L'insolence de ton regard
TW : crise d'angoisse
Quitte à pleurer, elle aurait préféré que ça arrive en plein dans le bureau du psychomage. Dans la salle de bain des préfets. Au fond de son lit, au milieu de la nuit. Mais pas là. Pas en plein labo durant une session. Et surtout...pas devant ce satané Blackburn.
Elle étouffait sous la colère qu'il venait de rallumer. Elle montait, jusqu'à venir pourrir ses poumons. Son avancée pour lui faire perdre le contrôle se mélangeait avec la peur qui était remontée. Émeline voulait paraître forte, incapable de craquer. Comme ce jour où elle s'était élancée pour rattraper Dorian malgré son état, elle devait prendre sur elle, même si elle n'y arrivait plus. S'interdire de montrer ses faiblesses, c'était la seule façon qu'elle avait trouvé depuis que son monde s'était écroulé. Tout reposait sur ses nerfs déjà étiolés. Il ne restait qu'eux pour la retenir. Elle essayait de les garder, de recoller les morceaux qui s'échappaient entre ses doigts. Mais ils ne faisaient que s'effriter, elle le savait.
Pleure pas. Putain ne pleure pas. T'as assez pleuré. T'as trop pleuré. Trop donné. T'as pas le droit de craquer là.
L'air n'arrivait pas à faire le chemin habituel. Il se perdait, n'arrivant jamais à la destination attendue. Un poids invisible l'écrasait, l'empêchant de calmer sa respiration. Sa mâchoire s'était resserrée jusqu'à en avoir mal. Les rares perles salées qui s'échappèrent de ses yeux furent rattrapées par sa manche. Effacer les traces de sa faiblesse avant tout. Avant même de retrouver son souffle. Elle pouvait bien s'étouffer là, tant que ses larmes finissaient par se tarir.
Pas besoin de le regarder pour savoir qu'il s'était déplacé pour se rapprocher d'elle. Il avait besoin de venir voir de plus près à quel point elle était minable ? Bah oui. Fallait bien lui faire payer son impertinence. Joyner ne peut pas lancer des pics sans qu'elle ne paye. Joyner ne peut pas juste s'engueuler comme les autres ados sans en être dévoré par son angoisse. Évidemment qu'elle en était incapable. Sa peur ne l'avait jamais quitté. Elle s'était logée au fond d'elle, dans un endroit qu'elle n'arrivait pas à atteindre. Mais il avait suffi qu'il touche sa cicatrice pour tout faire ressortir. La crainte, l'injustice, la rage...Tout ce qui avait marqué son être ce soir-là.
Orion n'avait aucune idée de ce qu'il avait provoqué. Elle devait paraître folle, à s'emporter pour un simple toucher et des banales paroles venimeuses. Peut-être qu'elle l'était. Folle de croire qu'elle arriverait à se défaire de ces souvenirs. Folle de penser qu'elle arriverait à avancer sans l'aide de ceux qu'elle aimait.
Elle entendit à peine ses paroles qui ressemblaient à une forme de réconfort. Cela aurait pu l'aider, s'il n'avait pas posé sa main sur son épaule. L'écouter, c'était trop demander ? Il ne comprenait pas que ces gestes n'avaient rien de rassurant. Ils étaient, au contraire, aussi impactant que ce jour-là. La chaleur de sa paume lui apparut comme du feudeymon qui se propagea le long de sa clavicule. Une brûlure qu'elle ne souhaitait ne plus jamais ressentir.
Elle repoussa une nouvelle fois sa main, le corps arqué et prêt à se défendre. Les yeux flamboyants et humides, elle le regarda enfin, sa baguette qu'elle avait sortie par reflexe et pointée sur lui.
- C-Cicatrice de rien d-du tout ?
Sa voix était tremblotante. Écrasée par son besoin de retrouver son calme et l'aigreur provoquée par les derniers mots d'Orion.
- T'en p-parles comme...comme si t'y étais. Mais il y avait que moi. T'entends ? Il n'y avait que moi, cracha-t-elle, amère.
Elle tenait toujours son bras tendu, la pointe de sa baguette dirigée dans sa direction. Il n'y avait pas que sa voix qui tremblait. Sa prise autour du bois était moite, incertaine. Émeline voulait juste qu'il garde ses distances. Qu'il l'écoute sans prendre l'ascendant.
- Pourquoi...Pourquoi vous me regardez tous comme lui ? Je vous ai fait quoi, moi ? J'ai fait quoi à part être là ? Hein ? Vas-y. Dis-moi, toi, dis-moi pourquoi je vous dégoûte autant ?!
Traitresses de larmes. Elles coulaient de nouveau, profitant de tous ces mots qu'elle sortait. Le poids de sa poitrine s'était transformé en une pointe qui venait trifouiller son cœur. Elle le tranperçait. Il avait beau être déjà ruiné, elle continuait à jouer avec. Jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien.
L'énergie de la rage lui était montée à la tête. Elle avait rajouté un voile sur ses yeux, qui ne quittaient plus Orion. Elle ne réalisait pas que tout son corps oscillait, ébranlé par ce trop-plein qu'elle ne réussissait plus à gérer.
- Pourquoi Orion ? Tu le sais, toi ?
Elle avait soufflé cette dernière phrase, se rendant à peine compte qu'elle avait employé son prénom sans une once de haine ou de moquerie. Perdant peu à peu ses forces à cause de la peine qui l'étreignait si fort qu'elle en oubliait la raison de toute cette dispute. À quoi bon le menacer de sa baguette, alors qu'elle se savait incapable de lui lancer un sort ? À quoi bon lui poser ces questions, alors qu'il allait juste la rembarrer aussi sec ?
Émeline ne voulait plus être ici. Disparaître après lui avoir supprimé de sa mémoire ce craquage. Et qu'elle s'en aille loin. Très loin.
885 mots
@Orion Blackburn -
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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L'insolence de ton regard
Il avait envie de se tirer. S'en aller. Loin. Du labo. De la salle de cours. Loin d'elle. Aussi loin que possible pour ne pas continuer à voir son corps se pétrifier sous ses doigts. Pour ne plus sentir sa peur traverser chacun de ses muscles qui venait électrocuter sa chair. Pour éteindre le sentiment inconfortable qui lui criait qu'il ne pouvait pas la laisser là, juste comme ça. Mais la tension de sa peau était comme un aimant qui l'ancrait sur place. Incapable de bouger, d'Orion ne demeurait que son silence et son regard. Immobile, rivé sur elle, il attendait. Que le volcan explose ou qu'elle implose ? Qu'elle s'attaque à lui ou qu'elle s'effondre ? Il n'en avait aucune foutue idée. Sa pénitence, sûrement. Pour avoir été trop loin. Pour l'avoir poussée dans des retranchements qu'il avait toujours souhaité effleurer afin de pouvoir mieux la décimer. Oh, il voulait s'en délecter ; de sa panique, de sa rage, de sa peine. Continuer à la déchiffrer et comprendre ce qui l'avait permis d'atteindre ce graal. Mais il n'y arrivait pas. Pas quand elle était si... Pas quand elle était comme ça, et qu'il n'en comprenait pas la cause.
Il ne bougeait pas, mais Joyner décida d'elle-même qu'il devait se tirer. Elle le repoussa d'un geste sec, les yeux teints d'un voile de rage. Orion aurait dû la remercier, elle qui venait de le libérer de la transe qui avait capturé son esprit pour l'obliger à rester. Mais là encore, il semblait perdu. Orion Blackburn, perdre sa langue ? On aura tout vu. Pourtant, il ne savait juste plus où se mettre, même si le geste de défense d'Émeline le fit reculer de quelques pas. Il ne se serait pas senti en danger, si elle n'avait pas sorti la baguette, mais quand elle pointa son catalyseur sur lui, il n'eut d'autre choix que de lever les mains en l'air. Les yeux écarquillés, Orion l'observait, incapable de dire quoi que ce soit ; il attendait qu'un sortilège le frappe, sûrement. Ainsi, ce serait le volcan. Elle exploserait, et ce serait à son tour d'imploser sous sa violence. Elle l'attaquerait, et il se devrait de s'effondrer sous le coup.
Mais rien ne vint.
La seule chose qui persistait furent les larmes dans les yeux de Joyner. Brillantes, révoltées, instables. Mais qu'est-ce qu'elle veut ? La question persistait. Pourquoi avait-elle voulu engendrer un tel cataclysme ? La douleur la tordait dans tous les sens, la faisait suffoquer. Tout ça devant lui. Orion ne connaissait pas très bien Émeline Joyner, mais il savait pour sûr qu'elle n'aimait pas montrer ses faiblesses. Alors, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Sa voix perça le silence, trahie par la souffrance sourde qui secouait l'ensemble de son corps. Une ombre la surplombait, bien qu'Orion soit incapable de la voir. Elle grignotait chacun de ses mots, chacune de ses respirations, chacune de ses pensées, avec pour seul but de l'engloutir toute entière dans des abysses invisibles. Mais elle persistait. Elle bouclait sur sa putain de cicatrice, celle qu'il avait touchée. Merde, on aurait dit qu'il l'avait brûlée au fer blanc. C'était quoi son foutu problème ? Les sourcils froncés, mais toujours menacé par sa baguette, il grimaça.
« Mais qu'est-ce que t- », osa-t-il avant de se faire interrompre par les gémissements plaintifs de l'Aiglonne.
Elle le... questionnait ? Qu'est-ce qu'elle veut ? Lui aussi voulait des réponses. De qui parlait-elle ? Pourquoi nageait-elle en plein délire ? Pourquoi souffrait-elle ? De toute sa vie, jamais Orion n'avait songé à se soucier d'Émeline. Quel intérêt ? Il avait peint son tableau. Il avait choisi ses couleurs. Il avait choisi. Non. Non, non, non. Il n'allait pas remagner ses couleurs. Ce n'était pas elle qui allait commencer à décider si oui ou non il devait modifier son opinion d'elle. Orion n'aimait pas changer d'avis. Les autres étaient les autres, point. Il n'y avait que quelques âmes qui l'intéressaient, qui le faisaient vibrer. Ce n'était pas aujourd'hui qu'elle deviendrait l'une de ces âmes. Il était trop buté pour ça, trop têtu. Il avait des questions, il voulait des réponses, mais l'avouer signifiait vouloir la savoir. Pas la connaître, pas la considérer. Non. La savoir. Et il était hors de question qu'il se rajoute une faiblesse par son souci pour quelqu'un d'autre.
Son regard resta de marbre, bien que trahi par un semblant de peine qu'il essayait de contenir. De l'empathie ? Il préférait se dire que non. Mais Émeline continuait de pleurer et lui, il continuait de ne pas bouger. Elle voulait savoir pourquoi elle le dégoûtait, lui, parmi tant d'autres. Est-ce qu'elle le dégoûtait ? Son esprit était trop embrouillé pour se poser la question. Elle avait commencé par le dégoûter. Mais c'était pour des futilités, une bouche un peu sale et des mains collantes. Est-ce qu'elle le dégoûtait ? Sous la menace de sa baguette, il n'avait d'autre choix que de dire non. La vérité, c'est qu'il n'en savait rien, parce qu'Orion n'était pas certain que le dégoût, le véritable dégoût, celui qui vous tord et qui vous pulvérise, il pouvait le ressentir pour quelqu'un d'autre que lui-même.
