Les Denis
SommaireCe sujet est un recueil de la vie de la famille Denis au sein de leur maison familiale à Wigginton, non loin de la ville de York. C’est pourquoi le recueil se trouve en ce lieu.
Année 2049-2050 (11-12 ans)
. Décembre 2049 : Un éloignement inhabituel
. Août 2050 : À la recherche du passé
Année 2050-2051 (12-13 ans)
. Janvier à mars 2051 : Kael Lynch
Dernière modification par Cheryl Denis le 17 avr. 2026, 02:27, modifié 11 fois.
Les Denis
Un éloignement inhabituel
Vacances de noël, 2049
PNJ : Kate, James, John et Mathiew Denis
C’était la première fois que je revoyais ma famille depuis mon entrée à Poudlard. J’étais si impatiente que j’avais compté les jours, puis les heures, avant nos retrouvailles. Nous n’avions pas l’habitude d’être séparés les uns des autres ; et même si nous avons accueilli ma magie avec une certaine exaltation et que nous avons tenté de nous préparer à cet éloignement, même malgré cela, elle me manquait terriblement, et j’espérais leur manquer tout autant.
Lorsque j’aperçus mes parents à la gare de Londres, je me précipitai dans leurs bras et fondis en larmes. Nous restâmes un moment ainsi, savourant la douce chaleur des uns et des autres. Sur le chemin, qui était plutôt long et qui nous menait jusqu'à la maison, je leur racontai à quel point j’aimais Poudlard : la maison dans laquelle j’avais été répartie, les cours que l’on m’enseignait, et surtout l’astronomie, qui s’était révélée à moi. Je leur parlai également des rencontres que j’avais faites, surtout des amitiés naissantes. Mes parents ne furent pas vraiment surpris d’apprendre que je m’épanouissais dans cette nouvelle école, après tout, nous nous envoyons régulièrement des lettres, mais ils furent ravis de constater qu’ils pouvaient avoir pleinement confiance en Poudlard pour prendre soin de leur fille au quotidien.
Je leur demandai ensuite des nouvelles de John et de Mathew. Ils restèrent étonnamment brefs, ce qui m’intrigua sur le moment sans pour autant m’inciter à poser davantage de questions. Après tout, je les verrai très bientôt.
La librairie de mes parents fonctionnait toujours aussi bien. Il faut dire que c’était la plus grande et l’une des seules du village. Ils proposaient surtout des livres anciens, des premières éditions, des ouvrages savants, des essais divers et des archives disponibles seulement à la lecture. Les clients pouvaient également y prendre le thé avec des pâtisseries faites maison. C’était un lieu que beaucoup de gens affectionnaient, et un peu notre seconde maison. Mais exceptionnellement, pour la période des fêtes, mes parents avaient décidé de fermer boutique afin que nous nous retrouvions comme il se devait.
Sur les derniers kilomètres du trajet, ils me proposèrent de faire une lettre au Père Noël. J’étais encore assez jeune pour le faire, et même si je savais qu’il n’existait pas, je trouvais cela encore amusant. Après un moment à réfléchir et à écrire, je leur tendis ma lettre.
Reducio
Cher Père Noël,
Cette année a été incroyable ! J’adore ma nouvelle école : je ne suis plus la seule élève, j’apprends des trucs trop cool et en plus, j’ai de bonnes notes et je suis respectueuse envers les enseignants. Cette année, j’aimerais bien deux choses :
. Un vélo, pour pouvoir explorer les lieux en dehors du village.
. Un carnet de voyage, afin d’y répertorier mes aventures et mes découvertes.
Merci beaucoup Père Noël et bon courage dans ta longue traversée !
Cheryl Denis
En arrivant à la maison, je découvris que mes frères l’avaient décoré à mon attention. Une grande banderole avec écrit Bienvenue Cheryl ! ornait le plafond. Avant que je ne dise quoi que ce soit, ils sautèrent dans mes bras en larmes, tout comme je l’avais fait avec mes parents plus tôt. Je fus surprise, car c’était la première fois que je les voyais pleurer ainsi. Je leur avais manqué plus que je ne l’aurais imaginé.
Durant la soirée, aucun de nous n'était consolable, de sorte que le lendemain, afin de nous remonter le moral, nos parents organisèrent un planning bien chargée pour nos deux semaines ensemble. Au programme : décorer le sapin et la maison, aller au marché de Noël, à la patinoire et au restaurant, faire des jeux de sociétés, pâtisser, construire un bonhomme de neige, faire une bataille de boules de neige, et j’en passe. Cela suffit à sécher nos larmes et à nous plonger pleinement dans l’esprit de Noël.
Nous suivîmes le programme à la lettre. Pendant quinze jours, tout ne fut que rires et légèreté. Nous reçûmes les cadeaux que nous désirions, mangeâmes comme des ogres, chantâmes comme des casseroles, riâmes jusqu’à avoir le souffle coupé, sans reparlé de nos douloureuses retrouvailles. Ce n’est que quelques jours avant de quitter mon village que je me décidai à profiter de l’absence de mes parents, partis chercher du bois, pour interroger mes frères sur les mois écoulés et sur l’effet de mon absence. Nous étions alors en face de la maison, en train de construire un bonhomme de neige. John, qui formait la base la plus dense, fut le premier à prendre la parole.
John- Très bien, Cheryl. Comme d’habitude. La routine.
Le ton sec qu’il avait employé me laissa perplexe. J’insistai davantage en regardant Mathiew.
Mathiew- Tout va bien, ne t’en fais pas. C’est juste que… tu nous as manqué, beaucoup manqué..., dit-il sans rien ajouter de plus.
Même s’ils tentaient de le dissimuler, leur détermination à rester vaste trahissait leur trouble. Les larmes commencèrent à me monter aux yeux. Les non-dits et les secrets, ce n’était pas notre style.
- Vous m’avez beaucoup manqué aussi vous savez… murmurai-je. Ça me fait très bizarre d’être loin de vous. J’adore ma nouvelle école, mais parfois… j’ai l’impression qu’elle peut m’éloigner de vous…
Je me tournai pour laisser mes larmes couler. J’entendis alors des pas s’écraser dans la neige. Le parfum de John m’embaumait les narines et ses bras entouraient mon corps chétif. Ses larmes glissaient sur mon cou et les reniflements de Mathiew au loin indiquaient qu’il n’était pas dans un meilleur état. Après un moment à ne rien dire, à laisser chacun évacuer ses maux, John me libéra et m’invita à reprendre la conversation.
John- Nous ne savions pas que tu te sentais aussi mal que nous, tu avais l’air si heureuse dans tes lettres, et c’est pour ça que nous n’osions pas t’en parler. Mais apparemment, même des dons extraordinaires et une école de rêve ne peuvent remplacer tes frères, ajouta-il en frimant pour alléger le ton de la discussion. La vérité, ce que nous n'avions pas imaginé que ton absence puisse nous peser autant. Nous ne préparons plus de pâtisseries pour la boutique des parents, tu ne cherches plus à nous embarquer dans les bois parce que tu crois avoir aperçu quelque chose d'extraordinaire…
Mathiew- On n’entends plus ta voix chantonner sans raison ni le bruit discret de tes pas quand tu viens te faufiler dans nos chambres quand tu t’ennuies, continua Mathiew.
John- Bref, tu n’es plus là.
Quand Mathiew s’amusait à jouer une pièce de Shakespeare, je le rejoignais, quand John revenait de son atelier d'écriture, je lisais ses écrits, et quand mes frères partaient au foot, je les supportais. Tous les moments que nous partagions quotidiennement se restreignaient aujourd’hui à quelques lettres, et bien que régulières et exhaustives, elles ne remplaceraient jamais tout ce qui venait d’être cité. Et de cela, j’en étais la cause.
- C’est parce que je suis une sorcière…
Mes frères se regardèrent en silence, confus.
John- Ce qui nous bouleverse, ce n’est pas la raison de ton départ, ce n'est pas ce que tu es. Bien au contraire, je crois même que, parmi nous tous, ce don ne pouvait appartenir qu’à toi. À toi, qui ne craint pas l’inconnu. À toi, qui cherches les mystères au lieu de les fuir…
Voilà que John se mettait à utiliser des procédés d’écriture dans ses discours.
Mathiew- Comme dirait nos vieux : C’était écrit, coupant et résumant ainsi la poésie de John.
John- Tout à fait, répondit-il amusé avant de me regarder à nouveau. On a peur que cette nouvelle vie t’éloigne de nous, certes, mais on comprend aussi que c’est ainsi que les choses vont. Un jour viendra où je devrai tracer mon propre chemin. Comme toi aujourd’hui. Comme Mathiew plus tard. Peut-être que c’est cela qui me trouble, que tu sois la première à partir alors que tu aurais dû être la dernière, ma jeune sœur. Heureusement, tu sembles être à l’abri là-bas… Mais je crois, au fond, que ce qui me fait le plus peur, c’est le temps. Le temps qui passe. Le temps qui fait de nous des adultes, que nous le voulions ou non.
Mathiew- Nous devons apprendre à ne plus être tout le temps ensemble. Comme le dit si joliment John, on grandit.
C’était donc ça, nous devions apprendre à nous adapter aux changements et à la vie qui nous pousse à grandir, même si ça faisait mal, même si je préférerais que le temps revienne en arrière et se cristallise pour revivre une dernière fois ces moments d'innocence qui nous semblaient sans fin.
Mathiew- De toute façon, où que la vie te mène, on se soutiendra toujours, non ? conclut Mathiew, car finalement, c’est tout ce qui importait.
ÉDIT : Révision d’une incohérence sur caractère des PNJ
Dernière modification par Cheryl Denis le 13 mars 2026, 12:28, modifié 3 fois.
Les Denis
À la recherche du passé
Fin août 2050
RP qui fait suite à celui-ci
RP qui fait suite à celui-ci
PNJ : James, John et Mathiew Denis
Étouffés par la chaleur d’un soleil cuisant, John, Mathiew et Cheryl étaient avachis sur le canapé du salon, face au ventilateur, séchant leur front dégoulinant. Ils rentraient d’une balade à vélo, dirigée sous la surveillance étroite de John, qui prenait son rôle d’aîné très à cœur. L’été se terminait, et pourtant, la fratrie agissait comme s’il venait de commencer.
Leur père s’approcha d’eux et demanda à Cheryl de venir le rejoindre dans la cuisine. Il avait son air satisfait qu’il prenait d’ordinaire lorsqu’il dénichait un ouvrage plus vieux que ses aïeuls. Cheryl l'interrogea du regard, mais elle n’eut en réponse qu’un sourire malicieux. Une fois arrivée dans la cuisine, parfumée d’une odeur d’aneth et de coriandre, son père sortit de sa besace un vieux papier épais enroulé sur lui-même, qu’il prit soin de cacher derrière son dos. En se retournant, il s’adressa à sa fille d’une voix calme.
James - Je l’ai trouvé, Cheryl.
Il n’avait pas besoin d’en dire davantage, la jeune fille savait de quoi il retournait.
- C’est pas vrai ?! Montre-le-moi !
Enjoué par l’excitation de sa fille, James ria de bon cœur tout en mettant des gants en coton. Puis, il déroula délicatement le document sur la table parfaitement lavée. Un arbre généalogique se révéla peu à peu à eux. Le bruit et la couleur du papier rappellaient les vieux parchemins de Poudlard et on pouvait remarquer que le document avait été extrêmement bien conservé au fil du temps. Cela était dû à un savoir-faire transmis de génération en génération. James ne posait ses doigts que sur les rebords, plaçait un petit bout de bois sur les quatre coins du parchemin en veillant à ne faire aucune pliures, et dépoussiérait le papier à l’aide d’une sorte de pinceau aux fibres fines et légères. Il demanda aussi à Cheryl de se laver les mains et de porter des gants.
Au début de l’été, Cheryl avait émis le souhait de connaître ses ancêtres afin de savoir lesquels d’entre eux étaient sorciers. Sa mère n’avait pas d’arbre généalogique à proprement parler, puisque sa famille ne tenait pas de registres de ce genre, contrairement à son père dont la famille avait pris l’initiative il y a de cela plusieurs générations. Néanmoins, le trouver ne fut guère évident, car les Denis possèdent beaucoup de livres et l’organisation ne fait pas partie de leur qualité. De ce fait, James mit un certain temps avant de le trouver, et à se procurer des informations sur la vie des personnes mentionnées dans le dit document.
James commença son histoire - il adorait faire ça, raconter des histoires, qu’elles soient fictives ou réelles.
- Avant tout, tu dois savoir que même si ce registre donne pas mal d’informations, il reste assez incomplet, notamment car toutes les branches féminines sont absentes. On a l’impression qu’il n’y a eu que des fils uniques, mais en réalité il y a eu plus de femmes que d’hommes. À présent leur nom est oublié à jamais… Mais c’était une autre époque, où on accordait peu d’importance aux femmes, souffla-t-il douloureusement à sa fille avant d'en venir au fait.
Comme tu le sais, nous sommes une famille de littéraires. Du côté de mon père, cela fait au moins cinq générations que nous sommes libraires. Les Denis ont consacré leur vie à dénicher les plus beaux ouvrages afin de les collectionner, de les restaurer ou de les revendre. À Wigginton, notre nom a pris en notoriété en même temps que celui de ta grand-mère. Les Blowman étaient réputés dans l’imprimerie depuis plus de deux siècles et c’était la seule entreprise à commercer sur l’ensemble du territoire anglo-saxon. Longtemps concurrents, ce sont tes grands-parents qui ont permis d'unir ces deux savoir-faire. Mais je doute que dans l’une de ces deux familles il y ait eu de la magie. Les Denis et les Blowman étaient très insérés dans la communauté du village, s’ils avaient été des sorciers cela aurait été difficile de conserver le… secret magique. C’est comme ça que l’on dit, pas vrai ?
Cheryl acquiesça, sans rien dire, trop happée par l’histoire et désireuse d’en connaître la suite. James pointa le nom le plus haut de la branche Denis, un nom de femme, et le descendit à mesure qu’il expliquait.
- Denise Denis n’a pas vécu longtemps, puisqu’elle est morte en donnant naissance à sa fille, elle-même décédée quelques jours plus tard. Puis, la femme de Michael, Mary. Elle était très discrète. On ne sait pas grand-chose d’elle, si ce n’est qu’elle adorait la couture. Elle aurait aidé son mari à maintenir les finances de la librairie, qui subissait une grave crise économique, en vendant les vêtements qu’elle confectionnait. Quant à Lucy, elle s’est mariée avec Marc sans le consentement de son père, un homme très riche et mystérieux, Georges Pike, et a finalement été contrainte de le quitter et d’abonner leur unique enfant, ton grand-père.
Est-ce que c’est parce qu'elle était une sorcière que son père l'a obligée à quitter l’arrière grand-père de Cheryl ? La famille Pike serait-elle sorcière ? Cheryl avait l’impression de commencer à résoudre l’énigme sur l’origine de son sang, mais la suite de l’histoire allait la faire démentir. James passa à présent du côté des femmes Blowman, cette fois-ci en commençant par son arrière grand-mère, Camille.
- Elle est née à Londres, mais ses parents étaient français. D’après ta grand mère, c’était la femme la plus méchante et la plus incapable qui soit. Elle est décédée peu après ma naissance, donc je ne pourrais te le confirmer. Mais apparemment elle passait son temps à flâner dans les lieux les plus influents et à mépriser les pauvres.
Johanna était tout le contraire, poursuivit-il en remontant son doigt. J’ai trouvé près de cinquante lettres d’amour que son mari lui avait faites et qui vantaient les qualités de sa dulcinée années après années. Elle était aimante, drôle, simple, dotée d’un grand sens des affaires et d’une patience à toute épreuve.
Enfin, Camélia Cooper. Tu as vu on connait aussi son nom de naissance ! Mais à vrai dire, c’est tout ce que l’on sait d’elle… Toutefois, j’ai trouvé un document assez étrange dans nos archives. Il est signé avec ses initiales et il date de son époque. Mais je n’ai pas su le comprendre. Certains mots sont trop illisibles, faute du temps qui est passé, et d’autres sont incompréhensibles, comme écrit dans une langue inconnue. Peut-être que toi, tu y parviendras.
James sortit de sa besace un petit papier enveloppé dans un plastique. Il datait de si longtemps qu’il n’y avait que des bouts de fragments recomposés dont l’encre était presque totalement effacée.
- Bon courage, dit son père d’un ton joueur.
Il sortit de la cuisine, laissant Cheryl seule face à cette énigme. Elle observa attentivement l’antiquité et nota sur un bloc-note qui se situait à côté d’elle ce qu’elle parvenait à déchiffrer. Effectivement, beaucoup de mots étaient effacés, mais les mots que son père ne pouvaient comprendre, Cheryl, elle, pouvait parfaitement les lire ; et elle comprit vite pourquoi. Elle put aisément compléter les trous et lire la lettre de son ancêtre.
Ma chère amie,
Ma chouette vient de décéder. Je suis obligée de passer par des moyens plus ordinaires pour t’écrire. Mais ne t’en fais pas, le sceau a été ensorcelé par un puissant sortilège tout comme les mots de cette lettre.
Je dois rester discrète à présent. Nous ne nous reverrons pas de si tôt, et j’en suis sincèrement désolée. Mais je ne veux pas mettre en danger le CISM. Je sais que ma relation avec Luc est très dangereuse, mais mes sentiments vont au-delà de la bienséance et de la raison. Je te promets de faire attention.
Je t’embrasse.
C.C.
Cette lettre ne laissait aucun doute : Camélia était une sorcière. Les mains de Cheryl tremblaient et ses yeux ne parvenaient pas à se détacher des fragments de papier. Face à cette preuve incontestable, on ne pouvait qu’affirmer que le gène sorcier de la famille Denis avait été transmis par la grand-mère de Cheryl, la famille Blowman. Famille dont le gène a été modifié depuis la naissance de Charles B., le fils de Camélia Cooper.
La jeune fille vécut cette nouvelle avec beaucoup de joie et elle se mit en tête de découvrir si, à Poudlard, le nom Cooper figurait. Pour trouver quelqu’un qui pouvait avoir une affiliation avec elle, Cheryl devait avoir des preuves solides à lui montrer. Elle prépara donc une copie de son arbre généalogie en y ajoutant quelques notes pour mieux comprendre l'origine du gène sorcier. Une fois cela fait, elle déposa ses preuves dans sa malle, presque prête pour la rentrée, et retourna avec ses frères, qui avaient commencé une partie de foot, pour partager sa découverte. Ils firent la promesse de garder le secret, de toute façon ils n’avaient pas le choix, au risque d’avoir de sérieux ennuis.
Pour voir les notes que Cheryl a laissées dans sa malle, lancez un Reducto !
Les Denis
Kael Lynch
Janvier à mars 2051
Au cours de l’hiver, le chat qui aimait flâner dans la librairie avait pour habitude de se poser près du comptoir où James recevait les clients. Même s'il se montrait peu affectueux, le matou ne disait pas non à quelques caresses, surtout si elles venaient du propriétaire. Ce dernier lui grattait le ventre pendant que les derniers clients finissaient leur thé. Quand il les encaissa, l’un d’eux demanda des nouvelles de Cheryl.- Identité des PNJ : James Denis, Kate Denis et Kael Lynch
- Lien avec le PJ : Parents (James et Kate) et précepteur à venir de Cheryl (Kael)
- Lien dans le répertoire : ici
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Oui
- Impact envisagé : Les parents de Cheryl recrutent un précepteur afin qu’il lui fasse découvrir les lieux et les événements importants, et qu’il lui forge une éducation sorcière optimale.
Officiellement, leur fille étudiait et logeait au Wycliffe College. Ils avaient préparé cette excuse depuis la venue du précepteur de Poudlard. Avec l’aval de toute la famille, enfants et grands-parents, ils avaient convenu de dire que Cheryl, si curieuse de nature, avait envie de découvrir le monde. Admiratifs des ambitions de leur petite-fille, ses grands-parents avaient tenu à investir dans ce projet en lui payant une école privée et élitiste, prônant l'apprentissage de diverses langues et l’autonomie de ses apprenants. Et pour mettre toutes ses chances de son côté, une éducation à domicile avait été mise en place en amont. Tel était le mensonge. Un scénario clair et simple, auquel tout le monde se tenait. L’école était suffisamment loin du village pour justifier un pensionnat à l’année et aucune de leurs connaissances ne travaillait ou n'avait d’enfants là-bas. Cette histoire permettrait également à Cheryl, dans un avenir plus lointain, de pouvoir justifier son absence sur le marché de l’emploi britannique moldu.
Dans la cuisine, Kate avait terminé de ranger depuis longtemps. Elle lisait la dernière édition de la Gazette du Sorcier. Les Denis s’y étaient abonnés depuis la visite du précepteur. C’était une manière de maintenir un lien avec leur fille, d’échanger plus facilement sur divers points et d’en connaître un peu plus sur ce monde qu'ils ne verraient jamais. Kate n'avait pas à s’inquiéter que quelqu’un entre dans la cuisine, elle n’était pas accessible aux clients. Et de manière générale, elle et son mari avaient l’habitude de brûler les journaux une fois lus, histoire d’éviter les ennuis. Quand elle eut terminé de lire les actualités, son regard parcourut les annonces. Un titre, accompagné d’une image mouvante, attira son attention.

- Chérie ? l’interrompit James. Mathew et John sont rentrés depuis un petit moment et les derniers clients viennent de partir. Tout est bon de ton côté ?
Elle hocha la tête, replia le journal et sortit de la librairie au bras de James, qui laissa sortir le chat avant de claquer la porte. En hiver, Wigginton n’était que neige et glace. Le froid du nord poussait les habitants à rester au chaud dès la nuit tombée, hormis cet étrange chat. Kate secoua quand même la tête pour vérifier que personne ne se trouvait sur leur chemin.
- J’ai lu une annonce dans la Gazette du Sorcier, dit-elle en parlant à voix basse. Un certain Kael Lynch propose ses services pour accompagner un enfant né-moldu durant toute sa scolarité. Il aurait l’occasion de découvrir les lieux et les événements importants de la société sorcière britannique, et de parler à un adulte qui est passé par les mêmes expériences que lui, étant lui-même né-moldu. Ça m’a fait penser à Cheryl. Est-ce que se rendre uniquement à Poudlard et au Chemin de Traverse lui permet vraiment de s’intégrer ?
James ne pouvait qu’approuver la pertinence de la question de sa femme. Il était certain que Cheryl n'avait pas le même mode de vie que beaucoup de ses camarades et que cela pouvait représenter un désavantage une fois adulte. Pour autant, elle passait déjà peu de temps avec eux et elle était encore très jeune. L’idée de la voir encore moins lui peinait.
- N’est-ce pas pour cela qu’on lui a permis de se rendre au bal de Godric's Hollow ?
- Et quelle organisation cela a été ! répliqua-t-elle. Aussi difficile que pour les achats à la rentrée. Là, il est question d’engager une personne qui pourra l'aider à comprendre les codes et les traditions de cette société, à connaître les différents métiers qu’elle pourrait exercer, les lieux où elle pourrait vivre. Et en plus, on n’aurait plus à se prendre la tête pour la logistique.
- C’est juste… Mais elle pourrait aussi découvrir tous ces aspects là lorsqu’elle sera plus grande. Le précepteur de Poudlard ne nous a pas laissé entendre que les enfants comme Cheryl avaient besoin de ce type d’aide.
Était-ce absolument nécessaire d’offrir ce type de service à leur fille ? Non. Sans doute que non. Poudlard organisait des sorties et des rencontres à la fois nationales et internationales, les fêtes traditionnelles y étaient célébrées et les enseignants, comme les élèves, étaient à même de répondre à toutes ses questions. James finit néanmoins par abdiquer. Parce que, en l’état actuel, c’était la seule chose qu’ils pouvaient faire pour son éducation et son avenir. Et, surtout, parce qu’il se laissait suivre par le destin. Selon lui, chaque individu possède un destin qui prend la forme d’un chemin. Il faut en accepter chaque fleur et chaque crevasse, pour savoir apprécier ce que l’on a et surmonter les obstacles. Ce chemin prend une forme différente pour chaque être vivant. Non qu’il soit forgé à l’image de ce dernier, au contraire, l’un et l’autre s’attire, comme s’ils cherchaient leur place dans l’harmonie du cosmos. Étant une sorcière, la route de Cheryl sera irrémédiablement jonchée de sortilèges en tout genre, de potions colorées, de fleurs se mouvant volontairement et des bêtes parlantes. Lui offrir la possibilité d'aller à la pleine rencontre de son destin, c’est tout ce qu'il voulait ; même s’il espérait secrètement qu’elle ne s’éloignerait pas trop vite de lui.
Au lit, une fois les enfants couchés, Kate montra l’annonce à James. Kael Lynch semblait sortir d’un autre siècle, comme tous les sorciers qu’ils avaient rencontrés jusque-là. Il n’en était pas moins très élégant avec sa casquette plate, son manteau long, sa cravate impeccablement ajustée et sa montre à gousset glissée dans son veston. Kate et James regardèrent également deux autres annonces qui étaient proposées dans la Gazette. La première, une duelliste de renom, leur paraissait trop pédante. La seconde, un homme qui aurait largement plu à Cheryl, avait l’ambition de faire de son élève un futur astronome. Mais puisqu’elle était encore très jeune pour se spécialiser dans une carrière, leur choix s’arrêta sur Kael Lynch. James prit ensuite sa tablette afin de faire le bilan annuel de leurs revenus. En 2050, ils avaient gagné en moyenne 4 100 livres par mois. Le salon de thé formait la source de revenus la plus conséquente avec les livres vendus, plus de deux tiers des revenus totaux. Les livres restaurés et le club de lecture apportaient quant à eux un petit plus non négligeable. Les Denis dépensaient peu, mais l’argent partait quand même. La taxe de la maison, celle de la librairie et les charges qui vont avec, la voiture, les abonnements téléphoniques, les mutuelles et les cotisations sociales dues aux activités de la librairie représentaient près de la moitié de leurs revenus. À cela s’ajoutaient les courses, les vêtements, les loisirs et les activités hebdomadaires de John et Matthew. Kate et James ne se plaignaient pas, au contraire, en étant propriétaires de leur maison et de leur entreprise, ils jouissaient de pouvoir mettre suffisamment d’argent de côté tous les mois pour être à l’abri du besoin, assurer la scolarité de leurs enfants et pouvoir se faire plaisir de temps à autre. Faire ce bilan leur permit de se rendre compte que Cheryl était la seule pour laquelle ils n’investissaient pas encore. Poudlard était gratuite et ils avaient déjà fait convertir ce qu’il fallait pour ses achats de rentrée jusqu’à la fin de sa scolarité, en plus de l'équivalent de 100 livres qu’elle gardait pour elle au cas où. Mais c’était tout. Ainsi, elle aurait un précepteur. Lovés l’un contre l’autre, Kate et James éteignirent la lumière.
Kate s’était chargé de contacter le précepteur le lendemain. Une réponse leur parvint deux semaines plus tard. Dans sa lettre, Kael expliquait en détail son parcours ainsi que sa pédagogie. Utilisant toujours des appareils moldus à l’occasion, il leur laissa son numéro de téléphone afin qu’ils échangent plus facilement. Ils s’appelèrent au cours du mois de février. C'était un homme qui s’exprimait de façon très naturelle et avenante, tout en ayant une certaine autorité dans la voix. Il comprenait parfaitement ce que vivaient Kate et James, leurs interrogations, leurs craintes et leurs difficultés, et prenait le temps de répondre à chacune de leurs questions. Ils parlèrent évidemment surtout de Cheryl, afin que Kael puisse mieux la connaître et lui proposer des activités qui l’intéressent. Ils découvrirent ainsi qu’elle et lui partageaient l’amour des astres. À la fin de leur échange, les parents, assurés du sérieux du précepteur, prirent rendez-vous pour le rencontrer physiquement et régler les derniers détails.
Quand Kael Lynch arriva à Wigginton, l’hiver n’était pas terminé, mais on pouvait déjà observer certaines plantes refleurir et entendre de petits oiseaux chanter le matin. C’était un dimanche. Les deux jeunes garçons étaient partis chez leurs grands-parents afin que Kate et James puissent préparer l’accueil de leur hôte et converser tranquillement avec lui. Sur la table décorée d’une très belle vaisselle était déposés des shortbreads, un crumble à l’orange, des scones à la pomme et à la cannelle, et, bien sûr, un assortiment de thés. Une odeur subtile de sucre et d'épice embaumait la maison.
- Monsieur Lynch. C’est un plaisir, dit Kate en lui ouvrant la porte.
Une fois installé, James l’invita à choisir son thé. Mais Kael n’aimait pas le thé, seulement le café. Décontenancée, Kate alluma la machine à café qui n’avait pas été utilisée depuis des lustres et sortit une dosette tout aussi vieille. Quand elle lui apporta, le jeune homme prit un petit récipient posé sur la table et versa une noisette de lait dans sa tasse. S'apercevant qu’il n’avait pas de cuillère, James accourut lui en apporter une, mais le sorcier était déjà en train d’agiter sa baguette afin de faire tournouiller le café sur lui-même. N'étant pas habitués aux actes de magie, le couple eut un petit rire nerveux avant de s'asseoir à leur tour.
Ils s’accordèrent sur différents points. Les Denis payeraient le précepteur en amont des activités pour lesquelles ils auraient à chaque fois le détail. Kael se chargerait de convertir l’argent de poche de Cheryl et de l’amener chaque année au Chemin de Traverse. Les activités pédagogiques débuteraient à partir de sa troisième année et ne sauraient supplanter les activités familiales prévues lors des vacances. Pour leur rencontre et leur première sortie, à la fin du mois d'août, il avait déjà prévu plusieurs activités que les parents acceptèrent de ne pas divulguer. Après trois tasses de thé, de café dans le cas de Lynch, ils se quittèrent. Sur le pas de la porte, Kael les salua :
- Je vous remercie infiniment pour votre accueil et votre confiance. Vous ne serez pas déçus. Je saurai être à l’écoute de ses besoins et de ses attentes, et je m’adapterai en fonction. Elle va expérimenter, chercher et découvrir sans cesse. Si Cheryl est aussi curieuse que vous le dites, elle ne sera pas déçue non plus. J’ai hâte de la rencontrer et de débuter le préceptorat.
- Merci à vous, répondit James. Nous sommes très heureux de savoir qu’elle va pouvoir développer son potentiel et s’intégrer dans ce monde grâce à vous.
Kael baissa la tête humblement et, avant que James n’ouvre la porte, transplana sous leurs yeux ébahis.
1 915 mots
