êtes normaux, vous ne pensez pas à l'angoisse que c'est de traverser un passage piéton, de devoir se tenir là au bord de la route et d'avoir la force, le courage de s'avancer parce que vous avez la priorité sur les voitures. Ça l'angoisse tous les matins. Tous les matins parce qu'il doit traverser une rue pour rejoindre le Pitiponk. Il espère qu'il n'y aura pas de voitures, il y pense avant de sortir de son appartement et aussi quand il descend la cage d'escaliers. Il ne peut pas leur dire qu'il angoisse du matin au soir et que ça l'empêche de réfléchir à son avenir, de se questionner sur ce qu'il désire, que ça prend toute la place et que c'est constant. C'est là du matin au soir. C'est toujours dans sa tête.

Il ne peut pas leur dire parce qu'ils seraient déçus. Alors Elisha continue de venir au Pitiponk, d'affronter la foule et les soupirs de Christopher, il continue de suivre le chemin qu'on a tracé pour lui.

Il s'appelle Elisha Aberthol Veatch. Il est serveur au Pitiponk. Le monde dans son entièreté est source d'angoisse.

C'est un guerrier et il ne le sait même pas.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

PNJ Les coulisses du Pitiponk Recueil d'OS
Janvier 2049



La musique qui résonne actuellement dans le Pitiponk est un mélange absurde de violon et de trompette, sur un chant clair et harmonique. Une longue et lente agonie. Le thème pourrait accompagner une pièce qui s'intitulerait « Et seule la souffrance demeurât ». Le genre de musique qui donne envie à Christopher de s'arracher les oreilles et qui instille dans son cœur une tristesse sur laquelle il n'y a aucun mot à mettre. Ce genre de sentiment qui part de rien et qui prend toute la place, qui accable sans raison aucune. Ce qui est évidemment le signe que Peyton et Pierce sont présents au Pitiponk. Il n'y a qu'eux pour écouter de telles horreurs.

S'il était resté dans son bureau, Christopher aurait pu lancer son tourne-disque et couvrir les pleurs déchirants de la musique. Mais voilà, il doit préparer le service de l'après-midi, mettre de l'ordre dans la cave pour recevoir une commande de rhum, s'occuper de ranger la salle car Elisha est absent. Il est obligé de se déplacer et de supporter ces interminables lamentations qui l'accablent plus que de raison.

Les bras chargés de bouteilles vides, il quitte la cuisine en soupirant. Sasha arrive à ce moment-là par la porte arrière. Un bonnet enfoncé sur son crâne, un croc-top alors qu'il neige dehors, une épaisse doudoune. Un style à s'en damner. Elle fronce les sourcils et sans même le saluer :

« Les Savage sont là.
— Oui, » grimace Christopher

Il s'appuie contre le mur pour soulager son dos. Son visage exprime toute sa souffrance — pas celle de son dos, celle de ses oreilles. Sasha enlève son bonnet et passe la main dans ses cheveux courts.

« Crève-moi les oreilles, geint Chris. J'en peux plus de cette musique.
— Tu exagères, réplique Sasha en glissant son bonnet dans la poche de son manteau. C'est un peu triste mais c'est plutôt agréable.
— J'ai envie de crever.
— T'es tellement dramatique, c'est dingue, » soupire-t-elle en levant les yeux au ciel.

Sur ses mots, sans donner plus d'importance que cela aux plaintes de Christopher, elle longe le mur pour le dépasser. Arrivée à son niveau, elle hausse les sourcils pour le provoquer avant de s'éloigner. Elle monte deux à deux les escaliers menant à l'étage, abandonnant son patron à sa souffrance.

Seul dans le couloir, Christopher a les yeux grands ouverts sur le mur en pierre. Un piano s'ajoute à l'agonie musicale. Des notes claires et aiguës. Un Ré de la quatrième octave, peut-être. Un grognement s'échappe de sa gorge. Pourquoi je sais ça, moi ?! Il se tape le crâne contre le mur. Ce n'est pas le moment de se rappeler de ses leçons d'enfance !

