Antihero
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Je suffoque.
Dans la colère qui bout dans mes veines, dans l'incompréhension qui creuse un vide sous mes côtes, dans la peur qui me tord les tripes. Miya a disparu, là, sous mes yeux. Avec Jude. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'elle lui veut, et mon impuissance a un goût de fer au fond de la gorge.
Et si…?
Je déglutis au début de pensée qui m’effleure l’esprit. Non, Jude ne peut pas lui faire de mal. Pas physiquement. Pas la Jude que j’ai connue, n’est-ce pas ?
Je force mon esprit à s'aligner, à cesser de tourner en rond. Elles ont transplané. Où ? Elle n’aurait aucun intérêt à transplaner pour changer d'endroit à l'intérieur d'un pub bondé – il leur faut probablement de l'air, de l'espace, une bulle loin des regards. Dehors, donc.
J’affronte alors la foule, à nouveau. Kami croasse sur mon épaule, mais je suis trop distrait pour y prêter attention. Je pousse abruptement la porte, et le vent d'extérieur qui fouette mon visage porte en lui les effluves de tabac brûlé.
Mon regard ne tarde pas à attraper deux silhouettes accroupies au sol un peu plus loin. Je reconnais le premier visage : Miya. Assise par terre, entre l'ombre d'un lampadaire et celle d'une silhouette que je ne reconnais que trop bien. Jude. Je vois sur les joues de la nippo-galloise les larmes à peine séchées, brillant sous la lueur pâle du réverbère. Je vois cette cigarette qui tremble entre ses doigts, et ce sont là les preuves que je suis arrivé bien trop tard : ma gorge se noue à l’idée d’avoir à nouveau échoué à être présent pour elle lorsqu’elle en avait besoin.
De grandes foulées avalent la distance qui me sépare d'elles, et leur conversation m'apparaît plus audiblement ; des bribes d'abord, puis une phrase.
« Je. Voulais. Épouser. Kieran. »
Ces mots articulés me transpercent un à un. Mes pas se figent, et mon esprit peine à digérer cette information.
Non. Non, Jude.
Tu ne peux pas dire que tu voulais passer le reste de ta vie avec moi. Pas à voix haute, pas à Miya. Et pourtant tu continues dans ton élan. Tu énumères ce que l’on aurait été, ce que l’on aurait fait dans ce monde où tu ne m’aurais pas quitté. Mais ce monde n’existe pas, n’est-ce pas ? C’est toi qui l’as détruit, Jude. Et tu n’as pas le droit – pas le droit de le jeter au visage de Miya, ce monde-là, quand c'est toi qui l'as broyé sous ton talon, sourde à mes supplications.
Tu as choisi ton frère – et je ne te blâmerai jamais pour cette décision, tu le sais. Mais il existe tant de mondes bâtis sur des et si ; et celui-là, celui où tu ne l'aurais pas fait, celui qui aurait pu être nôtre, demeure le plus douloureux à envisager. Et tu n'as pas le droit, Jude, de le mentionner ainsi, avec cet air, ce ton, cette voix. Pas avec cette voix qui saigne encore, comme si le choix n'avait pas été le tien. Pas quand, même en te maudissant, je n'ai jamais rien voulu d'autre que ton bonheur – même si tu as choisi que ce ne serait pas à mes côtés que tu le trouverais.
« Miya », prononcé-je à mi-voix, lui tendant une main pour l'aider à se relever. Mon timbre se brise, rauque malgré moi. « On rentre. »
Antihero
Elle vient, elle s'approche et c'est trop près. Dégage. Pourquoi elle s'approche autant, j'veux pas d'elle dans ma bulle comme ça. Les dents serrées, je me retiens de cracher comme un chat en colère. Dégage, écarte-toi. Elle s'arrête avant d'être trop près, mais c'est déjà trop.
Jude me crache sa vérité qu'elle l'utilise comme une arme, un putain d'couteau, des poings qui se serrent pour faire mal, des flingues chargés.
« Je. Voulais. Épouser. Kieran. » Alors vas-y, fais-le. Va le voir, mets-toi à genoux et supplie le de te reprendre. Je la regarde, un air de défi dans les yeux. Qu'est-ce que t'en sais d'une telle dévotion, toi ? Je me suis foutue par terre pour Lloyd, je suis descendue sur mes genoux, j'ai supplié, je me suis excusé. Et je suis prête à recommencer, je regrette rien. Alors vas-y Jude, abaisse toi à mon niveau, apprends à mettre ton putain d'égo de côté et supplie, demande les mains jointes, le visage levé, strié de larmes. Tu voulais épouser Kieran ? Va te faire foutre, mon nom de famille est devenu River à l'instant où j'ai embrassé Lloyd pour la première fois.
Un mouvement dans les ombres.
Alerte, mes iris se détachent brièvement de Jude pour voler à la rencontre de celui ou celle qui ne devrait pas être là. Kieran. Je me fige, tout se fige. Il a entendu ? Putain mais bien sûr qu'il a entendu, réfléchis Miya. Et Jude qui continue de parler. Je mords ma lèvre, hésitante. Tais-toi, voilà ce que je devrais dire, mais j'ai pas envie de me manger son poing et je suis loyale à Kai.
Il a le droit d'entendre.
Il a le droit de savoir.
Et Lloyd aussi.
Elle pose une question dans un souffle, question qui m'arrache le coeur. Puis Kieran intervient.
« Kieran, je murmure, soulagée comme jamais. Tu m'as trouvée... » Je prends sa main et me lève sur deux jambes tremblantes, faibles, mais je suis debout. Et je m'enfonce entre ses bras, contre son torse, je m'effondre contre lui avec la sensation d'être enfin à la maison.
