Le Bal des Absents
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Dans une enveloppe cachetée.
La Maison Blackbirds
a l'honneur de convier le porteur du présent carton
à la réception donnée en mémoire de
Rémotto Blackbirds
1er janvier 1977 — 20 mars 2051
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Le 2 août 2051, à partir de dix-neuf heures
La Demeure Blackbirds
Godric's Hollow
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Tenue de soirée.
Un détail sombre est souhaité.
Le présent carton, frappé du sceau de la Maison,
vaudra invitation à son porteur.
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Les absents seront honorés.
Les vivants sont attendus.
Lou avait reçu cette invitation. Il ne savait pas pourquoi. Enfin, il savait parfaitement pourquoi, lui, avait accepté. Il ignorait pourquoi les Blackbirds avaient décidé de l'inviter. C'était une autre question. Et celle-là lui importait beaucoup.
Il connaissait trop bien la notoriété de cette famille pour abandonner le carton au fond d'un tiroir. En bon journaliste, il avait suivi avec attention tout ce qui s'était raconté autour de la mort de leur patriarche. Enfin, tout ce qui ne s'était pas raconté, surtout. Peu, trop peu de choses avaient filtré de ce cercle composé de l'ancien Secrétaire d'État, de la Directrice du Département de la Magie Noire, d'une matriarche particulièrement discrète et d'une jeune femme dont le nom revenait désormais plus souvent dans les conversations qu'elle-même dans les salons.
Cette dernière aurait, si l'on se fiait aux "on dit que", rompu avec sa dynastie pour aller se cacher en Irlande, loin des bouches mondaines. Lou ne se fiait pas aux rumeurs. Il les écoutait, ce qui était très différent. Une rumeur n'était pas une vérité ; c'était seulement une direction dans laquelle regarder.
Toutes les bonnes raisons du monde le poussaient donc à se rendre chez les Blackbirds. Et une mauvaise raison aussi : il détestait ne pas savoir.
Il s'était préparé sans grands soins. Du moins, sans plus de soins qu'il n'en fallait pour donner l'impression qu'il n'en avait pris aucun. Un long manteau noir, un costume de la même couleur et, sous la veste, un t-shirt blanc uni. Le carton demandait une tenue de soirée et souhaitait un détail sombre. Lou avait fourni l'ensemble sombre ; le blanc ferait office de détail.
Il allait honorer un mort, n'est-ce pas ? Où serait passé le respect s'il avait porté la moindre couleur ? De toute façon, cette pensée vous aurait bien piégé : Lou n'en possédait aucune. Il ne considérait lui-même ni le noir ni le blanc comme des couleurs. L'un était l'absence de lumière, l'autre sa présence tout entière. Deux façons parfaitement contraires de parler de la même chose.
Lou adorait les paradoxes. Surtout ceux qu'il ne comprenait pas.
2 août 2051. 19 h 07.
Le premier claquement sec l'avait fait disparaître de son appartement. Le second le déposa à la limite exacte que les enchantements de la Demeure Blackbirds avaient bien voulu lui accorder.
La maison brillait. Derrière les fenêtres, la lumière prenait une teinte rouge sombre, presque noire. Au-dessus du toit, le jour n'avait pas encore tout à fait disparu : une dernière bande de ciel demeurait bleue.
Lou leva les yeux vers elle, puis les ramena vers la demeure. Il ne savait pas encore laquelle des deux couleurs racontait la vérité.
Beaucoup trop de lumière pour une maison en deuil, pas tout à fait assez pour une véritable fête. De la musique traversait déjà les murs sans parvenir jusqu'à lui autrement que par quelques notes étouffées. Les Blackbirds avaient donc réussi à organiser quelque chose qui n'était ni tout à fait une commémoration, ni tout à fait un bal.
À l'entrée, Lou tendit son carton. On observa le corbeau empreint dans la cire noire, puis on le lui rendit sans lui demander son nom. Cela aussi, il le nota. Pas sur du papier, évidemment. Une plume visible rappelait aux gens qu'ils parlaient devant un journaliste. Sans plume, Lou n'était plus qu'un homme en noir tenant un carton d'invitation. Les gens se méfiaient des journalistes. Et pourtant parlaient aux inconnus. Donc il l'avait noté dans sa tête.
Il franchit les portes, confia son manteau et accepta le premier verre qu'on lui présenta sans y toucher. Son regard fit le reste. Les invités, les elfes domestiques, les accès laissés ouverts, ceux qui ne l'étaient pas, les petits groupes déjà formés et, au milieu de tout cela, une place ostensiblement laissée vide.
Il avait trouvé Rémotto Blackbirds.
Restait à trouver les vivants.
Lou s'écarta légèrement du passage, son verre intact entre les doigts, et commença par faire ce qu'il savait faire de mieux.
Rien que l'on puisse remarquer.
Note :
Ce RP est libre sous conditions. Pour que votre personnage puisse vraisemblablement être en possession d'un carton d'invitation, lui-même ou au moins un membre de sa famille proche doit remplir l'un des critères suivants :
- résider à Godric's Hollow ;
- occuper un poste au Conseil ;
- être un homme, né sorcier, âgé de dix-huit à vingt-huit ans. Dans ce dernier cas, le personnage concerné devra être présent au bal.
Les événements relatés dans cette série de RPs ne sont pas connus du grand public.
Merci de m'envoyer un hibou pour confirmer votre participation avant de poster ici.
Le prochain post est réservé.
Dernière modification par Lou Priam le 15 sept. 2026, 18:53, modifié 1 fois.
Le Bal des Absents
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Dix-neuf heures sept.
Trente-huit invités ont déjà franchi les portes. Il en manque davantage qu'il n'en est arrivé, mais cela n'a rien d'inquiétant. Les gens importants viennent en retard pour qu'on remarque leur présence. Les gens très importants arrivent à l'heure pour qu'on remarque leur ponctualité. Les autres hésitent encore sur la catégorie à laquelle ils souhaitent appartenir.
Je les accueille tous de la même manière : une inclinaison de tête ; leur nom avant qu'ils aient besoin de me le rappeler ; un mot sur leur fonction, leur famille ou leur tenue. Chacun repart avec la sensation d'avoir été attendu personnellement.
La Demeure remplit sa fonction. Les portes sont ouvertes, les lumières allumées et les elfes placés là où ils doivent l'être. Louka se tient près de l'escalier avec Pluton, qui a supporté son col pendant vingt-six minutes avant de le défaire. Elle le lui remet en place chaque fois qu'un nouvel invité entre. Il l'enlève dès qu'elle regarde ailleurs. Leur désaccord se poursuit sans un mot depuis le début de la soirée. À cinq ans et demi, il semble décidé à faire vivre un enfer à sa mère.
Au centre du salon, une place demeure vide. Mon père aurait probablement approuvé. C'était de toute façon la sienne.
Depuis sa mort, quatre mois se sont écoulés. Pendant les huit premières semaines, Leta et moi n'avons échangé que par l'intermédiaire de Louka ou d'hiboux impersonnels. Depuis notre accord, les échanges ont repris directement. Neuf missives, dont quatre actes soumis au sceau de la Maison, trois revenus scellés et un quatrième retourné avec deux paragraphes rayés.
Aucune conversation personnelle. Aucun nouvel éclat de voix. Ce n'est pas une réconciliation. C'est une procédure. Pour le moment, cela suffit. Je n'ai de toute façon pas besoin d'avoir son amour pour survivre.
La faille du dispositif est apparue dès le deuxième acte : Leta a pris le sceau pour m'empêcher d'agir seul. Elle a également pris la responsabilité de tout ce qu'elle autorisera, de tout ce qu'elle refusera et de tout ce qu'elle laissera attendre. Une signature ne réclame que quelques secondes. La lecture qui doit la précéder peut occuper plusieurs jours.
Je pourrais multiplier les dossiers. Les branches secondaires produisent suffisamment de dettes, de contrats, de successions et de désaccords pour remplir chaque matin sa table de cuisine. Elle devrait alors choisir entre trois possibilités : signer sans tout comprendre, refuser par précaution ou me demander conseil. La première lui ferait commettre une erreur ; la deuxième ferait d'elle la cause du blocage ; la troisième la ramènerait à cette table.
Le mécanisme est simple. Il serait même efficace, mais je ne l'ai pas encore employé.
Mon père est mort. Ma fille vit en Irlande. Mon fils ne porte pas mon nom et ma femme a passé huit semaines à empêcher ce qui restait de cette famille de se déchirer complètement. Faire plier Leta demeure possible. Savoir ce qu'il resterait ensuite l'est beaucoup moins.
J'aperçois Monsieur Priam près du passage. Tout en noir, verre intact, regard déjà occupé à parcourir la pièce. Son nom figurait dans deux colonnes de mes notes. Il ne connaît probablement que la première.
Je lui adresse un signe de tête.
Puis je regarde l'escalier.
Leta
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Papa compte sûrement les minutes.
Il compte tout. Les invités, les actes, les réponses, les jours entre deux hiboux. Le nombre de fois où j'accepte. Le nombre de fois où je refuse. Le temps que je mets avant de lui répondre.
Moi, je compte les pages. On est bientôt à cent cinquante depuis que j'ai pris le sceau.
Je pensais qu'il suffirait de garder la chevalière dans son coffret jusqu'au jour où Papa aurait besoin de moi. Il demanderait, je poserais mes conditions, il râlerait avec son visage sans expression et on recommencerait quelques mois plus tard. Je n'avais pas compris que la Maison avait besoin de parler tout le temps.
Une autorisation de passage. Le renouvellement du bail d'un terrain dont j'ignorais l'existence. Un accord avec une famille dont je connaissais à peine le nom. Les invitations de ce soir. À chaque fois, des pages, des renvois, des annexes et des phrases capables de changer de sens à cause d'un seul mot placé au mauvais endroit.
J'avais pris la chevalière pour empêcher Papa de décider sans moi. Sauf que maintenant, s'il reste une saloperie dans un document que j'ai scellé, je pourrai pas prétendre que j'étais pas au courant.
Alors je lis tout. Une fois pour comprendre, une deuxième pour vérifier et une troisième parce qu'après les deux premières je commence à me demander si j'ai pas justement raté quelque chose. Je cherche les articles cités ; je remonte les noms dans des arbres généalogiques ; je pose les documents sur la table de la Petite Maison et je les laisse ouverts jusqu'à ce que je sois certaine.
Mais je suis jamais certaine.
Avec mon stage cet été, j'ai fini par passer mes soirées dessus. Heureusement que je pouvais transplaner pour rentrer. J'arrivais fatiguée, je retrouvais les papiers là où je les avais laissés et je m'asseyais pour vérifier un dernier truc. Enfin, un dernier truc. C'était toujours ce que je me disais avant d'ouvrir le dossier.
Le pire, c'est que Papa ne conteste même plus mes corrections. Il renvoie simplement une nouvelle version trois jours plus tard. Alors je recommence. Parce que rien me garantit qu'il a changé seulement ce que je lui ai demandé.
Je ne peux même pas tout refuser. Derrière ses dossiers, il y a parfois des gens qui attendent réellement une réponse. Un logement. De l'argent. Un accord pour utiliser un terrain. Si je bloque tout pour être sûre qu'il ne gagne rien, c'est pas toujours lui qui paiera.
J'ai vraiment cru que la Maison Blackbirds gérait trois petites affaires de temps à autre. Faudra que je trouve comment m'organiser avant la rentrée en deuxième année, parce qu'à ce rythme je tiendrai jamais. Je dois trouver un plan, une parade. Quelque chose.
Je regarde une dernière fois mon reflet.
La robe est longue, bleu nuit, tellement sombre qu'on pourrait la croire noire tant que je reste immobile. Le tissu serre légèrement le buste avant de marquer la taille, puis s'élargit en une jupe souple qui descend jusqu'à mes chevilles. Le col est carré, les manches longues et près du corps. Rien de fragile, rien qui flotte dans tous les sens. Je me trouve belle dedans.Quand je bouge, la lumière glisse dans les plis et le bleu ressort enfin. Pas de noir en dehors de mes chaussures. Pas de broderies. Surtout pas une seule touche de ce bordeaux que Papa colle partout dès qu'il veut rappeler aux gens chez qui ils se trouvent.
J'ai laissé mon cou et mes poignets nus. Aucun collier, aucun bracelet. À ma main gauche, la chevalière occupe l'auriculaire. Juste à côté, à l'annulaire, il y a la bague de Ruby.
Je passe le pouce contre sa pierre rouge et je souris toute seule devant le miroir. J'ai hâte qu'elle arrive. Qu'elle me voie dans cette robe, aussi. J'espère qu'elle lui plaira.
Le corbeau accroche la lumière quand je baisse la main. Lui aussi, les invités vont le regarder. Certains remarqueront peut-être le rubis avant le sceau. Papa, en tout cas, devrait avoir quelque chose à penser des deux.
Ce soir, au moins, personne me demandera de lire cent pages avant de montrer la chevalière. Autant qu'il serve un peu à ça aussi, cet anneau de pouvoir.
Maman a déjà frappé deux fois. La première pour me dire que les invités arrivaient. La seconde pour prétendre que Pluton voulait savoir quand je descendrais. Il voulait sûrement vraiment savoir. Mais elle aussi.
J'ouvre la porte et je sors.
Azur
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Elle apparaît en haut de l'escalier à dix-neuf heures neuf.
Quelques conversations ralentissent. D'autres cessent complètement. Ceux qui lui tournent le dos suivent le regard des autres et finissent par se retourner à leur tour.
Elle a choisi le bleu.
La couleur est suffisamment sombre pour respecter les termes de l'invitation et suffisamment différente pour qu'aucun invité ne puisse la confondre avec le décor. Je ne sais pas si le calcul est volontaire. Je ne commettrai pas une nouvelle fois l'erreur de supposer qu'il ne l'est pas.
La chevalière est visible. Elle aurait pu tourner le sceau vers sa paume. Elle ne l'a pas fait. Elle tient donc à ce que chacun sache ce qu'elle porte, et je peux lui accorder cette satisfaction.
Mais mon regard s'arrête sur l'autre bague.
Une pierre rouge. À l'annulaire gauche.
Je ne me souviens pas l'avoir vue lors de notre dernière rencontre. Je reprends mentalement l'image de ses mains posées sur la table. Le sceau occupait alors toute mon attention. Ai-je négligé le reste ?
L'emplacement suggère un engagement. Il ne me dit ni depuis quand, ni ce qu'elles se sont promis. Il ne prouve même pas qu'il y ait eu une demande. Je pourrais poser la question. Certainement pas au pied de cet escalier, devant des gens qui remarqueraient que j'en découvre la réponse avec eux.
Je garde cette question pour plus tard.
Sous ses yeux, en revanche, la fatigue se voit davantage que lors de notre dernier entretien. Elle lit donc réellement les dossiers. C'est une information utile. Une personne qui ne se soucie pas des conséquences signe tout ou refuse tout. Leta ne fait ni l'un ni l'autre. Elle vérifie. Elle doute. Elle recommence. Voilà l'endroit où exercer une pression.
Je ne lui fais pas signe d'approcher. Cela donnerait l'impression qu'elle descend parce que je l'ai appelée. J'attends simplement tandis qu'elle franchit les premières marches.
La salle comprend peu à peu ce qu'elle voit. Il y a quatre mois, certains de ces invités connaissaient Leta comme une rumeur embarrassante. Il y a deux mois, ils la considéraient encore comme une branche séparée du reste. Ce soir, ils voient l'aînée Blackbirds descendre l'escalier principal avec le sceau de la Maison au doigt.
Aucune annonce n'aurait été aussi efficace.
Leta
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Tous les yeux se tournent vers moi.
Bon.
Je savais que ça arriverait. C'est même une des raisons pour lesquelles je suis là. Papa voulait que je paraisse. Moi, je voulais qu'il arrête de décider tout seul de ce que signifiait mon absence.
Alors je descends.
Sur la quatrième marche, quelqu'un chuchote mon prénom. Sur la sixième, une femme que j'ai jamais vue regarde ma main plutôt que mon visage. À la huitième, je trouve enfin Maman près de l'escalier.
Pluton est avec elle. Il agite les deux bras dans ma direction comme si j'étais encore à cinquante mètres. Son col est ouvert. Maman le referme sans quitter l'escalier des yeux, puis elle me sourit.
Pas longtemps. Juste assez.
Je regarde la porte d'entrée.
Une fois.
Bon, deux.
Ruby est invitée. Officiellement. Son nom figurait bien sur le seul document que j'ai reçu concernant les invités. Pour le reste, les cartons étaient vierges. "Le porteur du présent carton", avait écrit Papa. J'avais relu cette phrase plus longtemps que nécessaire avant de poser le sceau.
Mon pouce vient triturer avec nervosité les deux anneaux. Je m'en rends compte et je relâche les doigts.
Près du passage, un inconnu tout en noir tient un verre sans y toucher. Il observe la salle avec un peu trop d'attention pour quelqu'un venu simplement boire et danser. Je sais pas qui c'est.
J'arrive en bas. Papa m'attend sans donner l'impression qu'il m'attendait.
Je m'arrête devant lui.
"Tu devais être présente à dix-neuf heures."
Il parle suffisamment bas pour que personne d'autre ne l'entende.
J'étais présente. Juste dans une autre pièce.
"Ce n'est pas tout à fait la même chose."
Ah bon ?
Il me regarde. Je le soutiens encore une fois.
Il sort un feuillet plié de la poche intérieure de sa veste et me le tend.
Je ne le prends pas immédiatement.
C'est quoi ?
"Le discours."
Tu l'as déjà écrit ?
"Depuis huit jours."
Évidemment. Huit jours pour me le transmettre et il attend que je sois devant lui, avec une salle entière dans mon dos. Je récupère le feuillet.
"Je le prononcerai lorsque les principaux invités seront arrivés. Tu as vingt minutes."
Vingt et une.
Il consulte sa montre.
"Vingt."
J'ouvre la première moitié de la feuille. Même son discours contient des paragraphes numérotés.
Et si quelque chose me convient pas ?
"Tu me l'indiqueras."
Et ensuite ?
Il met un peu trop de temps à répondre.
"Nous corrigerons la phrase concernée."
Je relève la tête.
Il a dit "nous".
Ça ne veut probablement rien dire. Avec Papa, les pronoms sont souvent des outils comme les autres. Mais il aurait pu dire non.
Il baisse encore la voix.
"Jolies bagues."
Je retiens de justesse un sourire narquois.
Azur
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Elle prend le discours.
Je pourrais le prononcer sans son accord. Aucun texte ne m'oblige à lui en soumettre le contenu. Le sceau n'est pas requis pour des paroles et aucun article ne prévoit qu'une fille doive relire les phrases de son père avant qu'il ouvre un bal.
Pendant qu'elle vérifiera cette page, je pourrai poursuivre l'accueil sans qu'elle examine chacune de mes conversations. Cet avantage ne m'a pas échappé lorsque j'ai plié le feuillet.
Mais je lui ai également proposé de le corriger. Il faudra accepter qu'elle le fasse.
Pendant notre conflit, elle aurait refusé d'être présente. Au cimetière, elle m'aurait probablement rendu le feuillet sans l'ouvrir. Aujourd'hui, elle vérifie ce que je vais dire au nom de la Maison.
Si j'utilise le sceau pour l'épuiser, elle finira peut-être par céder une décision. Elle peut également comprendre ce que je fais, fermer sa porte et me laisser avec une Maison incapable d'émettre le moindre acte. Je gagnerais alors contre elle exactement comme mon père gagnait contre tout le monde : entièrement, proprement, et sans plus personne autour de la table.
Je ne sais pas encore quel résultat je souhaite.
Je retourne accueillir les invités.
Leta
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Papa s'éloigne le premier.
Je crois que c'est volontaire. Il me laisse rejoindre Maman sans me rappeler où l'aînée de la famille est censée se tenir. Ou alors il a simplement aperçu quelqu'un de plus utile à l'entrée.
Avec lui, faut jamais écarter l'hypothèse la moins touchante.
Pluton tire sur ma manche pour me montrer qu'il a encore réussi à ouvrir son col. Maman le referme. Je lui dis qu'il est très élégant. Il me répond qu'il étouffe. Ce n'est qu'un gamin de cinq ans perdu dans une marée de requins. Je lui promets de l'aider à s'échapper plus tard.
Puis je regarde ce que Papa vient de me mettre entre les mains. Une page et demie. Rien à voir avec les dossiers qu'il m'envoie, mais je vérifie quand même le verso. On sait jamais.
Au centre du salon, la place laissée vide attend que tout le monde ait fini de faire semblant de ne pas la regarder. Autour, les groupes se forment et se défont. Je reconnais certains visages parce qu'ils ont déjà été imprimés quelque part. Les autres ne me disent rien.
L'inconnu en noir est toujours près du passage.
La porte s'ouvre encore.
Mon regard y retourne avant que je puisse l'en empêcher. Mon pouce retrouve le bord de la bague de Ruby. Je vais finir par passer la soirée à faire ça. Si ça se trouve, je n'ai même pas été assez attentive et je l'ai loupé parmi les convives déjà présents ? Non, je l'aurai vue, j'en suis sûre.
Maman me demande quelque chose à propos de Pluton. Je lui réponds en gardant le discours ouvert devant moi. Sur la troisième ligne, Papa a écrit que Rémotto avait transmis à ses descendants "le devoir de poursuivre son œuvre".
Je sors une plume.
"Devoir" me plaît pas.
Les invités continuent d'arriver.
(re)Note :
Libre à quiconque rempli les conditions évoquées dans le post précédent. Pensez quand même à valider votre participation par hibou (ou discord) !
Si pour une raison ou une autre, vous pensez qu'il aurait été possible d'avoir été invité même si vous ne remplissez pas les conditions, n'hésitez pas à venir en discuter en mp.
Utilisation de ChatGPT pour générer l'image de Leta, Pinterest ne m'a malheureusement rien fourni de convaincant.
Dernière modification par Leta Blackbirds le 16 sept. 2026, 12:04, modifié 1 fois.
Le Bal des Absents
Il est exactement dix-neuf heures lorsque je passe les portes de la demeure Blackbirds. Je me souviens très bien de l'instant précis où j'ai découvert ce hall pour la première fois, il y a quatre ans de cela. Du temps où j'observais religieusement ces cascades de dorures dans l'entrée et ce cortège de miroirs, celui-là même qui vous rappelle sans cesse qui vous êtes ici : un invité. Mais ce soir, les enjeux sont tout autres. Il n'y a plus de thé avec la maîtresse de maison, il n'y a plus de regards courtois avec son mari pour tenter de se faire bien voir. Tout semble différent. Des années plus tard, je ne suis pas sûre d'être encore la même.
Le mois de mai était déjà entamé lorsque Leta est venue me trouver. C'est là qu'elle m'a tout raconté. Tout ce qui lui avait tant pesé, de longues semaines durant, depuis ce funeste vingt mars ; elle a tout déversé. Et je l'ai écoutée, sans l'interrompre, laissant seulement éclore une douce rage au creux de mon ventre qui ne demandait qu'à dévorer tout ce qu'elle pouvait, qui voulait ronger jusqu'à la moelle la dignité d'Azur Blackbirds et lui faire ravaler son foutu regard dur qui se délectait toujours de votre intimité.
Après avoir reçu mon carton d'invitation, j'ai longuement réfléchi à la tenue que j'allais revêtir ce soir. J'ai pensé, bien sûr, à me parer de noir de la tête aux pieds. J'ai évidemment songé à quelques robes rouges dans un coin de ma penderie qui auraient parfaitement fait l'affaire. Bourgogne, carmin, coquelicot... Rouge sang, peut-être.
Mais moi, j'aime jouer avec les règles autant que j'aime les défier. En l'occurrence, défier celui qui a instauré les règles de cette réception aux allures de jeu du chat et de la souris. Je ne sais pas comment fonctionne Azur, du moins pas aussi bien que Leta. Je peux toutefois me targuer d'avoir essayé de le comprendre. J'ai eu l'occasion de le regarder, souvent, d'examiner parfois son caractère lorsqu'il se montrait dans la Demeure et que j'étais dans les parages. Je me doute, aussi, qu'il a eu tout le temps de faire de même avec moi. Aura-t-il noté, alors, que je suis rancunière ? Que je ne pardonne pas si facilement les actes abjects qu'il s'est octroyé le droit de commettre envers ma belle ? J'espère férocement qu'il l'a fait, quelque part dans un coin de sa mémoire ; ainsi il aura tout le loisir d'apprécier mon sens du style. Et de l'humour, sans doute.
Je suis uniquement vêtue d'une robe d'un beige si pâle qu'il en serait presque blanc, si ma peau ne contrastait pas davantage. Les plis du tissu s'assemblent en vagues dans un perpétuel mouvement, tombent sur mes hanches dans un élan gracieux et viennent effleurer mes chevilles. C'est une tenue de soirée pour les uns, pour d'autres c'est un chiton venu de contrées orientales, là-bas, derrière les montagnes. Pour moi, c'est un outil de riposte.
J'arbore une bague, aussi, une seule. Elle est placée à mon annulaire gauche. Elle est dorée, incrustée de la plus jolie des pierres. L'œil inexpérimenté aura peut-être l'impression de l'avoir déjà vue à un autre doigt que le mien, mais je sais, moi, qu'elle m'est toute entière destinée et c'est tout ce qui importe.
Le carton disait : Un détail sombre est souhaité. Je n'ai pas oublié cette ligne, non. Pour tout dire, je trouve que j'ai particulièrement le sens du détail ce soir. Outre le noir qui brûle au fond de mes pupilles, j'ai pris grand soin de me doter d'un accessoire des plus excentriques. Si l'on peut, bien sûr, appeler accessoire ce qui vit et respire.
Lorsque je passe les portes de la demeure Blackbirds, vêtue de ma robe claire et de mes cheveux blonds, j'ai un corbeau posé sur mon épaule. Le voilà, Azur, ton détail sombre en question. Tu aimes ? Ne suis-je donc pas dans le thème ?
Qu'il y voie une provocation, une insulte à sa chère et tendre maison qu'il croit tenir dans la paume de sa main ou seulement de l'inconscience ; je m'en moque, pour être franche. Je suis liée aux Blackbirds, à ce jour, qu'il le veuille et le comprenne ou non, que cela plaise ou pas à ses petites machinations. Je suis liée à l'une des Blackbirds et je compte bien me mettre en travers du chemin d'un patriarche qui n'en est plus tellement un.
Il est exactement dix-neuf heures neuf lorsque j'aperçois Leta, perchée en haut des marches de la salle de bal, dominant la foule comme une reine dominerait une arène. Comme une véritable dame qui a conquis son clan et mon cœur, et qui a tous les sceaux aux doigts pour le prouver. Je dois bien dire qu'à cet instant, mon souffle se coupe à demi, et même complètement. Avant de me frayer un chemin vers elle, moi, perdue dans la foule, je ne parviens qu'à la regarder, émerveillée, avec ce même regard que l'on réserve aux miracles quand on n'ose pas encore y croire vraiment.

Image légèrement modifiée avec IA.
belle, romantique, rouge orange
Le Bal des Absents
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2 AOÛT 2051
19 ANS Godric's Hollow — Demeure Blackbirds |
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LE BAL DES ABSENTSImage genérée par une intelligence artificielle
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Saint-Saëns - Danse Macabre (par l'Orcheste de Paris)
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La demeure des Blackbirds se découpe dans la lumière pâle et déclinante. À l’intérieur tout est sobre, maîtrisé, sans être véritablement triste : des échanges à voix basse, des étoffes sombres, des verres qui circulent, mais surtout cette place vide au centre du salon. Cette place qui attire le regard, précisément parce que personne ne la fixe. Le patriarche Blackbirds n’est plus, mais sa demeure semble organisée autour de son absence.
Je franchis les portes, quelques pas derrière mon oncle, dont le martèlement de la canne sur le sol agit comme un métronome pour mes pas. Costume noir, chemise impeccable et gestes mesurés. Je n’ai pas eu le choix de me plier à toutes ces contraintes, la baguette sous la gorge, et je sens déjà le col de ma chemise me serrer la gorge… À un détail prêt… Mes cheveux… Toujours roses. Oncle Darius les a évidemment remarqués. Son regard froid s’est attardé dessus quelques secondes, avant qu’il ne se détourne non sans avoir ajouté :
— Léonidas, vous auriez dû faire un effort.
Je baisse les yeux sur mon costume et relève les sourcils dans une allure provocante.
— J’en ai fait un.
Oncle Darius ferme les yeux pendant une seconde et semble frapper le sol plus fort avec sa canne en avançant. Il n’ajoute rien. Pour ma part, la soirée est déjà légèrement meilleure.
Je demeure près de lui seulement le temps nécessaire pour respecter les convenances. Oncle Darius connaît naturellement une bonne partie des invités, il échange des salutations, quelques mots policés et sans intérêt. Je reconnais certaines personnes croisées enfants, des visages aperçus dans des réceptions où l’on me trainait jusqu’à ce que je sois suffisamment grand pour protester. Je finis même par récupérer un verre sur le plateau d’un Elfe de maison et je sens instantanément le regard de mon oncle et je le lève dans sa direction :
— Le premier.
Il n’a rien dit, mais il a très vite compris le sens de cette énième provocation de ma part. Après tout, j’ai rempli ma part du contrat : je suis venu, à contrecœur, une soirée passée dans le pub le plus miteux de Grande-Bretagne aurait toujours été préférable, mais je suis là, à cette réception sans intérêt. Alors j’ai bien le droit maintenant de faire ce que je sais faire le mieux : être moi-même.
Je m’éloigne avant qu’il ne trouve une réponse adaptée à cette provocation. D’autant que je sais parfaitement comment m’y comporter : quand sourire, quand me taire, comment faire semblant de connaître quelqu’un, comment saluer quelqu’un que l’on déteste... C’est peut-être pour ça que je supporte si mal ce genre de moment, parce que tout ça me rappelle qu’on m’a appris ce genre de chose sans jamais m’expliquer pourquoi.
Mon attention se porte finalement sur l’escalier au moment même où Leta Blackbirds apparaît en haut des marches. Je n’ai pas de peine à la reconnaître, même si on ne s’est jamais fréquentés à Poudlard, je sais quelques informations à son sujet, si ce n’est son nom. Elle appartiendrait à la promotion de Jason et de Priam, si ma mémoire est bonne. Ce qui est sûr c’est qu’ici, tout le monde semble bien la connaître, car les conversations ralentissent et je vois même quelques têtes se tourner. Des regards glissés en direction de sa main et de la chevalière qu’elle porte. Elle est devenue le centre d’une salle qui quelque seconde plus tôt, ne prétendait pas en avoir, éclipsant le siège vide du patriarche dans l’esprit de l’assemblée.
Je l’observe descendre quelques marches par curiosité plus que par intérêt réel. C’est profondément étrange et malsain de voir quelqu’un de mon âge observé par une nuée de vautours, des dizaines d’adultes qui cherchent un sens au moindre de ses gestes.
Les portes s’ouvrent de nouveau et une jeune femme blonde entre dans la salle, vêtue d’une robe presque claire et, sur son épaule, un corbeau vivant la rend difficile à ignorer. Je baisse les yeux vers mon verre et en bois une gorgée pour éviter de pouffer de rire. Visiblement certains ont une interprétation très large de la notion de « détail sombre », et ça me plait. L’arrivée de cette jeune fille semble attirer l’attention de Blackbirds, même s’il peut tout à fait s’agir d’une coïncidence. En tout cas la blonde lève aussi les yeux en direction de l’escalier.
Je finis par détourner le regard et cherche mon oncle du regard, mais je le vois occupé avec quelques hommes, dont je reconnais les visages, mais dont je n’arrive pas à me rappeler les noms. S’il m’a trainé ici pour quelque chose de plus précis qu’un simple exercice de démonstration, il n’a pas jugé bon de m’en avertir.
Je ne sais pas encore ce qui se joue ici, et je ne vais certainement pas le demander. Pour l’instant, je me contente de m’appuyer légèrement contre le dossier d’un fauteuil laissé libre, mon verre à la main, et d’observer.
Après tout, j’ai promis de venir.
Pas de rester sage.
837 mots
Et voici ma modeste contribution pour l'instant comme discuté précédemment. J'espère ne pas avoir créer d'incohérence.
A genius in a foolish disguise - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin - Le Gang des Licornes - Toujours partant pour un RP (cf ici)
Le Bal des Absents
Reducio
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Andrew Willows et Juliette Willows (Lawson)
- Lien avec le PJ : cousin de Sulien et belle soeur de Sulien
- Lien dans le répertoire : juste ici
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? (oui et non selon ce qui se passe)
- Si "oui", impact envisagé : Andrew et Sulien se raconte beaucoup de chose donc s'il se passe quelque chose d'important Sulien le saura (et monsieur peut être vicieux si ça sert ses intérêts) Andrew et Juliette représente leur famille respective à ce bal (Willows pour Andrew et Lawson pour Juliette) et donc y assister permet de redorer leur image après quelques scandales tousse Sulien tousse le père de Dorian tousse
- Si "non", impact envisagé sur l'autre PJ : faire vivre le bal et permettre plus d'interaction avec les autres personnages, faire des petits accords commerciaux/judiciaire de gauche à droite (commémoration n'empêche pas business avec un analyste juridique et une notaire)
Tenues pour le bal :
Reducio
avec leurs bagues de mariés of course

avec leurs bagues de mariés of course
![]() Andrew Willows, 37 ans #151840 |
![]() Juliette Willows, 35 ans #3e6598 |
ANDREW
"Cela m'a l'air trop éclairé pour une demeure en deuil."
J'observe la demeure Blackbirds avec Juliette à mes côtés. Elle n'a pas tort, il y a un peu trop de lumière. Mais il ne me semble pas que le but soit vraiment de pleurer la mort d'un homme ce soir. Ce n'est pas le cas pour moi ou ma belle Juliette. Des mots de condoléances ont déjà été envoyés en mars, nul besoin de faire plus si on ne veut pas paraître opportuniste. Tout se fait dans le détail avec les aristocrates, je pense que mon père me l'a bien fait rentrer dans le crâne.
"Tu estimes déjà le prix de cette demeure peut-être ?", je lui demande avec un léger sourire. Ce n'est pas pour l'acheter, bien sûr, nous avons notre propre demeure. Mais une notaire comme elle ne sort jamais la tête de son travail. Et le fait qu'elle me jette un regard rapide confirme mes dires.
"Nous ne sommes pas là pour faire acte de présence il me semble, sinon nous n'aurions pas laissé Nicholas avec Alys."
Oui, je sais bien. Avoir un enfant dans les pattes quand on essaie de créer des alliances, ce n'est pas pratique, même si Nicholas est le garçon le plus sage du monde. Peut-être que des questions feront surface sur son absence et la réponse est simple : il était bien trop fatigué pour venir. Personne n'oserait remettre en question les besoins d'un enfant de son âge. Puis, ce n'est pas entièrement un mensonge.
"Bien, franchissons ses portes à l'heure avant de passer pour des idiots finis.", elle ajoute en regardant sa montre de poche.
Oh que j'aime sa ponctualité, c'est bien l'un de ses meilleurs atouts. Jamais une minute plus tôt ou tard, toujours à l'heure demandée, et c'est ce qui la rend si belle à mes yeux. D'ailleurs, je ne manque pas de planter un baiser sur sa main, là où son alliance se trouve avant de marcher vers l'entrée. J'aime Juliette plus que tout parce qu'elle est intelligente, rusée, ponctuelle et tellement de choses qui dépassent sa beauté extérieure. Puis, quand on décide de s'allier pour faire du business, les résultats sont toujours satisfaisants. Je jette un dernier regard à son autre bague — les balances sur l'index pour allier justice et pouvoir — avant de revenir à son regard. La plus belle femme du monde me fait un léger sourire pour me dire que son cœur fond et j'ai seulement besoin de ce geste pour me sentir aimé.
Nous franchissons les portes à 19h pile et nos quelques encombrements sont mis de côté. Je reconnais quelques têtes par-ci, par-là, mais la personne intéressante de la soirée n'est pas encore présente avant 19h07. J'observe comme beaucoup Leta Blackbirds descendre les marches et-
"Andrew, sa main.", Juliette me chuchote en m'indiquant les deux bagues présentes sur l'aînée. La chevalière avec le sceau et une bague rouge inconnue. Ce ne sont pas des détails anodins.
"Tu veux te mettre les Blackbirds dans la poche en conseillant l'aînée, peut-être ?", c'est une idée lancée en l'air sans réelle conviction.
"Tu aurais dû venir avec ta chevalière.", oh, je n'aime pas cette idée. Je ne veux pas porter cette chevalière maudite, puis personne ne sait officiellement que je l'ai depuis six ans. J'attends le bon moment pour m'en débarrasser dans les règles de l'art.
"Montrer le pouvoir durant une commémoration ce n'est pas mon style.", assez ironique quand nous sommes là pour étendre notre influence.
583 mots
et voilà pour moi
Couleur : #9a3d1d IT'S PRIDE MY GALS ! - Fumeur pour éloigner la plèbe - Professeur de Divination depuis novembre 2050 inRP - Team tutoiement - Sulienonichou - être de nuisance _ Paige 2026
Le Bal des Absents
PNJs présents : Anastasia Farrow, John Farrow, Freya Farrow
Je ne voulais pas venir. J'avais dit que je ne viendrai plus à ces événements qui me rebutent et me donnent l'impression d'être un bijou qu'on expose pour la parade, les convenances, pour renvoyer l'image que tout va bien ; je m'étais promis de m'extraire à tout cela, de prendre mon indépendance et d'exister enfin par moi-même, loin de ce monde bourgeois qui ne me ressemble pas et dont je ne veux plus. Je m'étais accrochée à cette promesse ! J'en avais fait mon étendard. J'y croyais ! Je la voulais ! Je n'avais plus qu'elle. Et puis ma mère est arrivée à Draíocht, ma mère qui n'est jamais venue me voir au Jardin ni n'a visité ma chambre depuis mon déménagement, ma mère s'est déplacée, sans envoyer un seul hibou, pour me retrouver et me parler. Anastasia Farrow à la sortie de mon lieu de travail, dans une tenue de sorcière simple, à observer une vitrine en attendant mon apparition. J'ai cru rêver, défaillir, couler dans ma propre horreur.
Elle n'a même pas exigé, elle m'a souri et elle a demandé, m'a dit que je n'étais pas obligée, que je pouvais refuser, me reposer,
qu'elle savait pour Ecco.
Elle s'est montrée si douce, la Secrétaire, si compréhensive ; elle n'a pas souhaité rentrer dans ma chambre ou que je lui présente Mr. McClure, mais elle a essuyé les quelques larmes qui ont roulé sur ma joue, avec une tendresse dont elle n'avait plus fait preuve depuis longtemps. Alors, quand elle a évoqué le sujet des Blackbirds, de ce bal auquel nous étions tous conviés, quand elle m'a demandé si je pouvais venir...
Elle a dit
« Ils sont en deuil comme toi, tu sais »,
m'a acheté par ma détresse, m'a prise par les sentiments,
« leur aînée, Leta, a presque ton âge, elle a besoin de soutien, tu comprends Alyona, tu sais ce que sait »,
son prénom a frémi sur ma peau comme un botruc qui se penche sur une branche
« tu sais Alyona, tu sais ».
Et j'aurais pu refuser ?
La promesse que je me suis faite a fondu entre mes doigts. Rompue une nouvelle fois pour ma mère. Elle me façonne toujours selon son bon vouloir. Je me pense libre mais je ne le suis pas. Elle pose sa main sur ma joue et j'abandonne tout, et je me déteste d'agir ainsi, de me plier pour elle.
C'est de cette façon que je me suis retrouvée à Godric's Hollow ce matin, enroulée dans mon deuil et ma fragilité, pour me revêtir de vert et de noir, d'une longue robe ouverte sur mon dos dans laquelle je ne me sens même pas à l'aise. Je ne sais plus si j'ai parlé, je n'avais pas le cœur à cela, je n'avais le cœur à rien. Ecco est parti il y a moins d'une semaine, et moi je suis là, pour un bal. Quel est le sens de tout cela ? J'aurais préféré me glisser dans l'IMSM pour rejoindre Ivanovna.
Nous sommes évidemment arrivés à l'heure, ma mère, mon père, ma grand-mère paternelle et moi, nouvellement Sang-Pur et accueillis comme il se doit. J'ai cherché Leta des yeux sans l'apercevoir, alors j'ai gardé le visage baissé, je suis restée sagement derrière les miens sans prononcer un mot, sauf si l'on m'adressait la parole. Sobre, reculée. Malheureuse, aussi. Mais maladroitement et brusquement souriante si par hasard on posait les yeux sur moi.
Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Bientôt je n'y retournerai plus, je pourrais m'en aller loin, dans ces territoires reculés d'Irlande, et je ne leur devrai plus rien. Une soirée et c'est tout.
Insensible à ce qui se joue autour de moi, je ne comprends pas les regards de ma mère, ses sourcils qui se haussent légèrement quand Leta apparaît, et les conversations qui se suspendent. Je ne pense qu'à moi, et tout ce que je vois dans l'aînée des Blackbirds, c'est une force, une posture et un accomplissement que je n'ai pas, qui m'éblouit et m'éclate au visage pour me ramener à ma propre déchéance, à mes échecs. Mes yeux s'arrondissent puis se baissent.
Si je pouvais être loin, très loin...
Un bal, une soirée, et après, je disparais.
(Je cherche à me retrouver dans mes ruines.)
œuvre de Donna Young (modifiée) ![]() la fille |
œuvre de Donna Young ![]() la mère |
artiste introuvable ![]() le père |
Portrait of Margaret Stuart-Wortley, de Gerald Kelly ![]() la grand-mère |
2 AOÛT 2051, SOIR,
DEMEURE BLACKBIRDS, GODRIC'S HOLLOW
Alyona, 21 ans,
DEMEURE BLACKBIRDS, GODRIC'S HOLLOW
Alyona, 21 ans,
Je ne voulais pas venir. J'avais dit que je ne viendrai plus à ces événements qui me rebutent et me donnent l'impression d'être un bijou qu'on expose pour la parade, les convenances, pour renvoyer l'image que tout va bien ; je m'étais promis de m'extraire à tout cela, de prendre mon indépendance et d'exister enfin par moi-même, loin de ce monde bourgeois qui ne me ressemble pas et dont je ne veux plus. Je m'étais accrochée à cette promesse ! J'en avais fait mon étendard. J'y croyais ! Je la voulais ! Je n'avais plus qu'elle. Et puis ma mère est arrivée à Draíocht, ma mère qui n'est jamais venue me voir au Jardin ni n'a visité ma chambre depuis mon déménagement, ma mère s'est déplacée, sans envoyer un seul hibou, pour me retrouver et me parler. Anastasia Farrow à la sortie de mon lieu de travail, dans une tenue de sorcière simple, à observer une vitrine en attendant mon apparition. J'ai cru rêver, défaillir, couler dans ma propre horreur.
Elle n'a même pas exigé, elle m'a souri et elle a demandé, m'a dit que je n'étais pas obligée, que je pouvais refuser, me reposer,
qu'elle savait pour Ecco.
Elle s'est montrée si douce, la Secrétaire, si compréhensive ; elle n'a pas souhaité rentrer dans ma chambre ou que je lui présente Mr. McClure, mais elle a essuyé les quelques larmes qui ont roulé sur ma joue, avec une tendresse dont elle n'avait plus fait preuve depuis longtemps. Alors, quand elle a évoqué le sujet des Blackbirds, de ce bal auquel nous étions tous conviés, quand elle m'a demandé si je pouvais venir...
Elle a dit
« Ils sont en deuil comme toi, tu sais »,
m'a acheté par ma détresse, m'a prise par les sentiments,
« leur aînée, Leta, a presque ton âge, elle a besoin de soutien, tu comprends Alyona, tu sais ce que sait »,
son prénom a frémi sur ma peau comme un botruc qui se penche sur une branche
« tu sais Alyona, tu sais ».
Et j'aurais pu refuser ?
La promesse que je me suis faite a fondu entre mes doigts. Rompue une nouvelle fois pour ma mère. Elle me façonne toujours selon son bon vouloir. Je me pense libre mais je ne le suis pas. Elle pose sa main sur ma joue et j'abandonne tout, et je me déteste d'agir ainsi, de me plier pour elle.
C'est de cette façon que je me suis retrouvée à Godric's Hollow ce matin, enroulée dans mon deuil et ma fragilité, pour me revêtir de vert et de noir, d'une longue robe ouverte sur mon dos dans laquelle je ne me sens même pas à l'aise. Je ne sais plus si j'ai parlé, je n'avais pas le cœur à cela, je n'avais le cœur à rien. Ecco est parti il y a moins d'une semaine, et moi je suis là, pour un bal. Quel est le sens de tout cela ? J'aurais préféré me glisser dans l'IMSM pour rejoindre Ivanovna.
Nous sommes évidemment arrivés à l'heure, ma mère, mon père, ma grand-mère paternelle et moi, nouvellement Sang-Pur et accueillis comme il se doit. J'ai cherché Leta des yeux sans l'apercevoir, alors j'ai gardé le visage baissé, je suis restée sagement derrière les miens sans prononcer un mot, sauf si l'on m'adressait la parole. Sobre, reculée. Malheureuse, aussi. Mais maladroitement et brusquement souriante si par hasard on posait les yeux sur moi.
Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Bientôt je n'y retournerai plus, je pourrais m'en aller loin, dans ces territoires reculés d'Irlande, et je ne leur devrai plus rien. Une soirée et c'est tout.
Insensible à ce qui se joue autour de moi, je ne comprends pas les regards de ma mère, ses sourcils qui se haussent légèrement quand Leta apparaît, et les conversations qui se suspendent. Je ne pense qu'à moi, et tout ce que je vois dans l'aînée des Blackbirds, c'est une force, une posture et un accomplissement que je n'ai pas, qui m'éblouit et m'éclate au visage pour me ramener à ma propre déchéance, à mes échecs. Mes yeux s'arrondissent puis se baissent.
Si je pouvais être loin, très loin...
Un bal, une soirée, et après, je disparais.
(Je cherche à me retrouver dans mes ruines.)
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Le Bal des Absents
mercredi 02 août 2051
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________________Kenji_____________Miya (robe noire)__________Yuuto_______________Hana____________________
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MIYA
« Père et Mère seront furieux si tu ne viens pas. » Les mots que Kenji a apposés sur le papier de la lettre qui est arrivée chez moi la semaine derrière m'ont tirée de la léthargie complète dans laquelle je me suis enfoncée depuis juillet. Voire juin. Juin. Quand toute ma vie a dérapé, quand je me suis rendu compte que j'avais perdu le contrôle de ce qui ressemblait encore à un fleuve plus ou moins tranquille. Mais non. Il a fallu que je foute tout en l'air.
Je serre les dents et jette un regard mauvais à la robe que je me suis forcée à enfiler.
Noire, de la couleur de la plus sombre des nuits, elle remonte sur tout mon buste et se noue derrière mon cou. J'aime le dos, un joli dénudé qui met en avant mes tatouages. Mes épaules sont aussi nues, mettant en valeur la fleur qu'Alden a dessinée sur mon épaule. Mère va hurler en voyant ça, il était pourtant stipulé de porter une touche sombre et je n'avais aucune envie de mettre la robe que j'avais au bal du Nouvel An — trop de souvenirs — alors j'ai simplement pris une robe offerte par Eowyn il y a des années, une robe qui n'a jamais servie. Noire. Longue. Confortable. Et suffisamment provocante pour faire enrager Mère. Je ne demande rien de plus.
Je suis maquillée, plus que d'habitude — pour l'occasion j'ai fait un effort, comme ordonné par le petit chef d'orchestre qu'est mon frère et qui s'occupe de me sauver des foudres de nos parents — mais pas à outrance. Juste assez pour rehausser mes traits, les rendre mieux dessinés. Voilà qui je l'espère, satisfera le monstre inhumain qui me sert de génitrice. Si ça ne lui plait pas, elle pourra toujours se rabattre sur mon choix de chaussures. Des escarpins noirs, classiques mais élégants. Mes cheveux, retenus en un chignon complexe que j'ai réussi à élaborer difficilement, sont d'une tristesse à en pleurer. Je n'aime pas devoir les attacher, je les préfère détachés, libres.
Je suis belle, je le sais. Je suis toujours belle. Simplement, ce soir, je suis d'une beauté que je ne possède pas, une beauté qui ne m'appartient pas. Cette robe, ce maquillage, ces chaussures. Ce n'est pas moi. C'est quelqu'un d'autre. Ce n'est pas juste Miya, c'est Miya Ryuū première de son nom, héritière de la noble famille Ryuū, première de sa lignée à être reconnue comme sang-pur.
J'aime pas cette Miya. Son existence même va à l'encontre de celle de Lloyd, et je n'aime pas ça. Lloyd. Je serre les dents. Je dois pas penser à lui. Je dois penser à rien si ce n'est le défi qu'il m'a imposé, les conditions qu'il me force à accepter, parce qu'un monde sans lui n'aurait aucun sens.
Quatre jours. Je suis sobre depuis quatre jours et, shootée au filtre calmant, je ne suis pas sûre de ressentir quoi que ce soit. Ma propre peau m'est étrangère, je me sens comme flotter. Est-ce que je peux survivre à cette soirée ? Non. Est-ce que je suis capable d'affronter une foule d'inconnus, de donner le change plusieurs heures, de cacher la folie qui se dissimule en moi ? Non. Sauf que je n'ai pas le choix. Je dois me reprendre, je dois rester tranquille, je dois paraitre en forme. Je dois...je dois aller bien. Parce que tout va bien. Il n'en est pas possible autrement. Tout va bien. Il n'y a rien qui cloche, je vais bien, je suis parfaitement bien. Être sobre ne veut pas dire que je suis malade. C'est pas parce que je décide d'arrêter de boire que je vais mal. Non, ça n'a rien à voir.
HANA
Elle se redresse, ajuste sa robe, jette un regard dédaigneux aux fenêtres desquelles transperce le bruit et l'agitation de la nuit. Bien. La voilà fin prête, suffisamment parée pour se sentir forte, pour sortir affronter cette société qui voudrait faire d'elle le monstre qu'elle n'est pas. Le monstre que sa fille se persuade qu'elle est. Elle pince les lèvres, a une moue de dégoût en songeant à sa première-née. Son plus grand échec. Décidera-t-elle, un jour, à faire ce qui est attendu d'elle ?
Hana en doute.
Sa fille n'est pas comme elle.
Sa ville n'est pas comme Yuuto.
Sa fille n'est ni une Ryuū, ni une Van Hagen. Elle n'est ni une femme de politique, ni une femme de la médecine, ni une femme du droit, ni une femme du commerce. Sa fille n'est qu'un échec.
MIYA
J'attends Père et Mère devant la maison. Kenji apparait au moment où ils sortent, vêtus pour la soirée. Je grimace intérieurement devant la tenue de Mère trop belle, trop parfaite, trop... trop tout. Il n'y a pas de mots adaptés pour décrire ce que je ressens en la voyant avancer, si élégante dans sa robe de velours sombre, avec ses longs cheveux noirs retenus en un chignon parfait, et ses épaules dénudées, et sa peau claire parfaite, et sa taille de guêpe. Elle est parfaite, ainsi qu'elle l'a toujours été depuis ma naissance. Je me demande même si le jour de l'accouchement elle a pu paraitre échevelée, mais j'en doute vivement. J'imagine qu'elle était parfaite.
Parfaite comme ce soir, avec ses bijoux, sa bague de mariage, son riche peigne, ses riches habits, ses chaussures de luxe. Elle transpire l'argent à un point qui me fait détourner le regard. Je suis nerveuse. Je veux fumer. Je n'ai pas pris mes cigarettes, pas pour une soirée mondaine, jamais.
Ils nous rejoignent en silence, nous saluent d'un bref signe de tête. Puis, toujours sans dire un mot car Yuuto ne supporte pas ceux qui parlent pour rien dire, nous nous mettons en route.
Et je serre les dents. Tout le trajet, je serre les dents, je me prépare à recevoir le commentaire qui me blessera, je m'apprête à entendre une remarque acide sur ma tenue, ma coiffure, ou l'une de mes parures. Mais rien ne vient. Nous avançons en silence jusqu'à la demeure Blackbirds. Ils ne sont pas bien loin, les Blackbirds, mais le trajet est suffisamment long pour que je m'angoisse et que je doive résister à l'envie de me ronger les cuticules. Il faut que je me débarrasse de ce tic.
Il est dix-neuf heure passé lorsque nous pénétrons dans le hall, et je sais déjà que Père et Mère ne sont pas satisfaits d'arriver après l'heure exacte. Un coup d'oeil dans leur direction m'indique qu'ils sont tous les deux d'humeur exécrable. Suffisamment pour faire des saloperies ce soir.
Nerveuse, j'accroche mon regard à un couple qui observe l'ainée Blackbirds.
« Pauvre enfant, je murmure à Kenji. Si jeune et déjà la cible de tant de regards. »
1125 mots
@Sulien Willows pour la mention d'Andrew et Juliette
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Le Bal des Absents
Le 2 aout 2051 - soirée
Demeure Blackbirds, Godric's Hollow
Demeure Blackbirds, Godric's Hollow

Un Patriarche du Conseil était mort.
Ce n’était pas une information nouvelle pour les plus anciens qui l’accompagnaient, mais elle l’était pour Morgan. Ou l’était-ce réellement ? La galloise avait appris, bien des années auparavant, à filtrer avec une efficacité remarquable les informations des conversations et dîners familiaux. Une décennie d’exil n’avait manifestement pas suffi à lui faire perdre cette compétence.
Rémotto Blackbirds était mort et, dans l’absolu, elle n’en avait que faire.
La mort constituait une finalité suffisamment commune pour qu’elle ne s’émeuve pas de celle d’un homme qu’elle n’avait pour ainsi dire jamais connu. Elle avait ses propres tombes à fleurir pour certaines, à regarder pourrir pour d’autres, et suffisamment de fantômes à elle pour ne pas s’encombrer de ceux des autres.
Mais loin était sa simple vie d’exil, et son ridicule statut d’héritière l’obligeait à accorder de l’importance à ce genre de nouvelles, ne serait-ce que parce qu’elle participait elle-même au sinistre jeu de chaises musicales qui se jouait sous les ors du Conseil. Lorsqu’une tête tombait, une autre finissait invariablement par prendre sa place. Et dans sa propre lignée, quelque part derrière la Matriarche, attendait désormais la sienne. Une perspective qu’elle s’efforçait généralement de ne pas contempler trop longtemps, quand bien même elle en portait le poids sur l'un de ses doigts.
À l’obligation de savoir s’ajoutait surtout celle de paraître. Et là où apparaissaient la Matriarche et son Ombre, l’Insolente suivait. Pas docilement - il ne fallait tout de même pas exagérer - mais suffisamment pour satisfaire aux exigences du sang, du nom et de cette notion particulièrement envahissante que la famille appelait le devoir.
Elle ignorait quelles relations Garwen et Ludwig avaient entretenues avec le défunt Patriarche Blackbirds. Des alliés, des adversaires, probablement un peu des deux selon les années et les intérêts ; tous appartenaient après tout à cette étrange espèce capable de se sourire autour d’une coupe avant de déplacer leurs pions respectifs sitôt les portes refermées. Quant à Elain, elle en savait encore moins. Morgan ne l’avait pas revue depuis…
Inutile de ressasser les désastres. Cela pourrait finir par te porter malheur ce soir.
Un soupir discret lui échappa avant qu’elle ne ramène son attention sur le présent. Une réception. Un mort. Ses grands-parents quelques pas devant elle, à cette distance curieuse où ils demeuraient à la fois proches et parfaitement inaccessibles. Une inclinaison de tête d’Azur Blackbirds. Quelques paroles de circonstance, poliment entendues et presque aussitôt oubliées.
Puis l’apparition d’une Dame de bleu. Une entrée suffisamment remarquée pour avoir, selon toute vraisemblance, été pensée pour l’être. Cette fois, Morgan avait retenu son soupir, préférant observer ceux qui observaient. Les regards qui s’attardaient, ceux qui questionnaient, jugeaient et tout autre verbe qui convenaient dans cette situation.
Tout cela sentait la politique et les morbides histoires de famille. Deux odeurs qu’elle trouvait décidément plus désagréables encore que la crasse humide des marécages gallois ou celle, autrement plus familière, de l’Allée des Embrumes.
Au moins, Morgan n’était pas seule. Ce qui, en soi, ne changeait guère de ses habitudes. Il était devenu presque traditionnel qu’elle se présente à ce genre d’événements avec son Alegrio au bras, bouclier d’allégresse soigneusement choisi contre les sourires de façade et les conversations interminables.
Seulement, ce soir, son Alegrio n’était pas là.
Pour la première fois, l’Insolente était de sortie officielle avec son Impossible.
Les PNJ accompagnateurs
Reducio
Garwen Rosenwald #a80000 - grand mère paternelle - Matriarche du Conseil (05/2051 - actuel), Secrétaire d'Etat à l'Innovation magique (11/2049 - 05/2051), Etudiante Magic'Po (1992-1994), Etudiante en recherche et innovation (1990-1992), épouse de Ludwig Rosenwald, ancienne Serdaigle.
Ludwig Rosenwald #385766 - grand père paternel - président de la Fédération Britannique de Duel (01/2049 - actuel), Propriétaire des Loges d'Hécate (11/2048 - actuel), Professeur de métamorphoses en duel (2020 - 2048), professeur d'art du duel (2009 - 2020), Duelliste, Etudiant de la GEAD et vainqueur du Tournoi d'Excellence de 1994, époux de Garwen Rosenwald, ancien Serpentard.
Elain Thorne #776118 - grand mère maternelle - Secrétaire d'Etat de l'Artisanat magique (09/2050 - actuel), Employée dans le secrétariat de l'Artisanat magique (01/2050 - 09/2050), Propriétaire des Ecuries Erwood à Mochdinam (actuel), épouse du Pr Thorne, professeur de Magie noire théorique à l'AESM (actuel), ancienne Poufsouffle.
@Alice Sangblanc
Mention de @Cinaed Wallace, aussi nommé Alegrio (aka gilet-par-balle à la retraite)
Mention de @Cinaed Wallace, aussi nommé Alegrio (aka gilet-par-balle à la retraite)
Professeure hRP de DcFM. Présente inRP à Poudlard le mardi après-midi et le samedi matin. Coucou Rapeltout
Vava-InkTober 2026 #BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
Vava-InkTober 2026 #BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
Le Bal des Absents
PNJ : Aurelius Joyner | Rhys Joyner | Edward Joyner
Avant l'entrée chez les Blackbirds
Elle avait enfilé la robe qu'Aurelius lui avait fait parvenir la veille. Elle était d'un rose si pâle qu'on aurait pu croire qu'elle déviait vers le blanc. Étrange comme choix pour un tel évènement, mais qu'avait-elle à dire sur ce choix ? Rien. Car contrairement aux fois où Lylas tentait de la relooker pour le plaisir, cette fois, il s'agissait d'une chose qu'elle ne pouvait contrôler.
Munie simplement de sa baguette et de la tenue, elle s'était rendue au point de rendez-vous donné dans la lettre qui avait accompagné la robe. Arrivée à l'heure indiquée, elle avait attendu qu'il vienne la récupérer. Malgré le carton d'invitation qu'elle avait reçu, elle ne comptait pas s'y rendre de soi-même. Ce n'était pas ce qu'il attendait d'elle, n'est-ce pas ?
- Eh, ramène-toi, l'héla au loin une voix qu'elle avait déjà entendue par le passé.
Son regard tomba sur Edward, le plus jeune de ses cousins. Sa simple vue l'avait bloqué un instant, le temps qu'elle réalise qu'elle n'était plus la fillette qu'il avait terrorisée derrière la cabane du garde-chasse. Il portait toujours les mêmes lunettes qu'à l'époque et ses yeux noirs n'avaient pas gagné une seule once de chaleur. Aux côtés de ce dernier se tenaient Aurelius et un autre homme qui lui adressa un léger sourire.
- Allons, Edward, ne commençons pas, le reprit Aurelius dans un rictus. Bonsoir, Émeline. La robe te va à ravir...Hm, tu n'as pas mis le collier qui devait aller avec ?
Émeline avait sans le vouloir oublié de porter le bijou qui était dans la boite. La perle noire en son centre devait sûrement être la touche qui devait répondre à la demande inscrite sur le carton d'invitation. Maintenant qu'elle faisait attention aux tenues de chacun, elles avaient toute la présence de cette couleur si inexistante sur sa robe.
- Quelle plaie. On fait quoi maintenant ? Les invités vont le remarquer. Avoue que t'as fait exprès ! Sale petite-
- Edward.
Il n'avait pas crié. Hausser la voix était pour ceux qui ne possédaient pas le pouvoir. Lui, il n'en avait pas besoin pour que son petit frère l'écoute au doigt et à l'œil. Edward s'était tu en croisant ses bras, maugréant dans sa barbe inexistante ce qu'il pensait de tout ça.
- J'ai une idée, intervint l'homme au sourire avenant.
Émeline et les autres l'observèrent s'enquérir d'une rose dans un rosier qui dépassait légèrement dans la rue. Il revint vers eux après avoir lancé un Colovaria sur la rose pour la teinter d'un noir profond.
- Tu permets ? demanda-t-il à Émeline en montrant la fleur.
Elle ne bougea pas, lui laissant l'occasion de placer la rose noire dans ses cheveux attachés.
- Problème réglé ! Bien, on devrait y aller si vous ne souhaitez pas qu'on se fasse remarquer comme les retardataires, dit-il sur un ton léger en empruntant l'allée.
Edward se mit à le suivre sans même prendre la peine de voir si le reste du groupe venait. Elle resta un moment pantoise, son regard braqué sur le dos de l'inconnu.
- Qui c'est ?
Ses premiers mots de la soirée lui furent dédiés.
- Il s'agit de Rhys, mon autre frère, l'informa Aurelius en passant son bras autour du sien pour la tirer à leur suite.
✦
Merlin savait-il, lui, pourquoi elle avait dû se présenter là ? Elle-même doutait de la réponse. Des plans, dont elle n'avait pas les aboutissants, s'orchestraient dans l'esprit d'Aurelius. Pour l'instant, elle n'était qu'un pion sur l'échiquier de son cousin. Une marionnette qu'il comptait bien user pour atteindre ses objectifs.
Émeline n'était pas en position de force. La corde invisible, qui entourait son cou, l'avait tiré jusque dans ce prestigieux salon au bras de son marionnettiste. Elle suivait le mouvement, ne semblant pas se rendre compte d'où elle se trouvait. Le moment lui paraissait hors du temps. Une bulle factice qui lui permettait de ne pas faillir.
Quelques visages lui semblaient familiers. Des visages qu'elle avait croisés à Poudlard. Ruby, une ancienne Gryffondor, était dans un coin tel un ange dans sa robe d'un blanc effronté. Sur l'épaule de la jeune femme, elle y trouva un corbeau qui lorgnait les autres convives. Quelle étrange façon de répondre à la condition, mais si ingénieuse à la fois.
Elle n'écoutait pas vraiment les discussions qui l'entouraient. À vrai dire, elle préférait faire abstraction du bruit, se coupant comme elle pouvait du monde. Pourtant, le fond sonore diminua soudainement, comme si un évènement s'était produit.
- Elle est là, l'entendit-elle lui murmurer.
Son visage se releva et suivit la direction où convergeaient tous les regards. Leta Blackbirds se montrait enfin. Émeline n'était pas tout à fait au courant de toutes les histoires qui entouraient cette famille – ou tout simplement celle des grandes familles de sorciers – mais elle avait reconnu le nom du défunt qui était le même que son aînée.
Émeline ne la connaissait pas personnellement. Il s'agissait, pour elle, d'une fille qui avait gravité dans son univers sans qu'elles ne se croisent.
Ce soir, celle qui n'avait été qu'une ombre parmi tant d'autres, lui apparaissait telle une reine prête à se faire couronner.
855 mots
@Ruby Everheart - @Lylas Mistérya - @Leta Blackbirds pour les mentions
Merci pour cette opportunité RP
Dernière modification par Émeline Joyner le 2 oct. 2026, 05:28, modifié 1 fois.
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051-- merci à Sage pour le vava 
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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Le Bal des Absents

Grands Astres, il n’y avait bien que Morgan pour utiliser une commémoration funèbre pour annoncer officiellement ses fiançailles.
C’est osé. C’est morbide. C’est tout à fait la femme qui se repaissait goulûment du cœur de Thomas.
L’héritier de la glorieuse et ancienne famille Sangblanc n’aimait que peu ces rassemblements. Il préférait les caves exiguës, mais non dépourvues de classe, aux grandes réceptions. Les âmes dévorées par le pouvoir, les jeunes jetées en pâture à la politique et autres pantins tirés à quatre épingles par des matrones conquérantes ennuyait Thomas. Peut-être était ce pour cette simple raison qu’il s’assurait toujours d’être occupé ou dans un autre pays pour ne pas avoir à se mélanger à ces idiots.
Son bras proposé à sa belle Morgan, Thomas passa ses doigts blancs dans ses cheveux tout aussi blanc. Coupés courts, mais pas trop, pour ne jamais perdre les belles ondulations qu’il avait hérité de Grand-Mère Elisabeth. Une bête idée de “changement” pour la rentrée. Comme si il n’y en avait pas eu assez dans sa vie.
Une femme à son bras qui serait bientôt la sienne.
Une vieille chouette acariâtre qu’il appellerait bientôt “grand-maman” juste pour le plaisir de voir son vilain visage se froisser, marchant à quelques pas devant lui.
Le monde de Thomas avait basculé dans un océan de stabilité. Étonnement, cela lui plaisait. Après s’être laissé dérivés sur des eaux agités, portée par le courant nommé Famille, voilà qu’il aimait vivre au cœur de la tempête qu’il aimait présenter comme sa future épouse.
Dans un claquement de langue, Thomas abandonna l’idée de retrouver la familiarité de ses boucles de jadis.
« C’est trop court », marmonna t-il à voix basse. Il se pencha sur le côté pour que seule sa Morgan l’entende. « Peut-être que l’âme du défunt me trouvera un charme fou. Crois-tu que nous aurons l’occasion de recevoir ses spectrales félicitations ou devrons nous nous contenter des mots des vivants ? »
PNJ Joker : Thomas Sangblanc, frère d'Alice
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050








