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La Demeure. Mardi 21.03.51. 1ère année de @Leta Blackbirds à la FSCM. [♛] Présence en PNJ Actifs d'Azur, Louka et Pluton Blackbirds. …, d'or et... |
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"Letaaaa !" Je me précipite sur ma grande sœur. "Vous êtes partis longteeeemps avec Papa et Maman." Elle me regarde et me sourit. J'espère que tu t'es pas ennuyé sans moi espèce de veracrasse ! Elle m'attaque avec des guilis et je ne peux rien faire ! Elle est trop forte alors j'éclate de rire. "Arrêeeeeeteuuuuh ! C'est pas du jeu, t'es beaucoup plus grande." je fais une grimace de pas content. C'est vraiment injuste, un jour je me vengerai.
"Maman m'a dit que Papi était parti. Tu sais quand il revient ?"
Leta ne sourit plus. Papi va revenir non ? Elle me demande ce que Maman m'a dit. Je pose ma main devant ma bouche pour réfléchir. "Elle m'a dit que Papi était parti pour longtemps. Elle a pas voulu me dire où." Leta s'accroupit, je suis plus grand qu'elle maintenant ! Elle me dit qu'il est parti loin et qu'on peut plus le voir pour l'instant. "Il m'aime plus ?" Elle rigole et me prend dans ses bras. Si, ne t'inquiètes pas petite crevette, évidemment que tout le monde t'aime ici. "Ouaiiis." Je suis content, en plus elle me fait un grand sourire.
"Tu veux faire un cache-cache avec moi ?" J'ai envie de jouer, puis y'a beaucoup de cachettes ici, ça va être facile. Leta éclate de rire Tu es fou ! Tu es trop petit, tu vas te faufiler partout et je sais que je ne vais jamais te retrouver ! Surtout que je connais pas bien la maison ahah. "Bah ouais t'es jamais là." Elle ne rigole plus tout d'un coup. Pourquoi ? Elle me dit qu'elle est désolée de ne pas venir souvent et me propose même qu'on aille voir sa maison ensemble ! "Oh ouaiiiis ! Je veux voir ta maison ! Ça serait super top ! On y va quand ? Ce soir ?" Non non, elle rigole doucement à nouveau, j'ai des... trucs à régler avec Papa avant. "Ah bon ? C'est quoi ?" Tu sais Pluton... Même s'il faut courber l'échine, pieds, poings liés, je traverserai les cimes et leurs regrets.
"C'est quoi l'échine ?" Elle éclate de rire, me saute dessus et je me noie sous une avalanche de guilis.
Dernière modification par Leta Blackbirds le 23 juil. 2026, 16:18, modifié 1 fois.
Temps

Des rires descendent de l'étage. Ceux de Pluton, cristallins, sans fond ; et ceux de Leta, plus rares, plus courts, comme rationnés. Ma fille rit encore. Voilà au moins une chose que cette matinée n'a pas réussi à enterrer.
Je devrais monter les rejoindre. Je reste en bas.
Azur s'est installé dans le bureau de Rémotto sitôt les manteaux posés. Pas le sien : celui de son père. Il n'a pas attendu un jour, pas même une heure, pour occuper la pièce. Depuis l'encadrure, je le regarde trier, classer, annoter. Le Secrétaire d'état du Conseil a déposé une pile de parchemins avant midi ; la mort d'un patriarche, chez nous, se règle en formulaires. Mon époux a enterré son père ce matin et le voilà penché sur la succession comme sur un dossier ordinaire. J'aurais pu être choquée. Diantre, plus rien ne me surprend depuis longtemps.
J'entre. Il ne lève pas les yeux tout de suite.
"La déclaration doit partir avant vendredi" dit-il sans lever les yeux.
Je m'assois dans le fauteuil face au bureau. Cela me donne une étrange impression : je ne suis pas à ma place, c'est le bureau d'un homme dont le corps est presque encore chaud. Que faisons-nous à profaner son territoire ?
"Tu comptes lui parler ce soir."
Ce n'est pas une question, je connais bien assez mon mari pour décrypter ses intentions avant qu'il ne les annonce. Il repose sa plume, exactement parallèle au bord de la table.
"Oui."
"Elle a enterré son grand-père ce matin. Elle vient d'apprendre, il y a treize heures, que tu as réécrit sa naissance. Et tu veux t'asseoir en face d'elle avec une offre chiffrée, ce soir, avant même qu'elle ait dormi une nuit là-dessus ?"
"Plus tôt une plaie est pansée, moins elle s'infecte."
"Ta fille est donc une plaie ?" Je suis à deux doigts de l'insurrection.
Il relève enfin la tête. Quelque chose passe rapidement dans ses yeux. Il n'aime pas qu'on lui dise non deux fois de suite. Je n'ai plus le poids pour dire quoi que ce soit. Pas contre lui, pas aujourd'hui.
"Elle acceptera," dit-il. "Elle est en colère, pas stupide. Elle verra l'intérêt de chaque volet."
"Tu ne connais plus ta fille."
Le silence qui suit est plus long que d'habitude. J'ai touché quelque chose, je le sais à la façon dont sa mâchoire se serre un quart de seconde avant qu'il ne reprenne son masque. Je pourrais insister. Je devrais insister, j'en aurais le droit, plus que quiconque dans cette maison, vu ce que je porte en silence depuis six ans. J'ai joué sur trop de tableaux à la fois, j'ai essayé de recoller les morceaux épars que forment cette famille en miette, à essayer de plaire à tout le monde. Mais aujourd'hui je suis coupable de tout.
"Fais comme tu veux," dis-je enfin. "Comme toujours."
Il retourne à ses parchemins. La conversation est close, de toute façon, elle l'était déjà avant de commencer.
Ma main, sur l'accoudoir, s'est mise à tracer de petites boucles précises, un geste de plume sans plume. Je referme le poing. Les mots du cimetière tournent encore. Réécrire les choses qui te résistent. Et cette question qui cogne depuis ce matin contre mes tempes :
Que sait-elle exactement ?
Que lui reste-t-il à trouver ?
Et jusqu'où creusera-t-elle ?
Que lui reste-t-il à trouver ?
Et jusqu'où creusera-t-elle ?
Suffit, Louka. Reprends tes esprits.
Je me lève pour monter enfin vers les rires. Dans le couloir de l'aile ouest, un mouvement au coin de l'œil me fait tourner la tête : Line Blackbirds, sortant d'une pièce, immobile une seconde dans l'encadrure, son regard glissant sur moi sans s'y arrêter. Punaise, ma belle-mère est d'une froideur. Elle disparaît sans un mot vers ses appartements.
Devant la chambre de Pluton je m'arrête une seconde. Mon petit garçon. Mon fils qui m'a tant coûté. Je chasse cette pensée comme on chasse une mouche. Mais cette mouche est agaçante, attirée par les odeurs putrides qui émanent de mon corps maintenant stérile.
Ce soir, je me tiendrai dans le salon, immobile et convenable. Et je prierai, moi qui ne prie jamais, pour qu'elle prenne la main tendue sans jamais regarder ce qu'il y a au fond du gouffre qu'Azur a creusé entre eux.
Leta ne saura jamais. Elle ne saura jamais.
Temps

Le bureau de Rémotto sent encore son odeur. J'ouvrirai la fenêtre demain.
La déclaration de succession tient en quatre parchemins : identité du défunt, transmission du siège, inventaire des titres, mise à jour de la déclaration familiale au Registre. L'on m'a joint l'extrait d'arbre généalogique actualisé. L'administration est la seule chose en ce pays qui ne dorme jamais ; je le sais, je l'ai voulue ainsi.
Je déroule l'extrait, je le lis, je le repose très exactement au centre du sous-main, parallèle au bord de la table. Je réajuste d'un centimètre. Voilà. Là où il doit être.
Line Blackbirds
1979- Richard Clifford
?-? Cassiopée Clifford
?-? Leta Blackbirds
2032-
Il fut un temps où cet arbre disait autre chose. L'usage des lignées était clair, immuable, tel que quatre siècles l'avaient poli : le nom suit l'héritier mâle. Quand j'ai gratté l'histoire de Leta, mon plan était parfait. Trois fonctions, une seule intervention. Rémotto appelait cela l'efficacité. C'en était.
Puis la Chambre a voulu son Décret n°12. J'ai vu venir le texte article par article. J'ai mesuré, avant quiconque, ce qu'il ferait à ma propre maison. Et je n'ai rien pu dire, m'opposer à Rémotto, lui faire remettre en cause la clause de l'aîné aurait exigé d'expliquer pourquoi. Alors je n'ai rien dit. Et il a voté la loi qui faisait de mon fils un Clifford et qui couronnait très exactement ce que j'avais passé un an à effacer.
Louka vient de me dire que je ne connais plus ma fille. Elle se trompe sur l'urgence. Je la connais assez pour savoir que le silence, avec elle, s'installe et se fortifie comme une garnison. Plus j'attends, plus elle bâtit des remparts.
Un détail me revient, que j'ai vérifié il y a deux ans par acquit de conscience et que je regrette d'avoir vérifié. Le décret est entré en application le 4 janvier 2049. C'est ce jour-là, exactement, que Leta s'est attachée à la fille Everheart. Le destin a un sens de l'insulte très sûr.
Je prends le feuillet de l'offre, le relis, le replie en deux, le déplie, le replie une troisième fois, plus net cette fois, l'angle parfait. Je remarque ce que je fais et cesse aussitôt.
Je range les parchemins et sors du bureau. Line se tient au bout du couloir, droite dans son deuil, la canne de Rémotto contre sa jupe. Nous nous croisons. Elle ne dit rien. Je ne dis rien.
Je passe mon chemin. J'ai une offre à présenter.
Temps

Vingt-et-une heures. Le salon. Le feu tient la pièce à une température convenable, mais je n'aurais pas dit non à plus de fraîcheur : j'étouffe un peu. Louka se tient près de la cheminée, parfaitement immobile. Pluton dort. Leta descend l'escalier avec une expression déterminée. Ce défi me plaît.
"Assieds-toi, je t'en prie."
Elle reste debout, évidemment. Ce défi me plaît vraiment.
"Je serai bref. Ce qui a été dit ce matin a été dit ; y revenir ne servirait ni toi ni moi. Je préfère parler de la suite."
Evidemment. Peste-t-elle à voix basse. Je fais mine de ne pas l'avoir entendue.
Je pose sur la table basse le feuillet préparé cet après-midi.
"Deux choses. La première : ta relation avec mademoiselle Everheart cesse d'être un sujet dans cette maison. Elle sera reçue ici avec les égards dus à ta compagne. Concernant ses parents, une démarche de ma part aplanirait des choses que tu ne peux pas aplanir seule, n'est-ce pas ? La deuxième : le Conseil prépare potentiellement corps de Magizoologistes d'État. Le poste serait taillé pour ton profil, et il t'attendrait à la sortie de ta formation."
Une pause, à peine perceptible.
"Tu gardes ton silence, celui que tu as toi-même annoncé ce matin. Rien de plus, pour l'instant. Il y aura, un jour, une question de continuité à régler entre nous, l'avenir du nom, disons. Celle-là, je préfère la poser à froid, quand cette maison aura arrêté de sentir le deuil. Pas ce soir."
C'est tout ? Sa voix est basse, presque calme. Tu as chiffré ma copine, mes beaux-parents, mon métier, et maintenant tu gardes un truc dans ta manche parce que ce serait pas le bon moment ? C'est toi qui décides ce que je suis prête à entendre, maintenant ?
"Leta-"
Brûle ton offre. Elle me regarde de haut, un air de dédain. Je ne suis pas à vendre. Et Ruby encore moins. Et la prochaine fois que tu gardes quelque chose pour mon bien, souviens-toi juste de comment ça a fini la dernière fois que t'as décidé quelque chose pour moi. Tu me dégoûtes.
Elle tourne les talons, ses cheveux virevoltant autour d'elle. Dans l'escalier, sa main glisse sur la rampe. Je regarde la chevalière monter les marches une à une et disparaître à l'étage.
Un sourire léger se dessine, malgré moi, sur mon visage. Cette enfant croit avoir eu le dernier mot.
Les offres patientes finissent toujours par être relues. Et celle-ci n'est même pas encore posée en entier sur la table.
Temps
IH
Vingt-trois heures cinquante et un. Ma chambre, mon lit trop bien fait, et moi, à fixer le plafond comme s'il allait me répondre. Putain, quelle journée.
Je rembobine tout solennellement . Un enterrement à l'aube, un aveu entre deux tombes, un déjeuner où personne ne parle, un après-midi avec la seule personne fréquentable de cette baraque, et pour finir : la cerise sur le gâteau. Trois articles, prix sans taxes, livraison immédiate. Ma copine, article un. Mon rêve, article deux, en promo. Et un mystérieux "deux achetés, le troisième offert" grâce à cette phrase, à la fin sur l'avenir du nom. Je la retourne dans tous les sens, je ne comprends pas. Le fait qu'il n'en parle pas tout de suite me fait imaginer le pire.
N'empêche qu'il est fort, très fort, il fallait qu'il chiffre pile les trucs auxquels je tiens. Et il a réussit en dressant l'inventaire exact de mon cœur, poste par poste, comme une saleté d'expert-comptable.
Mais y a autre chose. Un truc qui me turlupine depuis que je suis allongée : le calendrier.
Et oui, Papa propose jamais rien le jour même. Jamais. Je le sais comme je sais que le feu brûle : toute mon enfance je l'ai vu faire poireauter des personnes importantes, la famille, Maman, moi. "Un accord conclu dans la précipitation est un accord qu'on regrette". Son évangile perso. Et ce soir, le jour de l'enterrement de son propre père, treize heures après s'être fait coincer entre deux tombes, il déballe une offre complète, rédigée, chiffrée. Tout cela ne tient pas, il est forcément dos au mur, est-ce que je lui fais si peur que ça ? Oui, c'est sûr. Lui n'aurait jamais été aussi pressé. A moins qu'il n'avait prévu mon refus ? Non, c'est impossible, je réfléchis trop. Il est effrayé par quelque chose et je dois absolument trouver quoi pour garder la mainmise.
Je devrais être bouleversée ? Triomphante ? Jubilante ? Je sais pas. Je suis rien de tout ça. Je note. Je planque sa peur dans un coin de ma tête, avec le reste du bazar que je garde là, prête à la ressortir le jour où j'en aurai besoin. Ce n'est pourtant pas dans mes habitudes de regarder les choses en face avec aussi peu d'émotion.
Je prépare mon sac pour partir à l'aube, avant le petit-déj, avant les regards.
Et je dors dans un lit toujours trop grand dans cette pièce encore plus grande.
Cinq heures cinquante-huit, mercredi. La Demeure dort encore. J'ai laissé un mot débile sur la table de la cuisine pour dire que je suis partie.
Dans le couloir de l'aile enfant, la porte de Pluton est entrouverte, comme hier. Je m'arrête. Il dort en étoile de mer, bouche ouverte, le dragon en peluche tombé au sol, une patte hors du lit. Je ramasse le dragon, le glisse contre lui. Il grogne dans son sommeil et referme le bras dessus sans se réveiller.
Je reviendrai plus souvent, petit farfadet, je souffle, tellement bas que même moi j'ai du mal à m'entendre. Promis.
Je referme doucement la porte et descends. Dans le vestibule, je croise mon reflet dans le grand miroir, celui devant lequel je ne voulais même me regarder avant... avant que je ne devienne moi. La chevalière brille faiblement à mon auriculaire dans la pénombre. Suis-je encore en train devenir quelqu'un de nouveau ?
Puis je transplane. Vers l'Irlande, vers mes cours, vers ma vraie vie, celle que je me suis construite toute seule. Hériter de questions, d'or, et de quoi encore ? Si seulement la liste s'arrêtait là.
Vingt-trois heures cinquante et un. Ma chambre, mon lit trop bien fait, et moi, à fixer le plafond comme s'il allait me répondre. Putain, quelle journée.
Je rembobine tout solennellement . Un enterrement à l'aube, un aveu entre deux tombes, un déjeuner où personne ne parle, un après-midi avec la seule personne fréquentable de cette baraque, et pour finir : la cerise sur le gâteau. Trois articles, prix sans taxes, livraison immédiate. Ma copine, article un. Mon rêve, article deux, en promo. Et un mystérieux "deux achetés, le troisième offert" grâce à cette phrase, à la fin sur l'avenir du nom. Je la retourne dans tous les sens, je ne comprends pas. Le fait qu'il n'en parle pas tout de suite me fait imaginer le pire.
N'empêche qu'il est fort, très fort, il fallait qu'il chiffre pile les trucs auxquels je tiens. Et il a réussit en dressant l'inventaire exact de mon cœur, poste par poste, comme une saleté d'expert-comptable.
Mais y a autre chose. Un truc qui me turlupine depuis que je suis allongée : le calendrier.
Et oui, Papa propose jamais rien le jour même. Jamais. Je le sais comme je sais que le feu brûle : toute mon enfance je l'ai vu faire poireauter des personnes importantes, la famille, Maman, moi. "Un accord conclu dans la précipitation est un accord qu'on regrette". Son évangile perso. Et ce soir, le jour de l'enterrement de son propre père, treize heures après s'être fait coincer entre deux tombes, il déballe une offre complète, rédigée, chiffrée. Tout cela ne tient pas, il est forcément dos au mur, est-ce que je lui fais si peur que ça ? Oui, c'est sûr. Lui n'aurait jamais été aussi pressé. A moins qu'il n'avait prévu mon refus ? Non, c'est impossible, je réfléchis trop. Il est effrayé par quelque chose et je dois absolument trouver quoi pour garder la mainmise.
Je devrais être bouleversée ? Triomphante ? Jubilante ? Je sais pas. Je suis rien de tout ça. Je note. Je planque sa peur dans un coin de ma tête, avec le reste du bazar que je garde là, prête à la ressortir le jour où j'en aurai besoin. Ce n'est pourtant pas dans mes habitudes de regarder les choses en face avec aussi peu d'émotion.
Je prépare mon sac pour partir à l'aube, avant le petit-déj, avant les regards.
Et je dors dans un lit toujours trop grand dans cette pièce encore plus grande.
Cinq heures cinquante-huit, mercredi. La Demeure dort encore. J'ai laissé un mot débile sur la table de la cuisine pour dire que je suis partie.
Dans le couloir de l'aile enfant, la porte de Pluton est entrouverte, comme hier. Je m'arrête. Il dort en étoile de mer, bouche ouverte, le dragon en peluche tombé au sol, une patte hors du lit. Je ramasse le dragon, le glisse contre lui. Il grogne dans son sommeil et referme le bras dessus sans se réveiller.
Je reviendrai plus souvent, petit farfadet, je souffle, tellement bas que même moi j'ai du mal à m'entendre. Promis.
Je referme doucement la porte et descends. Dans le vestibule, je croise mon reflet dans le grand miroir, celui devant lequel je ne voulais même me regarder avant... avant que je ne devienne moi. La chevalière brille faiblement à mon auriculaire dans la pénombre. Suis-je encore en train devenir quelqu'un de nouveau ?
Puis je transplane. Vers l'Irlande, vers mes cours, vers ma vraie vie, celle que je me suis construite toute seule. Hériter de questions, d'or, et de quoi encore ? Si seulement la liste s'arrêtait là.