« Merde, qu'est-ce que tu racontes, Joyner ? Arrête tes bêtises, t-tu dégoûtes personne », balbutia-t-il sans réfléchir, mais en ne manquant toutefois pas de désinvolture parce qu'il ne savait s'en empêcher. « On a tous nos problèmes, on a- »
Elle semblait à bout. De souffle, de force, de son être. L'ombre l'engloutissait toujours plus, elle n'en faisait qu'une bouchée, si bien que d'Émeline Joyner, la vraie Émeline Joyner, ne demeurait que son enveloppe corporelle. Même son prénom qu'elle n'avait jamais prononcé avec une once de chaleur ressemblait au dernier souffle, celui qu'on garde habituellement pour les êtres aimés parce qu'on sait qu'on n'en a plus pour longtemps. Elle allait s'effondrer. Elle n'était pas le volcan, et sa baguette n'était pas la lave prête à cracher dans sa figure. Elle n'était plus elle-même. L'angoisse l'avait avalée.
D'une main incertaine, tout en gardant l'autre en l'air, il tendit sa main vers elle. Pas pour la toucher, cette fois — il avait bien compris qu'il ne devait plus s'y risquer —, mais pour se saisir de sa baguette. Orion se sentait incapable de lui parler avec ce truc dans la figure. Il n'était pas sur de se sentir capable de parler tout court, mais ça enlevait une menace, au moins.
« Donne-moi ça et calme-toi. Tu- Arrête tes conneries, deux minutes, tu veux ? Respire un bon coup, ça sert à rien de se mettre dans des états pareils », reprit-il d'une voix douce mais malgré tout autoritaire.
Ça n'avait rien à voir avec l'attitude qu'il aurait pu avoir avec l'Étoile, pour sûr. Mais merde, c'était Joyner. Elle pouvait lui inspirer ce qu'elle voulait, il n'était pas capable de lui donner toute sa douceur. Peut-être parce qu'il était encore un peu énervé. Ou qu'il était encore sous le choc de sa menace. Était-ce une menace ? Pourtant, elle ne faisait peur à personne, avec ses mains tremblantes et son visage larmoyant. Mais c'était Joyner. C'était une excuse suffisante.
« Je- Allez, respire, s'te plait. Je- Orh, je te jure que tu me dégoûtes pas, c'est bon ? T'as rien fait... Je m'en fiche de tes remarques. Juste... Respire, d'accord ? Allez, on inspire, on expire... », reprit-il en grimaçant.
Qu'est-ce qu'elle veut ? Il n'en savait rien. Il n'était même plus sûr de vouloir le savoir. Il voulait juste se tirer. S'en aller. Loin. Du labo. De la salle de cours. Loin d'elle. Aussi loin que possible pour échapper à ses angoisses et sa douleur. Elles, Orion n'avait plus envie de les sentir.
@Émeline Joyner, traîtresse.
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Il ne bougeait pas, mais Joyner décida d'elle-même qu'il devait se tirer. Elle le repoussa d'un geste sec, les yeux teints d'un voile de rage. Orion aurait dû la remercier, elle qui venait de le libérer de la transe qui avait capturé son esprit pour l'obliger à rester. Mais là encore, il semblait perdu. Orion Blackburn, perdre sa langue ? On aura tout vu. Pourtant, il ne savait juste plus où se mettre, même si le geste de défense d'Émeline le fit reculer de quelques pas. Il ne se serait pas senti en danger, si elle n'avait pas sorti la baguette, mais quand elle pointa son catalyseur sur lui, il n'eut d'autre choix que de lever les mains en l'air. Les yeux écarquillés, Orion l'observait, incapable de dire quoi que ce soit ; il attendait qu'un sortilège le frappe, sûrement. Ainsi, ce serait le volcan. Elle exploserait, et ce serait à son tour d'imploser sous sa violence. Elle l'attaquerait, et il se devrait de s'effondrer sous le coup.
Mais rien ne vint.
La seule chose qui persistait furent les larmes dans les yeux de Joyner. Brillantes, révoltées, instables. Mais qu'est-ce qu'elle veut ? La question persistait. Pourquoi avait-elle voulu engendrer un tel cataclysme ? La douleur la tordait dans tous les sens, la faisait suffoquer. Tout ça devant lui. Orion ne connaissait pas très bien Émeline Joyner, mais il savait pour sûr qu'elle n'aimait pas montrer ses faiblesses. Alors, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Sa voix perça le silence, trahie par la souffrance sourde qui secouait l'ensemble de son corps. Une ombre la surplombait, bien qu'Orion soit incapable de la voir. Elle grignotait chacun de ses mots, chacune de ses respirations, chacune de ses pensées, avec pour seul but de l'engloutir toute entière dans des abysses invisibles. Mais elle persistait. Elle bouclait sur sa putain de cicatrice, celle qu'il avait touchée. Merde, on aurait dit qu'il l'avait brûlée au fer blanc. C'était quoi son foutu problème ? Les sourcils froncés, mais toujours menacé par sa baguette, il grimaça.
« Mais qu'est-ce que t- », osa-t-il avant de se faire interrompre par les gémissements plaintifs de l'Aiglonne.
Elle le... questionnait ? Qu'est-ce qu'elle veut ? Lui aussi voulait des réponses. De qui parlait-elle ? Pourquoi nageait-elle en plein délire ? Pourquoi souffrait-elle ? De toute sa vie, jamais Orion n'avait songé à se soucier d'Émeline. Quel intérêt ? Il avait peint son tableau. Il avait choisi ses couleurs. Il avait choisi. Non. Non, non, non. Il n'allait pas remagner ses couleurs. Ce n'était pas elle qui allait commencer à décider si oui ou non il devait modifier son opinion d'elle. Orion n'aimait pas changer d'avis. Les autres étaient les autres, point. Il n'y avait que quelques âmes qui l'intéressaient, qui le faisaient vibrer. Ce n'était pas aujourd'hui qu'elle deviendrait l'une de ces âmes. Il était trop buté pour ça, trop têtu. Il avait des questions, il voulait des réponses, mais l'avouer signifiait vouloir la savoir. Pas la connaître, pas la considérer. Non. La savoir. Et il était hors de question qu'il se rajoute une faiblesse par son souci pour quelqu'un d'autre.
Son regard resta de marbre, bien que trahi par un semblant de peine qu'il essayait de contenir. De l'empathie ? Il préférait se dire que non. Mais Émeline continuait de pleurer et lui, il continuait de ne pas bouger. Elle voulait savoir pourquoi elle le dégoûtait, lui, parmi tant d'autres. Est-ce qu'elle le dégoûtait ? Son esprit était trop embrouillé pour se poser la question. Elle avait commencé par le dégoûter. Mais c'était pour des futilités, une bouche un peu sale et des mains collantes. Est-ce qu'elle le dégoûtait ? Sous la menace de sa baguette, il n'avait d'autre choix que de dire non. La vérité, c'est qu'il n'en savait rien, parce qu'Orion n'était pas certain que le dégoût, le véritable dégoût, celui qui vous tord et qui vous pulvérise, il pouvait le ressentir pour quelqu'un d'autre que lui-même.
« Merde, qu'est-ce que tu racontes, Joyner ? Arrête tes bêtises, t-tu dégoûtes personne », balbutia-t-il sans réfléchir, mais en ne manquant toutefois pas de désinvolture parce qu'il ne savait s'en empêcher. « On a tous nos problèmes, on a- »
Elle semblait à bout. De souffle, de force, de son être. L'ombre l'engloutissait toujours plus, elle n'en faisait qu'une bouchée, si bien que d'Émeline Joyner, la vraie Émeline Joyner, ne demeurait que son enveloppe corporelle. Même son prénom qu'elle n'avait jamais prononcé avec une once de chaleur ressemblait au dernier souffle, celui qu'on garde habituellement pour les êtres aimés parce qu'on sait qu'on n'en a plus pour longtemps. Elle allait s'effondrer. Elle n'était pas le volcan, et sa baguette n'était pas la lave prête à cracher dans sa figure. Elle n'était plus elle-même. L'angoisse l'avait avalée.
D'une main incertaine, tout en gardant l'autre en l'air, il tendit sa main vers elle. Pas pour la toucher, cette fois — il avait bien compris qu'il ne devait plus s'y risquer —, mais pour se saisir de sa baguette. Orion se sentait incapable de lui parler avec ce truc dans la figure. Il n'était pas sur de se sentir capable de parler tout court, mais ça enlevait une menace, au moins.
« Donne-moi ça et calme-toi. Tu- Arrête tes conneries, deux minutes, tu veux ? Respire un bon coup, ça sert à rien de se mettre dans des états pareils », reprit-il d'une voix douce mais malgré tout autoritaire.
Ça n'avait rien à voir avec l'attitude qu'il aurait pu avoir avec l'Étoile, pour sûr. Mais merde, c'était Joyner. Elle pouvait lui inspirer ce qu'elle voulait, il n'était pas capable de lui donner toute sa douceur. Peut-être parce qu'il était encore un peu énervé. Ou qu'il était encore sous le choc de sa menace. Était-ce une menace ? Pourtant, elle ne faisait peur à personne, avec ses mains tremblantes et son visage larmoyant. Mais c'était Joyner. C'était une excuse suffisante.
« Je- Allez, respire, s'te plait. Je- Orh, je te jure que tu me dégoûtes pas, c'est bon ? T'as rien fait... Je m'en fiche de tes remarques. Juste... Respire, d'accord ? Allez, on inspire, on expire... », reprit-il en grimaçant.
Qu'est-ce qu'elle veut ? Il n'en savait rien. Il n'était même plus sûr de vouloir le savoir. Il voulait juste se tirer. S'en aller. Loin. Du labo. De la salle de cours. Loin d'elle. Aussi loin que possible pour échapper à ses angoisses et sa douleur. Elles, Orion n'avait plus envie de les sentir.
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L'insolence de ton regard
TW : crise d'angoisse / pensées négatives et autodestructrices
Flou. Elle voyait flou, ses yeux inondés par ce flot incessant de larmes. Elles coulaient sans s'arrêter. La valve était cassée. Un peu comme elle. Cassée si profondément qu'elle en perdait le mode d'emploi. Qu'est-ce qu'elle se détestait, à se montrer si faible. Le fait que Blackburn soit celui qui la trouvait dans cet état n'importait plus. Ça servait à ça, au moins, de voir flou. Plus besoin de se focaliser sur un visage ou un regard ahuri. Il n'était plus qu'une forme. Une ombre qu'elle gardait fixée de sa baguette.
Pleurer sans fin, est-ce que ça l'aiderait à drainer tout ce mal qui la rongeait ? Elle pouvait tenter, vu comment elle était bien partie pour perdre toute l'eau qui la composait. Tu commences à être dangereuse, Émeline!* Il avait vu juste, Herbert. Elle n'était peut-être pas dangereuse pour les autres, mais uniquement pour elle-même. Et pas seulement pour sa cicatrice. Au lieu de la fermer, de garder le regard baissé, elle jouait avec le feu. Le frisson qui l'avait parcouru en attisant la colère d'Orion avait été comme une piqûre de rappel. Son corps craignait les gestes, son cerveau exigeait vengeance et son cœur… il demandait juste de quoi se soigner. La dissonance la rendait ainsi, changeante. Parfois incompréhensible. Juste…comme ça.
Émeline... Qu'est-ce qui a ? Tu sais, c'est pas grave si t'es tombé dans les escaliers comme moi.* Que son Dorian aurait pu avoir raison. Il aurait dû avoir raison. Une banale chute, ça aurait été mieux que tous ces mots qu'il avait employés pour la rabaisser. En fermant les yeux assez fort, tout ça, cette réalité, elle ne pourrait pas la transformer ? Plus de cicatrices. Plus de cris. Non, la paix. Les rares sourires d'Alexander, les rires de Dorian dans l'air. C'était avec ça qu'elle aurait voulu remplacer ce passé.