D'un coup de bassin et non sans soupirer d'effort, il s'éloigne du mur pour reprendre son chemin. Il ouvre la porte de la cave à l'aide de son coude et dégringole les marches rapidement pour atteindre son noir repaire. Ici, pas de musique, si ce n'est celle qui vient de l'étage. Pas besoin de musique dans une cave. Christopher inspire longuement par le nez. Ça fait du bien. Il peut apprécier de la bonne musique classique mais pas celle-là. Pas celle qui lui fait ressentir une tristesse sans nom qu'il ne comprend pas et qui alourdit son cœur.

Peut-être Christopher abuse-t-il de son temps pour entasser les bouteilles vides dans un coin. Peut-être s'assied-t-il sur une marche de l'escalier après avoir fermé la porte de la cave pour profiter d'un moment de silence bienvenu et peut-être regrette-t-il moins de cinq minutes plus tard, quand le silence commence à devenir plus douloureux que la musique qu'il subissait en compagnie de ses collègues. Il jure entre ses dents et se lève finalement pour rejoindre l'étage. L'agonie des violons vaut mieux que la solitude.

Sa main appuie sur la poignée avant même qu'il ait atteint la dernière marche. Il ouvre en grand la porte, la musique inonde de nouveau ses oreilles. Il monte deux marches d'affilé, aperçoit Peyton dans le couloir, surprise qu'on ait ouvert la porte devant elle. Et là, alors que rien ne l'avait prévenu, le pied de Christopher butte contre la dernière marche, son cœur s'envole dans sa poitrine et il se sent chuter en avant.

« Doucement, garçon ! »

Hébété, Christopher lève les yeux. Peyton l'a rattrapé avant qu'il ne s'éclate le nez au sol. Un gloussement monte de sa gorge. C'était vraiment moins une. Elle lui sourit doucement. La musique pleure, les violons sanglotent. Les doigts de Peyton serrent son épaule. Une vague de reconnaissance le fait sourire bien grand, alors il dit :

« Merci, mère ! »

Une grande et belle exclamation... Qui meurt dans une grimace horrifiée quand il se rend compte de ce qu'il vient de dire. Ses yeux s'écarquillent, il avale une bouffée d'air glacée mais n'arrive pas à articuler le moindre mot tant la honte fait rougir ses joues. Il n'a pas fait ça, quand même ?! Il n'a pas... Mais si. Il l'a dit.

Un sourire commence à apparaître sur le visage de Peyton. Elle avale ses lèvres pour le retenir. Elle pose les doigts sur sa bouche. Un silence inconfortable s'élève entre eux. Les trompettes réclament vengeance, elles montent, montent, comme un chœur larmoyant. Christopher ouvre la bouche en inspirant. Rien ne sort de sa bouche.

C'est à ce moment que Peyton décide de lever la main. Elle prend tendrement le visage de Christopher en coupe. Ses yeux expriment une douceur qui comprime le cœur de l'homme.

« Ça restera entre nous, » murmure-t-elle.

Elle se décale pour le contourner, reprenant son chemin vers le Pleuroir. Elle a la démarche tranquille, comme si rien ne s’était passé.

« Fais attention quand tu monteras les escaliers, » dit-elle sans même se retourner.

Christopher ferme les yeux. La honte le fige sur place. Il a envie de se frapper la tête contre le mur. À la place, il se mord le poing, ouvre la bouche dans un cri silencieux, inspire profondément puis ferme la porte de la cave.

« Je ferai attention, » réplique-t-il d'une voix qui sonne plus plaintive que crâneuse comme il le souhaitait.

À son tour de partir d'une démarche nonchalante, comme si de rien n'était. Mais la honte reste bien présente, une honte de petit enfant qui sait qu'il n'a pas confondu Peyton avec sa mère, qu'il n'a pas même pensé à sa mère pile au moment de prendre la parole ; non, ce n'est pas pour ça qu'il l'a appelée comme ça.

Longtemps la honte demeurera. Peyton n'en parlera jamais à personne. Christopher non plus.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER