13 août 2022, 23:48
Il fallait que je te dise...  Solo   Serre N°6   ++ 
Sujet destiné à recueillir les confidences régulières de Lest à sa plante verte, Alfred.
« Mais tu n'aimes pas être entourée de copines Alfred, n'est-ce pas ? Tu es comme moi : une solitaire. » Lest à Alfred
Avril, juste avant les vacances de Pâques

« Je viens de revoir Bristyle. Tu sais, je t'ai un peu parlé d'elle ? Je ne sais pas quoi en penser. Je voulais lui rendre le livre qu'elle avait oublié dans une salle de classe.. mais j'ai tardé, j'avais peur de la revoir. A raison, parce que ça s'est très mal passé. Elle s'est mise en colère, pensant que j'avais volé ce fichu bouquin. Je n'ai pas été tendre avec elle.. mais je n'arrive pas à savoir qui de nous deux est vraiment en tort dans l'histoire. J'aurais évidemment du lui rendre son livre plus tôt mais je n'avais aucune mauvaise intention et souhaitais réellement rendre service.

Je n'ai pas l'impression que mon retard justifie son comportement. J'ai vraiment cru qu'elle allait m'assommer avec un sortilège bien placé et d'ailleurs, elle a pris cœur à me menacer. J'ai peut-être été un peu dur avec elle. Mais elle la première a explosé pour une situation qui aurait pu être résolue à l'aide d'une simple conversation.

Il doit y avoir quelque chose qui ne va pas avec moi, Alfred. Parce que cette situation n'a rien de nouveau : ses reproches avaient un goût familier. Sa colère, la façon dont elle a élevé la voix sur moi aussi. Je ne fais jamais les choses comme il faut. Mais je ne suis pas une mauvaise personne, je crois ? Je me remets en question à chaque fois que mon comportement éveille ce type de sentiment chez les autres. Je me remets en question au moindre regard de travers qu'on me lance. Et je réfléchis, et travaille sur ma façon de penser et d'être. Pour être accepté. »


La serre N°6 est rarement peuplée. Elle est rapidement devenue mon havre de paix, là où je me réfugie quand le besoin se fait ressentir de partager les aléas de mon quotidien avec Alfred. Il est aussi fascinant d'observer la plante qui croît et s'épanouit au fil des semaines et tandis que des sentiments mitigés me gagnent, elle, ne cesse de gagner en beauté et en vigueur. J'aime cette force chez elle, et l'énergie qu'elle dégage. Elle me fait me sentir bien, en sécurité. Et parfois, Alfred me fait me sentir aimé et écouté, parce que j'ai égoïstement le sentiment qu'elle se fait belle et veille à sa santé pour moi.

« Mais Bristyle, il y aurait de quoi écrire tout un roman sur elle. Parfois, j'ai hâte de terminer mes études à Poudlard simplement pour ne plus avoir de cours en commun avec elle. Mais heureusement, il y a des personnes plus sympathiques à l'école, hein Alfred ?

Je suis content que tu aies pu rencontrer Sybil Donevant. C'est la première personne à Poudlard que je pense pouvoir considérer comme une amie. Je suis tous les jours surpris de la facilité avec laquelle nous discutons. Même si nous ne nous comprenons pas toujours et qu'elle est.. étrange, comme fille, je me sens à l'aise avec elle. J'ai envie d'apprendre à la connaître et de passer plus de temps avec elle. J'ai rarement eu cette impression avec d'autres personnes. »


Un léger sourire danse sur mes lèvres au souvenir de la brune. La Serpentard sera aussi chargée de prendre soin de la sansevière pendant les vacances scolaires. Savoir Alfred entre de bonnes mains est rassurant pour moi et quelque part aussi, j'aime imaginer le fait que ma plante prend également soin de mon amie.

« Il y a une autre personne qui m'intrigue et que j'aimerais peut-être apprendre à connaître. Ennis O'Belt, une élève de Gryffondor. Nous avons eu une conversation très intéressante il y a quelques jours et elle m'a proposé de faire les boutiques avec elle pour m'aider à trouver des vêtements. Je ne sais pas comment je me sens vis-à-vis de ça. Ni si je vais accepter, j'ai besoin d'y réfléchir encore un peu. Le vêtement... » Un peu d'hésitation se fait sentir dans ma voix. S'il est facile de songer à certains sujets, les énoncer à voix haute peut se révéler plus délicat. « Ce sont des vêtements féminins, qui m'intéressent. Je les trouve plus esthétiques, c'est juste ça. Et plus agréables à porter, pour beaucoup. » Il n'y a pas nécessairement à chercher plus loin. Surtout que je me trouverai peut-être affreux une fois vêtu d'une jupe ou.. d'une robe. A ce moment-là, je me sentirai certainement parfaitement idiot d'en avoir fait toute une montagne pendant des mois. Non : pendant des années. Parce que cette envie de porter des vêtements féminins, je me la traîne depuis que je suis enfant. C'est idiot, n'est-ce pas ? Il n'y a aucune raison de ressentir ça -surtout maintenant que j'ai grandi et que la puberté m'a forgé un corps fait d'angles et de bâtons.

« J'y ai repensé à ces histoires de vêtements, quand j'ai parlé au gamin de Serpentard il y a quelques jours. Garrett, je crois. Je n'ai pas été tendre avec lui. Demander de l'aide puis repousser, ce n'est pas correct. Surtout avec la façon dont je l'ai abordé, peut-être faudrait-il que j'aille lui présenter des excuses. Mais je me suis senti stupide de lui demander de l'aide pour un conseil vestimentaire -lui un garçon, quand moi j'ai juste envie de mettre une robe. Et je me suis repris cette idée de plein fouet pendant notre conversation et ça m'a fait mal. » Bon, j'étais aussi de mauvaise humeur ce jour-là. Mais il y avait un peu d'autre chose : j'aime à penser que c'est le cas et que je n'ai pas repoussé l'enfant simplement à cause d'une humeur massacrante. « Au moins, l'enfant a apprécié mes fleurs. Savoir aimer une plante, c'est ce qu'il y a de plus important, tu ne trouves pas Alfred ? »

« Merci, Alfred. Je t'aime, à bientôt. » Je souffle un baiser au loin à la plante, et après m'être assuré de la bonne humidité de sa terre et de la santé de ses feuilles, je quitte les lieux le cœur plus léger. Il est bon de parler à une amie.

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Pour les mentions : @Sybil Donevant, @Ennis O'Belt, @Aelle Bristyle, @Garrett Joyce

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
Appelez-moi Ada ou Lest ! ♦

28 août 2022, 17:14
Il fallait que je te dise...  Solo   Serre N°6   ++ 
Multiples facettes, questions fourmillantes
« Ada. Le prénom. » Lest à Hjúki Anastase
Mi mai 2047

Alfred a survécu aux vacances. Une sansevière, ça peut bien passer quinze jours seule surtout que je devine le professeur Featherstone dans les parages -et elle était laissée aux bons soins de Sybil. Mais c'était ma première séparation avec ma nouvelle amie et étonnamment, mes pensées se sont peu tournées vers elle. Loin du cœur et non prise en compte dans les cycles interminables de mes réflexions nocturnes, c'est comme si Alfred avait cessé d'exister un instant. Ainsi l'ayant tout juste retrouvée, j'ai été simplement surprise de constater la réalité de son existence. La plante n'a pas bougé d'une feuille, et se porte parfaitement bien : dans un château changeant où apparaissent toujours mille et une perturbations, elle paraît être un nouveau roc immuable auquel je peux me raccrocher. Une ancre qui me permet de ne pas m'éparpiller et me souvenir doucement qui je suis.

Qui je suis. C'est une notion floue pour moi, et ça l'est d'autant plus dernièrement : s'il est facile pour les autres de me décrire selon ce qu'ils souhaitent voir en moi, quand je dois faire moi-même ce travail et analyser ce que je ressens la question semble moins évidente. Alors comme toujours et pour éviter de me perdre dans des questionnements sans fin, je réponds simplement aux attentes que l'on place en moi : je serai l'adolescent introverti de Serdaigle si vous le souhaitez, le grand dadais qui ne quitte jamais la bibliothèque. Le potionniste brillant qui a certainement bon avenir dans ce domaine, si la professeure Xarinez veut bien me voir ainsi -tant que Diarmuid ne s'en mêle pas. Je serai le garçon étrange qui aime les tresses et les robes, merci à Callaghan et Ennis pour leur aide. Je peux être vainqueur d'un jour d'une course de balai -mais c'était un malentendu, n'est-ce pas ? Adepte du troisième lit à gauche de l'infirmerie. Un ami des animaux, plus que des humains. Je peux être celui que vous voulez, tant que la détermination de mon identité n'est pas laissée à mes soins.

« Je m'y perds, Alfred. Tu sais c'est drôle -en fait j'ai vraiment honte, mais pendant les vacances j'ai goûté à de l'alcool pour la première fois de ma vie. Je ne recommencerai jamais : vraiment, c'était une énorme erreur. Plus jamais la moindre goutte d'alcool de ma vie, » me promets-je dans un murmure anxieux. « Mais je me suis sentie étrangement libre à ce moment-là. C'est comme si ça m'avait désinhibé : je pouvais être n'importe qui, celui ou celle que je veux. » L'idée me laisse songeur. Me penchant vers la petite sansevière, je lui chuchote « Mais je crois que je ne pourrai plus jamais faire face au chef de chœur. Il doit me haïr -imagine s'il en parle aux autres adultes ? Toute l'école va me détester, j'en suis persuadé. » Pour l'instant, aucun professeur ne m'a donné l'impression que je devais m'inquiéter de son opinion. Miss Valerion m'effraie toujours autant, mais ce n'est pas chose nouvelle. L'histoire du Poudlard Express a fourni suffisamment matière à discussion pour occuper toute l'école : partout dans les couloirs, j'entends encore parler de l'attaque survenue trois semaines plus tôt. Parfois le nom de Sybil ressort parmi les quelques personnes restées à l'école pendant les vacances, mais je n'en ai entendu guère plus et l'adolescente ne semble pas prête à m'en parler pour le moment. Au moins, cette histoire m'occupe l'esprit et me permets de m'éloigner un peu de mes questionnements incessants -même si l'un comme l'autre, j'aimerais bien les oublier et profiter de ma scolarité tranquillement.

« Je veux voyager. Je suis adulte -on est bien adulte à dix-sept ans n'est-ce pas Alfred ? Je veux voir le monde, et oublier tout ce qui me tracasse pour l'instant. Oublier mes peurs à Poudlard, celles sur mon avenir. Les questions qui me taraudent -tout. Je veux juste me nourrir de paysages, de rencontres et d'un air inconnu. » Un échange récent m'a rempli de tout un tas de frissons inconnus : sur un bref moment passé ensemble autour d'un thé, j'ai eu l'impression que je pouvais être qui je voulais auprès de Hjúki Anastase, découvrir le monde ou simplement me découvrir moi-même. « Il a probablement reçu ma lettre désormais. Je crois que j'aimerais bien voyager avec lui. » Ce serait effrayant, mais maintenant que l'idée est formulée à voix haute, je crois que j'en ai envie. J'ai besoin de ce type de changement dans ma vie -d'imprévus qui ne soient pas un des douloureux pouvant survenir à Poudlard. « Je lui ai dit que je m'appelais Ada, et ça sonnait incroyablement juste. » confié-je à la plante avec un timide sourire.

« tu sembles différent... » me revient soudainement la petite voix d'Elya Carli. Prononcée de manière aussi hasardeuse qu'enfantine autour d'une conversation sur nos intérêts amoureux respectifs et sur les garçons, la phrase m'a touchée en plein cœur d'une façon aussi étrange qu'inhabituelle. Elle me revient parfois et pique douloureusement ma poitrine toujours de la même façon, pour une raison que j'ignore. « A-da » répété-je avec lenteur, appréciant la sonorité douce des deux syllabes.

« C'est peut-être la fatigue qui me fait tourner la tête dernièrement. J'ai l'impression de faire n'importe quoi : tu sais Alfred, je me suis même endormi à la bibliothèque l'autre jour. La petite Le Gall passait par-là et m'a tiré du sommeil. L'enfant m'a materné comme si j'étais son petit, alors qu'elle fait deux bonnes têtes de moins que moi. Mais je ne tiens plus... il n'y a plus qu'un mois avant les examens, et j'ai l'impression de ne rien gérer. De ne pas faire assez. » Mais c'est pas nouveau : depuis le début de ma scolarité, je travaille sans cesse pour m'améliorer, et donne constamment le meilleur de moi-même. Si mes efforts sont probants dans la plupart des matières et que j'obtiens toujours des notes optimales pour tout examen théorique, la pratique fait parfois défaut surtout quand il s'agit de blesser des créatures vivantes ou de lancer des sorts offensifs, même sur des cibles inanimées. J'ai tout simplement un blocage que je ne parviens à lever. Et les exercices, entraînements et approfondissements des cours s'enchaînent : tout est fait pour compenser chacun de mes points faibles -le tout me menant tout droit vers un état de fatigue tel que j'en viens à faillir même dans des domaines où j'excelle d'ordinaire. « Heureusement que Cooper ne m'en veut pas pour l'échec de notre potion. Mais Diarmuid doit avoir une mauvaise image de moi désormais... quoi que je me demande pourquoi son opinion m'importe tant. »

Parce que Diarmuid O'Belt occupe inhabituellement mes pensées ces derniers temps : il est toujours là comme une glue, quelque chose que je ne peux défaire et démêler de mes songes. Son ombre me poursuit à chaque pas et tous les jours, je me surprends à rêver de son sourire et ses yeux noisettes qui pour une fois me regardent véritablement.
« Je suis perdue, Alfred. Je ressens des choses que je ne devrais ressentir, et plus le temps passe et plus il m'est difficile d'en faire abstraction... » répété-je avec un soupir. Mon menton planté entre mes mains, mon regard se perd dans les feuilles de la plante, comme si une réponse s'y cachait.
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Mentions : @Max Graham, @Diarmuid O'Belt, @Sinéad Callaghan, @Magdaléna Xarinez, @Sybil Donevant, @Sixtine Valerion, @Elya Carli, @Elizabeth Le Gall et @Orphéa Cooper

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
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20 sept. 2022, 17:02
Il fallait que je te dise...  Solo   Serre N°6   ++ 
Mi juin 2047
Entre deux examens, juste avant les vacances
« Elle me rappelle que j'ai un corps, et [...] que j'existe, comme la douleur qui survient après une écriture intensive durant un cours ou pour la rédaction d'un devoir. Mais j'aimerais bien exister autrement. » Lest à lui-même
J'ai fait de mon mieux. C'est ce que je fais toujours, maladroitement au milieu de la montagne de travail que je m'inflige moi-même. De mon mieux, pour me fondre dans la masse humaine mais me démarquer sur mes résultats scolaires. De mon mieux pour dormir suffisamment la nuit, et manger de manière équilibrée. Pour ne pas être regardé de travers dans un couloir parce que mon corps est trop maigre, ma démarche trop boitillante, mon regard trop insistant et si fuyant à la fois.

« Je suis fatigué, Alfred. J'aime me dire que c'est bientôt terminé, qu'il ne me reste plus qu'une année d'étude à Poudlard. Et après ? Après, peut-être que ça sera plus simple. L'environnement sera différent dans tous les cas. J'aurais moins le tournis, tu ne crois pas ? »

J'ai pris la décision de laisser la sansevière à Poudlard durant l'été. Ce passage est un au-revoir, sur un court créneau déniché entre deux examens. La plante est arrosée, choyée et aimée : deux mois c'est long, et même si je ne doute pas qu'elle trouvera la compagnie du professeur Featherstone ou d'autres membres du personnel de l'école pendant les vacances, je veux m'assurer de la quitter en parfait état. Moi aussi, j'aurais bien aimé conclure cette année scolaire avec santé et énergie, comme une jolie plante qui ne manque de rien, mais cette année plus que les autres me laisse sur les rotules et totalement vidé. Ce n'est pas la faute d'un programme scolaire surchargé ; j'ai eu le sentiment d'avoir plus de liberté que durant la préparation des BUSEs, mais ma fatigue tend à s'accroître avec le temps sans aucune rémission possible. Un peu comme une batterie qui ne se recharge jamais, restant toujours à demi-pleine ou à moitié vide selon la perception que l'on s'en fait.

« Et l'année prochaine, ce sont les ASPICs » soupiré-je avec découragement. Je n'ai pas hâte. J'aimerais avancer dans le temps, que tout soit déjà derrière moi. Ce qui génère un peu de joie dernièrement, c'est la perspective d'un voyage avec Hjúki Anastase, j'ai reçu une réponse favorable à ma lettre et il est prévu que nous naviguions le long du fleuve Shannon en Irlande. Une mauvaise idée pour se reposer -mais excellente s'il s'agit de commencer à voir au delà de Poudlard, d'avoir un aperçu de ce que ma vie future pourrait me réserver.

« Je lui ai déjà dit que je m'appelais Ada. Tu ne crois pas que je peux emmener ma jupe, Alfred ? Ce serait l'occasion de la porter. Et quelques accessoires féminins aussi... je n'ai pas eu l'impression que j'avais à m'inquiéter d'un quelconque jugement avec cette personne. » C'est étrange mais c'est un choix que je n'aurais pas pu faire en présence de mes parents. Simplement parce qu'en matière de choix, ma palette des possibilités a toujours été abominablement réduite. Je n'ai pas choisi d'étudier au sein de la filière Auror -ne faisant que suivre un plan imposé par des grands-parents déçus de leur propre enfant et désireux de rattraper une lignée perdue sur le premier né de la génération suivante, en somme une question de malchance puisque l'ordre de naissance ou simplement mon genre assigné à la naissance aurait signifié des attentes fort différentes. Je me souviens de la bataille de ma mère enfant pour qu'elle m'éduque moi-même puis choisisse mes précepteurs sans avoir à subir un choix imposé par ses beaux-parents. Je me souviens de vêtements trop serrés, de cheveux coupés dès qu'ils atteignaient une longueur inconvenante pour un garçon -sur mes pleurs et mes cris.

Ces mêmes grands-parents me déshériteraient s'ils me voyaient en jupe. Tant mieux peut-être : je souffrirais moins des regards lourds d'attente qui pèsent sur moi. De toute façon, il est évident que je les ai déjà déçus. Je ne suis ni sportif ni fort, mon corps donne l'impression de tomber en morceaux à chaque pas comme une marionnette mal articulée et aux rouages rouillés. Sur le plan magique je ne brille pas non plus -si je suis excellent pour le par cœur et brille sur plusieurs domaines tant que je n'ai pas à utiliser ma baguette, je n'ai jamais manifesté une magie très puissante.

J'aimerais bien pouvoir exister par moi-même, sans avoir à me soucier de ce qu'on pense de moi et de mes facultés. Sans qu'on s'obstine à vouloir choisir mon avenir à ma place, et qu'on porte un regard sur mon apparence alors que la seule personne autorisée à être critique devrait être moi. La question me taraude beaucoup ces derniers temps -et si pendant longtemps je me suis satisfait de simplement répondre aux espoirs et attentes des autres, je crois qu'aujourd'hui, je veux juste être moi.

J'aimerais bien exister autrement que dans le regard des autres.

« Je suis de mauvaise compagnie Alfred aujourd'hui, je n'ai pas grand chose à te dire. Excuse-moi. »

Je revois le visage de mon grand-père et son regard sévère. La patience et la douceur de ma grand-mère mais aussi sa présence bien plus effacée. Le regard ravi de ma mère dans mon premier costume. Les projets d'avenir suggérés par chaque membre de ma famille, les « et si » qui m'étouffent.

« Excusez-moi. »

J'ai besoin d'expérimenter, de découvrir qui je suis.

♦ Étudiant.e à l'IMSM - #b45f06
Appelez-moi Ada ou Lest ! ♦