Perdue, cachée derrière ses larmes, elle écouta au loin les paroles de la forme. Elle demandait le calme. Son calme, plutôt. Elle était calme, non ? Elle pleurait, mais ça la vidait tellement qu'elle se sentait presque bien. Depuis quand ça soulageait autant de lâcher les armes ? Merlin, si elle avait pu le savoir plus tôt. Son année aurait pu être différente.
En sentant qu'on tirait sur sa baguette, la poigne d'Émeline la retint dès l'instant où le glissement s'opéra. Sans elle, il allait finir par l'avoir. Son père, qu'est-ce qu'il comptait faire, si elle ne pouvait plus se défendre ? Sûrement lui faire payer sa ressemblance avec sa mère. Ce visage qui portait les traits de Charlotte. Ceux-là mêmes qu'Émeline préférait ne plus voir dans la glace. Ouais, il allait faire en sorte de les effacer, ces traits. Ce n'était pas plus mal d'en finir une bonne fois. Tant pis. Ses doigts se relâchèrent autour du bois, abandonnant sa seule arme.
Respirer ? Elle le faisait, non ? Elle se sentait encore là. Debout. Chancelante, mais debout. Son cœur battait bien, alors c'était que son souffle ne s'était pas arrêté. Il battait dans sa poitrine. Il battait si fort qu'il pouvait en sortir. Qu'il sorte. Qu'il s'en aille loin d'elle. Et qu'il emporte avec lui tout ce mal-être.
Mais fort bien, elle allait suivre le conseil. Inspirer, expirer. La répétition s'était mise en marche. Telle une machine, elle répondait à la demande qu'on lui avait donnée. Elle le refit en boucle, encore et encore, jusqu'à ce que sa vision s'assèche et qu'elle perçoive enfin le visage d'Orion.
Orion Blackburn...Celui-là même. Le voir là, à l'aider pour calmer cette crise d'angoisse, c'était comme le début d'une mauvaise blague. L'envie d'en rire était là. Mais sa gorge resta muette et sa bouche close. Elle n'avait pas la force de sourire et c'était dommage. Car ça aurait été drôle, de lui sourire dans un moment pareil.
Si elle ne pouvait pas rire, ni sourire, il ne lui restait plus que l'option de garder le silence. De perdre son regard dans le sien, sans un mot. Elle était vidée, mais là.
673 mots
@Orion Blackburn - cesse, je sais que tu m'adores
@Herbert MacTairdelbach/ @Dorian Peachey pour les mentions
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L'insolence de ton regard
Ça allait bien finir par s'arrêter, non ? Émeline Joyner allait finir par se calmer, elle n'avait pas d'autres choix. Il voulait partir, et si elle ne se calmait pas, elle allait le forcer à rester. Non pas par une demande, ni même par envie, mais parce qu'à cet instant, Orion avait pris la décision qu'il ne serait pas l'énorme connard qu'il avait déjà pu être avec elle. Certainement pas par réelle sympathie, mais plutôt pour son désir égoïste de ne pas rester sans réponse. Et peut-être aussi à cause du sentiment désagréable qui l'avait figé sur place quelques secondes plus tôt, l'ayant rendu incapable de pouvoir détourner le regard de son état déplorable.
Les yeux trahis par la perplexité et un soupçon d'inquiétude, Orion retira la baguette des doigts d'Émeline, il dut forcer sur la poigne de la fille avant qu'elle ne se relâche, non sans surprise de la voir se débattre si peu. Abattue à ce point-là, donc ? Pire, carrément anéantie. Les larmes n'arrêtaient pas de strier ses joues, ses sanglots douloureux transcendaient le silence de la pièce à la recherche d'un il-ne-savait-quoi auquel s'accrocher pour s'échapper du corps d'Émeline. L'espace d'un instant, Orion crut qu'elle allait s'effondrer sur le sol. Son corps était chancelant, affaibli et à l'apparence si fragile qu'il était à peu près sûr qu'une simple pression sur son épaule aurait suffi à la faire tomber au sol. Pourtant, elle tint bon.
Il reposa le catalyseur sur le bureau, continuant de prendre des respirations à l'unisson avec elle. Merde, cette fichue Serdaigle allait continuer comme ça encore longtemps ? Calme-toi, Orion. Arrête de penser à ta pomme pendant deux secondes, tu veux ? Ce n'était pas sa voix qui le sommait ainsi, mais celle de sa sœur. De son Aurore. La si douce et gentille Aurore, mais autoritaire. Elle avait pris Joyner en affection — ce qui avait toujours paru curieux aux yeux du Serpentard —, et si elle n'était pas pleinement consciente de la rivalité qui existait entre les deux adolescents, la tête blonde n'avait jamais exprimé une once de l'animosité qu'Orion pouvait rabattre sur la tronche d'Émeline. Si tu le dis, souffla-t-il à la voix imaginaire de sa sœur. Qu'importe, il était bloqué là, de toute façon. À attendre, à ne rien comprendre et à devoir calmer une tempête dont il ne connaissait que le nom.
« On arrête de paniquer, c'est bon. Y a personne qui va te faire de mal, ici, c'est bon », lui dit-il sur un ton las pour camoufler le même sentiment infernal qui lui tiraillait les entrailles.
Alors, doucement, la respiration de Joyner ralentit. Une inspiration. Une expiration. Elle retrouvait sa lucidité. Orion la fixait, ancré sur ses pieds, bien qu'il soit étrangement démangé par l'envie de s'éloigner un pas après l'autre. Mais non, il resta. Il l'avait inconsciemment promis à sa sœur, à présent. Les sanglots se tarirent, les larmes séchèrent, le néant qui habitait les iris d'Émeline se boucha. Petit à petit, l'ombre disparaissait, à pas de loups, pour vaquer dans l'esprit d'une autre âme en peine, certainement.
Et, finalement, le regard qui n'avait réussi à s'accrocher à un point fixe depuis qu'Orion s'était pointé devant le bureau de la Serdaigle s'accrocha au sien. Vidé, mais pas absent. Ni éclatant, ni carnassier. Juste là. Assez pour répondre à ses interrogations, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qu'elle veut ? La question lui brûlait les lèvres. Pourquoi tout ça ? Pourquoi avoir testé ses limites de cette manière ? Pourquoi avec lui alors qu'elle avait toujours tout fait pour l'éloigner d'elle et de ses pensées ?
« Je-... Ça va ? »
Il ne franchit pas la barrière. Impossible. Il n'osa pas, pas maintenant, pas comme ça. Sa voix était incertaine, coupée par des émotions contradictoires entre la suffisance et la réelle inquiétude qu'il préférait ignorer. Mais il ne savait pas quoi dire de plus ou de mieux. Alors elle devrait se contenter de ça. Un simple ça va.
@Émeline Joyner, on arrête de m'engueuler maintenant
662 mots
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Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...
Les yeux trahis par la perplexité et un soupçon d'inquiétude, Orion retira la baguette des doigts d'Émeline, il dut forcer sur la poigne de la fille avant qu'elle ne se relâche, non sans surprise de la voir se débattre si peu. Abattue à ce point-là, donc ? Pire, carrément anéantie. Les larmes n'arrêtaient pas de strier ses joues, ses sanglots douloureux transcendaient le silence de la pièce à la recherche d'un il-ne-savait-quoi auquel s'accrocher pour s'échapper du corps d'Émeline. L'espace d'un instant, Orion crut qu'elle allait s'effondrer sur le sol. Son corps était chancelant, affaibli et à l'apparence si fragile qu'il était à peu près sûr qu'une simple pression sur son épaule aurait suffi à la faire tomber au sol. Pourtant, elle tint bon.
Il reposa le catalyseur sur le bureau, continuant de prendre des respirations à l'unisson avec elle. Merde, cette fichue Serdaigle allait continuer comme ça encore longtemps ? Calme-toi, Orion. Arrête de penser à ta pomme pendant deux secondes, tu veux ? Ce n'était pas sa voix qui le sommait ainsi, mais celle de sa sœur. De son Aurore. La si douce et gentille Aurore, mais autoritaire. Elle avait pris Joyner en affection — ce qui avait toujours paru curieux aux yeux du Serpentard —, et si elle n'était pas pleinement consciente de la rivalité qui existait entre les deux adolescents, la tête blonde n'avait jamais exprimé une once de l'animosité qu'Orion pouvait rabattre sur la tronche d'Émeline. Si tu le dis, souffla-t-il à la voix imaginaire de sa sœur. Qu'importe, il était bloqué là, de toute façon. À attendre, à ne rien comprendre et à devoir calmer une tempête dont il ne connaissait que le nom.
« On arrête de paniquer, c'est bon. Y a personne qui va te faire de mal, ici, c'est bon », lui dit-il sur un ton las pour camoufler le même sentiment infernal qui lui tiraillait les entrailles.
Alors, doucement, la respiration de Joyner ralentit. Une inspiration. Une expiration. Elle retrouvait sa lucidité. Orion la fixait, ancré sur ses pieds, bien qu'il soit étrangement démangé par l'envie de s'éloigner un pas après l'autre. Mais non, il resta. Il l'avait inconsciemment promis à sa sœur, à présent. Les sanglots se tarirent, les larmes séchèrent, le néant qui habitait les iris d'Émeline se boucha. Petit à petit, l'ombre disparaissait, à pas de loups, pour vaquer dans l'esprit d'une autre âme en peine, certainement.
Et, finalement, le regard qui n'avait réussi à s'accrocher à un point fixe depuis qu'Orion s'était pointé devant le bureau de la Serdaigle s'accrocha au sien. Vidé, mais pas absent. Ni éclatant, ni carnassier. Juste là. Assez pour répondre à ses interrogations, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qu'elle veut ? La question lui brûlait les lèvres. Pourquoi tout ça ? Pourquoi avoir testé ses limites de cette manière ? Pourquoi avec lui alors qu'elle avait toujours tout fait pour l'éloigner d'elle et de ses pensées ?
« Je-... Ça va ? »
Il ne franchit pas la barrière. Impossible. Il n'osa pas, pas maintenant, pas comme ça. Sa voix était incertaine, coupée par des émotions contradictoires entre la suffisance et la réelle inquiétude qu'il préférait ignorer. Mais il ne savait pas quoi dire de plus ou de mieux. Alors elle devrait se contenter de ça. Un simple ça va.
@Émeline Joyner, on arrête de m'engueuler maintenant
662 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...
L'insolence de ton regard
Y a personne qui va te faire de mal, ici, c'est bon
Alors, c'était lui qui avait prononcé ces paroles ? Qui aurait pu croire qu'il sorte pareille phrase après s'être amusé à la menacer ? Il devait avoir eu peur, pour agir ainsi. Pas réellement peur pour elle, non. Sûrement plus pour le fait qu'elle puisse à tout moment s'effondrer et qu'il se retrouve à devoir gérer un corps inanimé. Ça, c'était plus crédible.
Pourtant, même en sachant ça, le regard d'Émeline resta accroché au sien. Ils ne brillaient pas d'amitié pour elle, encore moins d'amour. Ils étaient noirs, profonds. Presque insondables. Deux billes sombres qui la fixaient et ne la lâchaient pas. C'était parfait pour se perdre en y sombrant dedans. Elle était là, oui, mais elle ne voulait pas. Émeline cherchait l'oubli. Elle cherchait de quoi s'anesthésier encore une fois, avant que sa tête ne se remette à marcher.
Orion Blackburn n'était pas quelqu'un d'appréciable, encore moins de serviable. Cette vérité, elle la connaissait depuis longtemps déjà. D'innombrables moments avaient pu le prouver et renforcer l'inimitié qu'ils partageaient. Ils n'avaient rien à voir, et c'est ce qui, sûrement, la rendit dépendante de ses yeux. Elle n'y trouva aucune peine, aucune réelle inquiétude. Rien à voir avec ceux larmoyants de Dorian.
C'était plus rassurant. Dans le vide, il n'y avait pas une seule accroche. Pas de quoi se rattraper. Juste une chute interminable.
Elle en avait besoin, de cette chute.
Qu'elle finisse par oublier le pourquoi de ses larmes, le pourquoi de sa présence là, le pourquoi de sa peine.
Mais il parla. Pas pour la rassurer, mais pour savoir. Une question bateau qu'il avait à peine prononcée. Manquait-il d'air, lui aussi ? Il ne lui semblait pas. Sur son visage, elle n'y lisait pas de difficulté à respirer, il allait bien. Oh, c'était elle, qui le rendait ainsi ? Enfin, plutôt l'état dans lequel elle était. Émeline essayait de ne pas y penser, mais elle le sentait. Ses yeux lui tiraient atrocement, ses joues brûlaient à cause du long passage des larmes passées. Son corps, lui, était lourd. Si lourd, qu'elle n'était pas capable de dire si elle pouvait le bouger. Elle devait faire peur à voir...Au final, était-ce important ? Non. Pas vraiment.
Il lui demandait si ça allait. Est-ce que ça allait ? Émeline n'avait plus l'impression d'avoir ses poumons en feu, ni que ses jambes allaient la lâcher. C'était donc le signe que tout roulait, non ? La machine pouvait repartir. Repasser un masque sur ce faciès rougi, et tout irait mieux.
Sa tête bougea plus vite que ses pensées. Elle fit un non de la tête, tel un aveu que sa carcasse avoue d'elle-même. Il ne s'agissait pas d'un non pour l'instant qu'ils vivaient. Il était plus profond. Plus ancien. Bien sûr que non, que ça n'allait pas, et ça n'irait pas en s'arrangeant. Émeline avait essayé de vivre le plus normalement possible, de faire comme si tout allait s'améliorer avec ses efforts.
Elle avait eu tort.
Ses lèvres s'entrouvrirent, comme si elle comptait dire quelque chose à Orion. Mais un bruit la stoppa net dans son mouvement. La porte du labo venait de s'ouvrir et des voix se firent entendre dans la pièce. L'heure était enfin terminée et le remplaçant d'Émeline pour la surveillance du lieu était enfin là.
La soudaine présence d'une tierce personne brisa le sort qui retenait son regard à celui du Serpentard. Elle baissa rapidement son visage pour le dissimuler à d'autres regards indiscrets, le cachant derrière ses cheveux. Elle devait partir, maintenant. Elle n'avait plus besoin de subir la pression des chaudrons et de tout ce qui s'approchait aux potions. Alors la fuite était le choix le plus logique.
Émeline attrapa vivement sa baguette sur la table, se sentant presque tremblante en la retrouvant dans sa main. Ses yeux se relevèrent sur Orion, qui était encore non loin d'elle.
- J-Je...le souffle lui manqua. Désolée.
Elle s'enfuit, lâchement. Abandonnant sans le vouloir son précieux carnet de dessin, oublié sous celui du labo. Dans sa fuite, elle bouscula les élèves qui rentraient dans le labo et fonça à travers les couloirs pour ne plus sentir le regard d'Orion sur elle.
690 mots
@Orion Blackburn C'est la fin pour moi, encore merci ma queen
Alors, c'était lui qui avait prononcé ces paroles ? Qui aurait pu croire qu'il sorte pareille phrase après s'être amusé à la menacer ? Il devait avoir eu peur, pour agir ainsi. Pas réellement peur pour elle, non. Sûrement plus pour le fait qu'elle puisse à tout moment s'effondrer et qu'il se retrouve à devoir gérer un corps inanimé. Ça, c'était plus crédible.
Pourtant, même en sachant ça, le regard d'Émeline resta accroché au sien. Ils ne brillaient pas d'amitié pour elle, encore moins d'amour. Ils étaient noirs, profonds. Presque insondables. Deux billes sombres qui la fixaient et ne la lâchaient pas. C'était parfait pour se perdre en y sombrant dedans. Elle était là, oui, mais elle ne voulait pas. Émeline cherchait l'oubli. Elle cherchait de quoi s'anesthésier encore une fois, avant que sa tête ne se remette à marcher.
Orion Blackburn n'était pas quelqu'un d'appréciable, encore moins de serviable. Cette vérité, elle la connaissait depuis longtemps déjà. D'innombrables moments avaient pu le prouver et renforcer l'inimitié qu'ils partageaient. Ils n'avaient rien à voir, et c'est ce qui, sûrement, la rendit dépendante de ses yeux. Elle n'y trouva aucune peine, aucune réelle inquiétude. Rien à voir avec ceux larmoyants de Dorian.
C'était plus rassurant. Dans le vide, il n'y avait pas une seule accroche. Pas de quoi se rattraper. Juste une chute interminable.
Elle en avait besoin, de cette chute.
Qu'elle finisse par oublier le pourquoi de ses larmes, le pourquoi de sa présence là, le pourquoi de sa peine.
Mais il parla. Pas pour la rassurer, mais pour savoir. Une question bateau qu'il avait à peine prononcée. Manquait-il d'air, lui aussi ? Il ne lui semblait pas. Sur son visage, elle n'y lisait pas de difficulté à respirer, il allait bien. Oh, c'était elle, qui le rendait ainsi ? Enfin, plutôt l'état dans lequel elle était. Émeline essayait de ne pas y penser, mais elle le sentait. Ses yeux lui tiraient atrocement, ses joues brûlaient à cause du long passage des larmes passées. Son corps, lui, était lourd. Si lourd, qu'elle n'était pas capable de dire si elle pouvait le bouger. Elle devait faire peur à voir...Au final, était-ce important ? Non. Pas vraiment.