Puis je le relâche, prenant soin de pas le brûler avec ma clope, et je me tourne vers Jude.
Jude qui vient de me cracher tout ce qu'elle avait à dire.
Jude qui a pas vu Kieran depuis si longtemps.
« Tu peux pas nous empêcher de nous voir, je déclare. Tu peux pas retenir mes sentiments. »
409 mots
Jude me crache sa vérité qu'elle l'utilise comme une arme, un putain d'couteau, des poings qui se serrent pour faire mal, des flingues chargés.
« Je. Voulais. Épouser. Kieran. » Alors vas-y, fais-le. Va le voir, mets-toi à genoux et supplie le de te reprendre. Je la regarde, un air de défi dans les yeux. Qu'est-ce que t'en sais d'une telle dévotion, toi ? Je me suis foutue par terre pour Lloyd, je suis descendue sur mes genoux, j'ai supplié, je me suis excusé. Et je suis prête à recommencer, je regrette rien. Alors vas-y Jude, abaisse toi à mon niveau, apprends à mettre ton putain d'égo de côté et supplie, demande les mains jointes, le visage levé, strié de larmes. Tu voulais épouser Kieran ? Va te faire foutre, mon nom de famille est devenu River à l'instant où j'ai embrassé Lloyd pour la première fois.
Un mouvement dans les ombres.
Alerte, mes iris se détachent brièvement de Jude pour voler à la rencontre de celui ou celle qui ne devrait pas être là. Kieran. Je me fige, tout se fige. Il a entendu ? Putain mais bien sûr qu'il a entendu, réfléchis Miya. Et Jude qui continue de parler. Je mords ma lèvre, hésitante. Tais-toi, voilà ce que je devrais dire, mais j'ai pas envie de me manger son poing et je suis loyale à Kai.
Il a le droit d'entendre.
Il a le droit de savoir.
Et Lloyd aussi.
Elle pose une question dans un souffle, question qui m'arrache le coeur. Puis Kieran intervient.
« Kieran, je murmure, soulagée comme jamais. Tu m'as trouvée... » Je prends sa main et me lève sur deux jambes tremblantes, faibles, mais je suis debout. Et je m'enfonce entre ses bras, contre son torse, je m'effondre contre lui avec la sensation d'être enfin à la maison.
Puis je le relâche, prenant soin de pas le brûler avec ma clope, et je me tourne vers Jude.
Jude qui vient de me cracher tout ce qu'elle avait à dire.
Jude qui a pas vu Kieran depuis si longtemps.
« Tu peux pas nous empêcher de nous voir, je déclare. Tu peux pas retenir mes sentiments. »
409 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Antihero
Tu connais la sensation d’un corps gelé qu’on poignarde ? C’est ce que j’ai ressenti en entendant Kieran dans mon dos. Kieran, dont je n’ai plus entendu la voix depuis des années. Mes yeux se ferment, mon corps demeure figé. Il a entendu.
Il a tout entendu.
Putain. Jude, t’es qu’une abrutie. Si tu t’étais tu…
Le temps se suspend à l’intérieur de moi. Tout autour, le monde continue à tourner. Kieran récupère Miya. Ils s’enlacent. Il la garde contre elle. Et moi, accroupie, je reste statique, mes membres englués par la honte d’avoir livré ses mots devant celui qui n’aurait pas dû les entendre, ou sinon là où j'avais prévu de lui annoncer, des années plus tôt.
Mais pas seulement, hein ? Cette honte que je ressens, celle qui m’étrangle, celle qui me fige, c’est aussi celle que j’ai enfouie tout au fond de moi.
Celle d’avoir abandonné Kieran pour un et si.
J’ai mal. Mais je ne peux plus mordre. La honte n’a jamais été un sentiment auquel je suis habituée. L’angoisse, ça… je la sens, elle aussi. Camouflée derrière la colère et la douleur, mais elle est bien là, propulsée par cette honte qui me donne envie de transplaner dans mes sous-sols pour ne plus jamais en sortir.
Alors je me relève enfin, forçant sur mes genoux. Continue à cracher, Miya. Je t’ai entendue. Comme Kieran m’a entendue. Et il m’a ignorée. Ça fait mal, putain. Ça fait tellement mal.
Une fois sur mes pieds, je m’éloigne d’eux. Je ne veux pas le voir. Je ne veux pas. Un mètre, deux mètres, non, trois, arpentés en ramenant mon drapeau sur moi pour cacher mes épaules, mon dos, mon ventre mais surtout mes clavicules, là où trône toujours fièrement ce mouton noir à cornes n’étant pas sans rappeler celles du dragon Noir des Hébrides.
Je t’ai entendue, Miya. Comme Kieran m’a entendue. Mais moi, je ne t’ignore pas. Comme je n’ai jamais ignoré la pelle à ta main gravée au nom de mon petit frère.
« Ben ouais... tu fais toujours ce que tu veux, hein ? Même quand je te dis que t'as failli le tuer, tu t'en tapes. Miya avant tout, et que les autres aillent se faire voir. »
Ma voix est grave, râpeuse, encore emprunte de ma douleur, de ma honte mais aussi de ma rage froide. Je lui jette un regard par dessus mon épaule. L’imposante masse de Kieran l’avale toute entière.
Solide, Jude.
Reste solide.
416 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Antihero
Les vieilles habitudes ont, dit-on, la vie dure – et il m'aura fallu désapprendre celle de t'aimer, Jude.
Étrange, n'est-ce pas, quand t'aimer fut jadis aussi naturel que respirer, aussi peu sujet à question. Et pourtant, j'ai appris. À ne plus chercher la douceur de ton étreinte au sortir du sommeil. À ne plus tâtonner dans l'obscurité, cherchant ta main avant que Morphée ne nous cueille tous deux. À cesser de guetter, dans le silence de l'appartement, l'écho de tes pas résonnant sur le parquet.
J'ai appris à ne plus être hanté par les paroles de ces chansons moldues que j'apprenais pour les fredonner avec toi, ni par ce rire qui t'était propre, si contagieux qu'il suffisait à m'arracher le mien sans même que j'en connaisse la raison. J'ai désappris, un à un, chacun de ces gestes minuscules dont on ne mesure la valeur qu'une fois qu'ils nous sont ôtés. Et tout cela, dans une solitude m'écrasait de tout son poids – dans cet appartement qui portait encore dans ses murs trop de souvenirs qui nous appartenaient.
Oh, Jude, si tu savais combien ce fut long. Combien ce fut fastidieux, ce lent travail de deuil que tu m’as imposé. J'y ai laissé, je crois, une part de moi que je ne retrouverai jamais.
Et malgré cela, malgré moi, mon cœur se serre encore lorsque mon regard effleure ce mouton d'encre sur ta clavicule.
Mais le murmure de Miya me ramène à terre, et mes sentiments s'écartent, cédant le pas à sa détresse. Miya d'abord, toujours. D’instinct, mes bras se referment sur elle : une main se love à l'arrière de son crâne tandis que l'autre trace sur son dos un rythme lent et régulier. Mon menton trouve, comme toujours, sa place au sommet de sa tête.
« Je suis là », murmuré-je dans mon souffle.
Et lorsque je la sens se retirer, ma main cueille ma baguette au creux de ma poche, prête à nous soustraire tous deux à cette nuit – mais celle-ci, dans un souffle, laisse échapper des mots qui suffisent à suspendre mon geste et à faire tressaillir mon sourcil. Ce nous qu'elle prononce n'a, dans sa bouche, rien de celui qui devrait la lier à sa nouvelle amante. Je plisse les yeux. N'était-elle pas censée, ce soir même, retrouver sa compagne pour cette fête qu'elles devaient partager ? Pourquoi, alors, ces mots qui parlent de Lloyd, confiés à Jude ?
Ce que lui réplique cette dernière achève de m'égarer davantage. J'aurais aimé lui répondre que Miya, certes, n'a pas fait preuve du meilleur de son jugement lors de sa relation avec Lloyd – mais qu'elle est loin, bien loin, de cette égoïste briseuse de cœurs qu'elle s'obstine à décrire. M'engager pourtant dans pareil débat avec mon ex-compagne, et sur ce sujet précis – la cause même de notre fin – relèverait sans doute d'un instinct de survie des plus douteux.
« Jude, commencé-je doucement. Apaiser un Noir des Hébrides en colère me paraît moins délicat que la situation dans laquelle je me trouve. Vous en reparlerez peut-être, un autre jour, un autre lieu. Mais pas ce soir, et pas ainsi. Laisse-moi la ramener chez elle. »
Mon regard effleure sa clavicule, désormais dissimulée par le tissu qui drape ses épaules.
« …S’il te plait », ajouté-je d'une voix basse, la gorge nouée.
Étrange, n'est-ce pas, quand t'aimer fut jadis aussi naturel que respirer, aussi peu sujet à question. Et pourtant, j'ai appris. À ne plus chercher la douceur de ton étreinte au sortir du sommeil. À ne plus tâtonner dans l'obscurité, cherchant ta main avant que Morphée ne nous cueille tous deux. À cesser de guetter, dans le silence de l'appartement, l'écho de tes pas résonnant sur le parquet.
J'ai appris à ne plus être hanté par les paroles de ces chansons moldues que j'apprenais pour les fredonner avec toi, ni par ce rire qui t'était propre, si contagieux qu'il suffisait à m'arracher le mien sans même que j'en connaisse la raison. J'ai désappris, un à un, chacun de ces gestes minuscules dont on ne mesure la valeur qu'une fois qu'ils nous sont ôtés. Et tout cela, dans une solitude m'écrasait de tout son poids – dans cet appartement qui portait encore dans ses murs trop de souvenirs qui nous appartenaient.
Oh, Jude, si tu savais combien ce fut long. Combien ce fut fastidieux, ce lent travail de deuil que tu m’as imposé. J'y ai laissé, je crois, une part de moi que je ne retrouverai jamais.
Et malgré cela, malgré moi, mon cœur se serre encore lorsque mon regard effleure ce mouton d'encre sur ta clavicule.
Mais le murmure de Miya me ramène à terre, et mes sentiments s'écartent, cédant le pas à sa détresse. Miya d'abord, toujours. D’instinct, mes bras se referment sur elle : une main se love à l'arrière de son crâne tandis que l'autre trace sur son dos un rythme lent et régulier. Mon menton trouve, comme toujours, sa place au sommet de sa tête.
« Je suis là », murmuré-je dans mon souffle.
Et lorsque je la sens se retirer, ma main cueille ma baguette au creux de ma poche, prête à nous soustraire tous deux à cette nuit – mais celle-ci, dans un souffle, laisse échapper des mots qui suffisent à suspendre mon geste et à faire tressaillir mon sourcil. Ce nous qu'elle prononce n'a, dans sa bouche, rien de celui qui devrait la lier à sa nouvelle amante. Je plisse les yeux. N'était-elle pas censée, ce soir même, retrouver sa compagne pour cette fête qu'elles devaient partager ? Pourquoi, alors, ces mots qui parlent de Lloyd, confiés à Jude ?
Ce que lui réplique cette dernière achève de m'égarer davantage. J'aurais aimé lui répondre que Miya, certes, n'a pas fait preuve du meilleur de son jugement lors de sa relation avec Lloyd – mais qu'elle est loin, bien loin, de cette égoïste briseuse de cœurs qu'elle s'obstine à décrire. M'engager pourtant dans pareil débat avec mon ex-compagne, et sur ce sujet précis – la cause même de notre fin – relèverait sans doute d'un instinct de survie des plus douteux.
« Jude, commencé-je doucement. Apaiser un Noir des Hébrides en colère me paraît moins délicat que la situation dans laquelle je me trouve. Vous en reparlerez peut-être, un autre jour, un autre lieu. Mais pas ce soir, et pas ainsi. Laisse-moi la ramener chez elle. »
Mon regard effleure sa clavicule, désormais dissimulée par le tissu qui drape ses épaules.
« …S’il te plait », ajouté-je d'une voix basse, la gorge nouée.
Antihero
Je coule, je perds pieds, je m'effondre entre les bras de celui qui, presque plus que Kenji, est ce que j'appelle un frère. Kieran me rattrape — comme toujours, il me rattrape toujours — et sert son étreinte autour de mon squelette, ce corps si frêle, si abîmé que je traine depuis bien trop de temps. Une larme m'échappe. Elle glisse de mon oeil sur ma joue et se perd dans le vêtement du coréen. Toutes mes peurs s'évanouissent, mes angoisses fondent telle neige au soleil, doutes et troubles n'existent plus. Là, dans cette cachette qui n'appartient qu'à moi, je ne pense plus ni à Rahima, ni à Lloyd, ni à Sulien, ni à Jude. Je ne pense plus aux êtres que j'ai déçus, à ceux que je n'ai pas pu aimer comme il fallait, à ceux dont je ne me déferais jamais vraiment.
Le murmure de Kieran apaise mon coeur, c'est un baume sur cette âme cabossée, martyrisée. Je suis là dit-il, et ses bras autour de mon corps, sa tête posée sur la mienne, son souffle régulier, tous ses détails familiers m'aident à calmer progressivement les tremblements de mon corps.
Quand je me détache de lui, je vois que Jude s'est éloignée. Et ses mots me perforent. Un monde sans Lloyd, c'est impossible. Je préfèrerais crever plutôt qu'imaginer ça. Et penser que c'est moi qui ait faillis causer ça...j'ai de l'acide dans l'estomac. Une brève seconde, j'imagine un monde où il n'existe plus, un monde où Lloyd n'est plus là, et je vacille. Le vide affreux, un gouffre infini qui grignote mes bords, me détruit de l'intérieur. Je suffoque. Un monde sans Lloyd n'est rien.
« Un monde sans Lloyd ça n'a pas de sens. »
Les mots m'échappent, rauques, précipités, échos de sanglots que je refuse de verser.
« T'as eu c'que tu voulais, je continue. J'suis plus revenue. J'me suis plus pointée devant chez toi, j'ai arrêté de revenir pour partir, j'ai fait c'que tu voulais, ma voix meurt dans un sanglot. Tu peux pas m'demander un truc puis le contraire Jude, tu peux pas.. Tu peux pas comprendre, tu sais pas.. Ça m'a tué, de partir. Je suis morte Jude, je suis... »
Ma main trouve celle de Kieran. Je la serre fermement, ravale mes larmes et m'oblige à rester la plus droite possible. Droite. Fière. Pour elle.
393 mots
Le murmure de Kieran apaise mon coeur, c'est un baume sur cette âme cabossée, martyrisée. Je suis là dit-il, et ses bras autour de mon corps, sa tête posée sur la mienne, son souffle régulier, tous ses détails familiers m'aident à calmer progressivement les tremblements de mon corps.
Quand je me détache de lui, je vois que Jude s'est éloignée. Et ses mots me perforent. Un monde sans Lloyd, c'est impossible. Je préfèrerais crever plutôt qu'imaginer ça. Et penser que c'est moi qui ait faillis causer ça...j'ai de l'acide dans l'estomac. Une brève seconde, j'imagine un monde où il n'existe plus, un monde où Lloyd n'est plus là, et je vacille. Le vide affreux, un gouffre infini qui grignote mes bords, me détruit de l'intérieur. Je suffoque. Un monde sans Lloyd n'est rien.
« Un monde sans Lloyd ça n'a pas de sens. »
Les mots m'échappent, rauques, précipités, échos de sanglots que je refuse de verser.
« T'as eu c'que tu voulais, je continue. J'suis plus revenue. J'me suis plus pointée devant chez toi, j'ai arrêté de revenir pour partir, j'ai fait c'que tu voulais, ma voix meurt dans un sanglot. Tu peux pas m'demander un truc puis le contraire Jude, tu peux pas.. Tu peux pas comprendre, tu sais pas.. Ça m'a tué, de partir. Je suis morte Jude, je suis... »
Ma main trouve celle de Kieran. Je la serre fermement, ravale mes larmes et m'oblige à rester la plus droite possible. Droite. Fière. Pour elle.
393 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Antihero
Arrachez moi le coeur. Dites-moi les yeux dans les yeux que je suis le problème dans toute cette histoire, que mon souhait de voir mon petit frère en vie est une erreur. C’est ce que je comprends lorsque je vous regarde, unis face à moi qui suis dans le vrai.
Mon poing tremble contre ma poitrine, mes doigts cramponnés à mon drapeau. Mon nom dans sa bouche fait mal. Ce ton, ce calme, ils me foudroient. Je serre les dents. Je tire sur ma clope, longtemps. Elle ne me calme pas. Pas du tout. Je déteste ce qu’il dit. Je déteste qu’il se dise que la vie de mon frère peut-être remise à demain. À quel point tu lui es loyal ? À quel point t’es convaincu que je suis la folle de cette histoire, Kieran ? Pourquoi j’ai l’impression d’être la seule à ne pas vouloir que notre histoire soit sacrifiée ? Si Lloyd et Miya recommençaient, alors tes larmes et les miennes auraient coulées pour rien. Tu m’aurais supplié de ne pas partir pour rien. J’aurai perdu l’homme de ma vie pour rien.
Je le refuse.
Mon regard te fuyant remonte vers Miya lorsqu’elle ose parler de mon frère. Il se charge en fureur.
Ce « et si » qui nous a détruit prend soudain des airs d’absolue vérité : j’ai eu raison d’abandonner ce qui m’est arrivé de plus beau.
Oh, Kieran. Tu n’aurais jamais su garder Miya loin de Lloyd. Tu aurais laissé faire. Tu m’aurais laissé le retrouver en morceaux, une seconde fois. Tu aurais fermé les yeux sur les torts de Miya. Tu l’aurais encore une fois gardé tout contre toi, comme ce soir, face à moi qui ne cherche qu’à protéger mon petit frère.
Tu m’auras laissé l’enterrer seule, tout en continuant à la protéger elle, quand bien même ses mains seraient tachées de sang. Ça fait mal, Kieran. Car encore une fois, j’aurai été la méchante de notre histoire. Celle qui t’a fait pleurer. Celle qui rêve de faire disparaître Miya de la vie de Lloyd. Celle qui fera passer son petit frère avant tout le reste.
Peut-être que c’est ce que je suis, au final. Toi que j’ai aimé comme je n’ai jamais aimé, je t’ai fait pleurer. Ne crois pas que j’ai oublié la violence avec laquelle notre monde parfait a explosé. Ne crois pas que je me suis pardonné. Ça, jamais.
Je lève les yeux vers Kieran, enfin. J’ose, moi aussi, commettre l’outrage ultime en regardant celui que j’ai abandonné malgré tout mon amour.
Ce n’était pas une bonne idée. Ma gorge se serre. Mon âme gémit. Mon coeur se souvient de ce que ça faisait de battre contre le sien.
Je détourne le regard. Ma clope tremble. Je tire dessus pour ne pas avoir à assumer trop longtemps mes faiblesses.
Un rire nerveux m’échappe.
« Vous en avez rien à foutre de Lloyd », je grogne, ma voix rauque s’enraille. « Putain… » Je me tourne brutalement vers eux et je montre Miya. Mes yeux bondissent à nouveau vers Kieran. « Elle a une chance de s’en sortir ! Et toi, tu… tu l’encourages ? Tu la protèges…? » Ma voix se casse. « J’ai eu raison, hein…? T’aurais jamais pu la garder loin de Lloyd. Tu m’aurais laissé faire, toute seule. »
Mon bras retombe, un souffle tremblant me foudroie alors que mes yeux s’ouvrent plus grand.
J’ai eu raison de nous sacrifier, et je déteste le comprendre.
592 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Antihero
Mon cœur flétrit dans ma poitrine comme un raisin sec, parce qu’elle n’a pas besoin de terminer sa phrase pour que je comprenne. Elle a eu raison de me quitter.
C'est douloureux. Cela l'était déjà lorsque je l'ai entendu dans la bouche de Yuri ; cela l'est plus encore à présent, de l'entendre dans celle de Jude. Quelque chose en moi se brise d'entendre deux des femmes que j'ai aimées comme ma propre vie me rappeler à quel point elles avaient eu raison de me laisser. Je déglutis avec peine, tentant de me défaire de cette sensation abjecte de n'être, à nouveau, qu'un misérable enfant quémandant désespérément une once d'affection.
Et cette seule pensée me fait vaciller – un tourbillon confus de voix se lève, m'emporte au loin, et me replonge dans ce dont je m'étais pourtant cru, à tort, affranchi.
J'inspire brusquement. L'air de Londres s'engouffre dans mes poumons, et je reprends conscience de ce qui m'entoure. Le sol sous mes chaussures, le vent tiède qui caresse mes joues, ma main qui a lâché celle de Miya sans que je n'en aie conscience.
J'expire sans bruit, et le silence se prolonge encore un peu. Le meilleur choix serait d'éviter la confrontation. Je le sais. Ma raison me l'intime. Emmener Miya avec moi, transplaner sans rien ajouter davantage pour ne pas envenimer la situation. Mais je n'en ai pas envie. Car partir maintenant, sans un mot de plus, reviendrait à laisser à Jude le dernier geste, la dernière parole – et cette phrase-là, comme quoi je l'aurais laissée toute seule, resterait suspendue entre nous comme la dernière vérité sur nous deux.
« Je t'aurais épousée. »
Les mots trouvent le chemin de mes lèvres avant que je n'y pense réellement, et je les laisse sortir tels quels, dénués de tout artifice, précipités, nus comme l'aveu qu'ils portent et éteints comme la voix qui les livre.
« Mon toit, mon nom, mon avenir tout entier auraient été tiens. »
Je marque une pause, songeant à ce que cela aurait signifié : renier ce sang que l'on m'a enseigné à vénérer, tourner le dos à une lignée entière bâtie sur des siècles entiers, m'exposer à un rejet si vaste – aussi vaste qu’une famille qui aurait maudit mon nom jusqu'à mon dernier souffle et craché sur ma tombe. J'aurais tout perdu, pour elle. Et je l'aurais fait sans une once d’hésitation, sans un regard en arrière, parce c'était Jude : cette évidence, cette certitude que je ne connaîtrai peut-être plus jamais.
Je laisse échapper un souffle qui n'est pas tout à fait un rire – quelque chose de plus aride, de plus éteint. Jamais, que Merlin en soit témoin, ne l'ai-je encouragée vers cette relation comme Jude le prétend. Je l'ai vue souffrir, je l'ai vue se briser ; et j'ai tenté, avec toute la patience dont je suis capable, de l'éloigner de cette relation qui la consume depuis des années comme un long feu. Mais Miya Ryuū est un mur que nulle raison n'entame, et j'ai fini par comprendre – ou plutôt, par me résigner à comprendre – que je n'avais aucun droit ni intérêt de m'interposer entre elle et lui, maintenant que je n'étais qu'une tierce personne dépourvue de tout lien véritable avec leur histoire.
Mais si Jude était restée... Merlin, cela aurait tout changé. Lloyd n'aurait plus été cet inconnu dont je ne connais les traits que par les récits douloureux de Miya, ni cette ombre lointaine que je maudis sans jamais avoir à la croiser. Il aurait été mon beau-frère – le frère de la femme dont j'aurais porté le nom.
« Garder Miya loin de toi et de ton frère ? Je l’aurais fait, de toutes mes forces. Et cela n’aurait été rien, rien contre cette famille entière qui se serait dressée contre moi, contre nous. Cette même engeance qui nous aurait traqués comme des bêtes de foire. Mais je l'aurais fait. Je me serais dressé contre ma famille de sang, et me serais éloigné de ma famille de cœur. »
J'esquisse un pas dans la direction de l’irlandaise, essaie de trouver les mots parmi ce flot diffus d'éclats de voix, de pensées inintelligibles et de relents de souvenirs.
« Alors oui – tu avais raison de me quitter, si tu y tiens tant. Mais seule… jamais ce mot n'aurait su te qualifier, si tu étais restée. »
Je sens le timbre de ma voix, déjà lourde de fatigue, s'éroder dans ma gorge alors que je prononce ces derniers mots.
C'est douloureux. Cela l'était déjà lorsque je l'ai entendu dans la bouche de Yuri ; cela l'est plus encore à présent, de l'entendre dans celle de Jude. Quelque chose en moi se brise d'entendre deux des femmes que j'ai aimées comme ma propre vie me rappeler à quel point elles avaient eu raison de me laisser. Je déglutis avec peine, tentant de me défaire de cette sensation abjecte de n'être, à nouveau, qu'un misérable enfant quémandant désespérément une once d'affection.
Et cette seule pensée me fait vaciller – un tourbillon confus de voix se lève, m'emporte au loin, et me replonge dans ce dont je m'étais pourtant cru, à tort, affranchi.
“Regarde-toi.”
“Toujours à en faire trop, et—”
“Un incapable, un misérable bon à rien.”
“—jamais assez, pourtant. Jamais, jamais assez.”
“Ton frère, lui... et toi...”
“Personne ne t'aimera comme moi j'ai—”
“Insupportable, comme ton père...”
“Un ramassis de traumatismes refoulés.”
“Voilà ce que j'ai essayé d'aimer.”
“Tu es...”
“Pathétique.”
“Toujours à en faire trop, et—”
“Un incapable, un misérable bon à rien.”
“—jamais assez, pourtant. Jamais, jamais assez.”
“Ton frère, lui... et toi...”
“Personne ne t'aimera comme moi j'ai—”
“Insupportable, comme ton père...”
“Un ramassis de traumatismes refoulés.”
“Voilà ce que j'ai essayé d'aimer.”
“Tu es...”
“Pathétique.”
J'inspire brusquement. L'air de Londres s'engouffre dans mes poumons, et je reprends conscience de ce qui m'entoure. Le sol sous mes chaussures, le vent tiède qui caresse mes joues, ma main qui a lâché celle de Miya sans que je n'en aie conscience.
J'expire sans bruit, et le silence se prolonge encore un peu. Le meilleur choix serait d'éviter la confrontation. Je le sais. Ma raison me l'intime. Emmener Miya avec moi, transplaner sans rien ajouter davantage pour ne pas envenimer la situation. Mais je n'en ai pas envie. Car partir maintenant, sans un mot de plus, reviendrait à laisser à Jude le dernier geste, la dernière parole – et cette phrase-là, comme quoi je l'aurais laissée toute seule, resterait suspendue entre nous comme la dernière vérité sur nous deux.
« Je t'aurais épousée. »
Les mots trouvent le chemin de mes lèvres avant que je n'y pense réellement, et je les laisse sortir tels quels, dénués de tout artifice, précipités, nus comme l'aveu qu'ils portent et éteints comme la voix qui les livre.
« Mon toit, mon nom, mon avenir tout entier auraient été tiens. »
Je marque une pause, songeant à ce que cela aurait signifié : renier ce sang que l'on m'a enseigné à vénérer, tourner le dos à une lignée entière bâtie sur des siècles entiers, m'exposer à un rejet si vaste – aussi vaste qu’une famille qui aurait maudit mon nom jusqu'à mon dernier souffle et craché sur ma tombe. J'aurais tout perdu, pour elle. Et je l'aurais fait sans une once d’hésitation, sans un regard en arrière, parce c'était Jude : cette évidence, cette certitude que je ne connaîtrai peut-être plus jamais.
Je laisse échapper un souffle qui n'est pas tout à fait un rire – quelque chose de plus aride, de plus éteint. Jamais, que Merlin en soit témoin, ne l'ai-je encouragée vers cette relation comme Jude le prétend. Je l'ai vue souffrir, je l'ai vue se briser ; et j'ai tenté, avec toute la patience dont je suis capable, de l'éloigner de cette relation qui la consume depuis des années comme un long feu. Mais Miya Ryuū est un mur que nulle raison n'entame, et j'ai fini par comprendre – ou plutôt, par me résigner à comprendre – que je n'avais aucun droit ni intérêt de m'interposer entre elle et lui, maintenant que je n'étais qu'une tierce personne dépourvue de tout lien véritable avec leur histoire.
Mais si Jude était restée... Merlin, cela aurait tout changé. Lloyd n'aurait plus été cet inconnu dont je ne connais les traits que par les récits douloureux de Miya, ni cette ombre lointaine que je maudis sans jamais avoir à la croiser. Il aurait été mon beau-frère – le frère de la femme dont j'aurais porté le nom.
« Garder Miya loin de toi et de ton frère ? Je l’aurais fait, de toutes mes forces. Et cela n’aurait été rien, rien contre cette famille entière qui se serait dressée contre moi, contre nous. Cette même engeance qui nous aurait traqués comme des bêtes de foire. Mais je l'aurais fait. Je me serais dressé contre ma famille de sang, et me serais éloigné de ma famille de cœur. »
J'esquisse un pas dans la direction de l’irlandaise, essaie de trouver les mots parmi ce flot diffus d'éclats de voix, de pensées inintelligibles et de relents de souvenirs.
« Alors oui – tu avais raison de me quitter, si tu y tiens tant. Mais seule… jamais ce mot n'aurait su te qualifier, si tu étais restée. »
Je sens le timbre de ma voix, déjà lourde de fatigue, s'éroder dans ma gorge alors que je prononce ces derniers mots.
Antihero
Je suis une épave dans une tempête. Les tremblements ont cessé, mais ma respiration n'est pas la plus calme, au contraire même, elle continue de s'emballer, mon coeur de tonner contre ma cage thoracique, et mes muscles ne se détendent pas. Pourquoi ? Pourquoi je perds le contrôle comme ça, c'est pas moi. Je perds pas le contrôle, je perds jamais le contrôle. Une fois, pas deux. Kallias m'a appris à me reprendre, il m'a appris à aller mieux, à me faire confiance. J'inspire, expire, et je recommence. Ma cigarette pend tristement au bout de ma main, elle s'est consumée sans me laisser l'occasion de tirer une dernière taffe. Je serre les dents, je me redresse, je carre les épaules. Forte. Forte pour elle, pour ma petite princesse, pour ma jolie fée, pour ma fille. Je dois rester forte pour elle, parce qu'elle le mérite, parce que les autres doivent comprendre.
J'ignore le venin de Jude, j'ignore ces mots qu'elle crache comme une arme, comme une attaque, je les ignore et je tiens bon. Je tiens bon. Je craquerais pas, je craquerais jamais. J'avais mes raison de partir, mes raisons de m'enfuir loin, de prendre le large loin de celui que j'aime plus que la vie, loin de mes amis, loin de ma famille. Kieran lâche ma main, je m'en rends à peine compte.
Je reste forte, je reste debout, je ne tomberais pas. Tu peux me dire tout c'que tu veux Jude, mais jamais je ne laisserais entendre que j'ai été dans le tort. Ma main remonte mécaniquement vers mon ventre que j'agrippe avec force. Je repense à ce petit être, ce minuscule être, cette petite fille que j'ai perdue et qui ne reviendra jamais, et quelque chose se brise fort en moi. Encore. Lloyd ne saura jamais. Il ne saura jamais ce qu'il a perdu, parce que ça pourrait le tuer. Il ne saura jamais ce que nous avons perdu, il ne saura jamais ce que c'est de ne jamais être parent, il ne saura jamais ce que c'était de me réveiller la nuit en appelant ma princesse, en suppliant les dieux de me rendre mon trésor. Pour elle, pour lui, pour nous, je vais rester forte face à toi Jude.
« Je t'aurais épousée. »
Les mots claquent. Ils ne me sont pas adressés — Merlin heureusement qu'ils ne le sont pas — mais je les ressent comme une gifle, comme un coup de fouet, comme un claquement douloureux.
Kieran s'approche d'elle, continue de parler, et ce qu'il dit me brise le coeur. Mes poings se serrent et j'ai un mal fou à respirer. « Garder Miya loin de toi et de ton frère ? Je l’aurais fait. » Je secoue la tête. Non. Non, tu n'as pas le droit de faire ça Kieran. Je ne suis plus cette petite fille seule, triste et vulnérable que tu as connue il y'a trente ans. Je suis une femme adulte, je prends mes décisions, je... « Je me serais éloigné de ma famille de cœur. » Mon coeur s'ouvre en deux.
J'ignore le venin de Jude, j'ignore ces mots qu'elle crache comme une arme, comme une attaque, je les ignore et je tiens bon. Je tiens bon. Je craquerais pas, je craquerais jamais. J'avais mes raison de partir, mes raisons de m'enfuir loin, de prendre le large loin de celui que j'aime plus que la vie, loin de mes amis, loin de ma famille. Kieran lâche ma main, je m'en rends à peine compte.
Je reste forte, je reste debout, je ne tomberais pas. Tu peux me dire tout c'que tu veux Jude, mais jamais je ne laisserais entendre que j'ai été dans le tort. Ma main remonte mécaniquement vers mon ventre que j'agrippe avec force. Je repense à ce petit être, ce minuscule être, cette petite fille que j'ai perdue et qui ne reviendra jamais, et quelque chose se brise fort en moi. Encore. Lloyd ne saura jamais. Il ne saura jamais ce qu'il a perdu, parce que ça pourrait le tuer. Il ne saura jamais ce que nous avons perdu, il ne saura jamais ce que c'est de ne jamais être parent, il ne saura jamais ce que c'était de me réveiller la nuit en appelant ma princesse, en suppliant les dieux de me rendre mon trésor. Pour elle, pour lui, pour nous, je vais rester forte face à toi Jude.
« Je t'aurais épousée. »
Les mots claquent. Ils ne me sont pas adressés — Merlin heureusement qu'ils ne le sont pas — mais je les ressent comme une gifle, comme un coup de fouet, comme un claquement douloureux.
Kieran s'approche d'elle, continue de parler, et ce qu'il dit me brise le coeur. Mes poings se serrent et j'ai un mal fou à respirer. « Garder Miya loin de toi et de ton frère ? Je l’aurais fait. » Je secoue la tête. Non. Non, tu n'as pas le droit de faire ça Kieran. Je ne suis plus cette petite fille seule, triste et vulnérable que tu as connue il y'a trente ans. Je suis une femme adulte, je prends mes décisions, je... « Je me serais éloigné de ma famille de cœur. » Mon coeur s'ouvre en deux.
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Antihero
Je savais que la réplique serait douloureuse. Je le savais, et ça ne m’empêche pas de souffrir en l’entendant me cracher ces vérités comme des lames. Tu m’aurais épousé. Tu te serais battu pour nous. Tu m’aurais tout donné, Kieran, mais surtout toi, car tu te donnes tout entier quand tu aimes. Tais toi. Je t’en supplie. Arrête toi. Je ne veux pas entendre tout ça. Je veux pas. Je peux pas. Chaque mot me fait me sentir comme la pire des saloperies. Je t’en supplie, arrête. Ta voix me fait mal. Tu crois si fort à tout ce que tu dis… non, tu sais. Tu sais pertinemment, et moi aussi, au plus profond de moi, je sais que tu aurais été mon épée autant que mon bouclier. Tu aurais été là. Tu me l’as dit avec les yeux. Tu me l’as dit avec des larmes. Alors tais toi, je t’en supplie. J’ai mal, Kieran. J’ai pas la force d’entendre tout ça pour de vrai. Je peux pas.
Tu te serais éloigné de Miya pour moi.
Des frissons éclatent sur ma peau. Non. Dis pas ça. Dis pas ça. J’ai préféré partir avant que tu ne fasses un choix. J’ai voulu t’éviter de devoir choisir entre elle et moi… et tu oses me dire ça, aujourd’hui ? Devant Miya ? Non. Non. Fais pas ça. Mon coeur éclate dans ma poitrine, et je sens une main m’étrangler. Arrête.
Kieran fait un pas vers moi, et me renvoie des années plutôt. Je ne bougeais pas quand il venait à moi. Je levais la tête pour ne jamais quitter son regard, pour qu’il voit mon sourire apparaître à l’idée de sentir ses grandes mains attraper mes hanches. Mais ce n’est pas l’excitation de son contact qui me tétanise ce soir : ce sont ces mots. Si tu y tiens tant. Je n’y tiens pas, Kieran. Je n’y tiens pas. Je ne veux pas que ce soit la vérité.
« Si j’étais restée… »
Je t’aurais fait te sentir aimé du matin au soir, je n’aurais eu de cesse de t’appeler "mon amour" ou par tout les surnoms idiots mais à nous qu’on pouvait se donner. Je t’aurais présenté comme mon époux, mon roi, mon Kieran. Je t’aurais donné tout ce que je ne t’avais pas encore donné, parce que tu mérites tout ce que le monde peut offrir de plus beau. Je me serai promise à toi dans la vie comme dans la mort, devant Dieu comme devant ta famille que j’étais prête à affronter chaque foutue seconde de notre existence tant que ça signifiait vivre ensemble.
Si j’étais restée, je n’aurai jamais pris la cruelle habitude de regarder le dos des hommes dans la rue en cherchant le tien. Je ne rêverai pas de toi qui me regarde comme aujourd’hui, qui condamne mes choix autant que mes remords en brandissant des promesses que tu aurais tenu autant que tu le pouvais. Je ne chercherai pas à oublier ce que cela fait d’être aimée pour de vrai, et à vouloir le ressentir à nouveau.
Mais si j’étais restée, je n’aurai jamais pu être certaine que je ne retrouverai plus mon petit frère aux portes des Enfers. Et contre ça, tu n’aurais rien pu faire. En cela, j’aurai été seule avec des angoisses que tu n’aurais jamais pu faire taire car je ne te les aurais jamais imposé. Parce que je t’aimais, Kieran. Je t’aimais à un tel point, si tu savais.
Je recule d’un pas. Je retiens maladroitement un sanglot autant qu’un râle enragé derrière mon poing tremblant.
Je recule, encore. Encore. Encore. Prendre de la distance. Ma tête se secoue, je me sens comme une poupée qui dit “non”. Les souvenirs se superposent dans ma mémoire. Le sang, la voix de Lloyd, son sourire tremblant. Les mains de Kieran sur moi, son front contre le mien, son rire, ses larmes.
Si j’étais restée…
J’aurai été la plus heureuse des femmes. Aujourd’hui, je suis quoi, hein ? Un putain de chevalier pour un abruti de frère contre qui je dois lutter pour ne pas rendre vains chacun de mes sacrifices.
Pour Lloyd, j’ai abandonné l’amour de ma vie et le travail de mes rêves. Pour moi, Kieran aurait abandonné sa famille et ses amis.
Qu’est-ce que ça fait de moi, bordel ? Qu’est-ce que ça fait de nous ?
Avant que je ne m’en rende compte, mon pied à déjà heurté la poubelle qui traînait là. Son fracas éclate dans la ruelle alors qu’elle valdingue plus loin, crachant des ordures sur son passage. J’ahane comme un putain de taureau enragé, les yeux plein de larmes que je veux pas verser. Mes mains tremblent. J’ai envie de chialer.
Je chialerai pas.
Je sanglote.
J’écrase ma main sur ma bouche.
Je chialerai pas.
802 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