Il lui demandait si ça allait. Est-ce que ça allait ? Émeline n'avait plus l'impression d'avoir ses poumons en feu, ni que ses jambes allaient la lâcher. C'était donc le signe que tout roulait, non ? La machine pouvait repartir. Repasser un masque sur ce faciès rougi, et tout irait mieux.
Sa tête bougea plus vite que ses pensées. Elle fit un non de la tête, tel un aveu que sa carcasse avoue d'elle-même. Il ne s'agissait pas d'un non pour l'instant qu'ils vivaient. Il était plus profond. Plus ancien. Bien sûr que non, que ça n'allait pas, et ça n'irait pas en s'arrangeant. Émeline avait essayé de vivre le plus normalement possible, de faire comme si tout allait s'améliorer avec ses efforts.
Elle avait eu tort.
Ses lèvres s'entrouvrirent, comme si elle comptait dire quelque chose à Orion. Mais un bruit la stoppa net dans son mouvement. La porte du labo venait de s'ouvrir et des voix se firent entendre dans la pièce. L'heure était enfin terminée et le remplaçant d'Émeline pour la surveillance du lieu était enfin là.
La soudaine présence d'une tierce personne brisa le sort qui retenait son regard à celui du Serpentard. Elle baissa rapidement son visage pour le dissimuler à d'autres regards indiscrets, le cachant derrière ses cheveux. Elle devait partir, maintenant. Elle n'avait plus besoin de subir la pression des chaudrons et de tout ce qui s'approchait aux potions. Alors la fuite était le choix le plus logique.
Émeline attrapa vivement sa baguette sur la table, se sentant presque tremblante en la retrouvant dans sa main. Ses yeux se relevèrent sur Orion, qui était encore non loin d'elle.
- J-Je...le souffle lui manqua. Désolée.
Elle s'enfuit, lâchement. Abandonnant sans le vouloir son précieux carnet de dessin, oublié sous celui du labo. Dans sa fuite, elle bouscula les élèves qui rentraient dans le labo et fonça à travers les couloirs pour ne plus sentir le regard d'Orion sur elle.
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@Orion Blackburn C'est la fin pour moi, encore merci ma queen
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
L'insolence de ton regard
Qu'elle dise oui, une bonne fois pour toutes, et qu'il puisse s'en aller. Qu'elle essuie ses larmes et qu'elle lui lâche son venin à la figure pour qu'il en oublie qu'il avait tenté de l'aider. Qu'elle le frappe au visage, même. Qu'elle le gifle en lui disant que c'était de sa faute si elle avait fini ainsi. Tout. Tout pour qu'elle lui fasse comprendre que ce n'était qu'une mauvaise passe, qu'elle n'avait pas réellement réveillé son inquiétude. Qu'ils continueraient comme ils l'avaient toujours fait, qu'ils continueraient à se toiser dans les couloirs pour le mois à venir en sachant pertinemment que ce seraient les derniers regards qu'ils se jetteraient l'un à l'autre avant de ne plus jamais se croiser de leur vie. Elle irait loin de Poudlard, il y resterait pour les deux années à venir. Et puis, enfin, le monde serait assez vaste pour que leurs âmes ne s'effleurent plus jamais.
Un oui. Un oui réglerait le problème.
Orion l'attendit comme on attendait le tonnerre après un éclair. Il l'attendit comme on attendait le sommeil en fermant les yeux, tard le soir. Comme l'été qui suit le printemps. Le oui évident. Le oui qui le débarrasserait d'elle. Inquisiteur, il patientait. Joyner, elle, le fixait. On aurait dit qu'elle attendait qu'il l'écrase. Ne voyait-elle pas que c'était elle qui avait les cartes en main ? Elle n'avait qu'à dire oui. Elle n'avait qu'à.
Son geste de la tête lui parvint comme un pieu dans le cœur. Putain de Joyner. La mâchoire d'Orion se contracta. Ce putain de non était sincère. Il venait de ses tripes. Elle le lui jetait à la figure, inconsciente de la vague de douleur qu'elle envoyait dans les entrailles du Serpent. Aurore le regardait toujours, dans un coin de sa tête. Merde, il avait presque l'impression que c'était elle qui écrabouillait ses organes, pour qu'il reste planté là. Pour toute réponse, il resta immobile.
Pas un mot de plus, je t'en supplie.
Menaçante, la bouche d'Émeline s'entrouvrit et Orion eut un mouvement immédiat vers l'avant qu'il stoppa net dans son élan. Mais il s'était vu. Il s'était vu écraser sa main sur sa bouche pour qu'elle se taise, pour qu'elle n'ajoute pas une expiration à ce qu'elle espérait dire. Le brouhaha de fond fut ce qui l'en empêcha. Merlin, merci. Il refit un pas en arrière. Un éclair incertain traversa les yeux de Joyner, comme si elle réalisait seulement maintenant qu'elle venait de faire une bêtise. Orion déglutit en la voyant rassembler ses affaires, presque rassuré de ne plus avoir son regard perçant ancré sur lui.
Qu'elle dégage. Loin. Du labo. De la salle de cours. Loin de lui. Elle était si pressée, mais ne pouvait-elle pas aller plus vite ? Elle empoigna sa baguette et Orion espérait qu'elle allait simplement le bousculer pour éviter de regarder devant elle et ainsi provoquer une nouvelle rencontre de leurs prunelles. Bien sûr, puisque rien n'allait comme il le voulait, elle fit tout le contraire.
Désolée.
Désolée de quoi ? Orion fronça le sourcil, la bouche légèrement entrouverte. Putain, mais qu'est-ce. Qu'elle. Veut ? Faisant un léger demi-tour, il l'observa s'en aller comme une voleuse, subjugué. Quelques regards curieux s'accrochèrent à son passage et croisèrent le sien, mais la mine interdite qu'il portait les détourna bien rapidement. Foutue Joyner. Il expira lourdement. Comme si son souffle avait été coincé dans sa gorge tout ce temps, prisonnier de son esprit embrûmé. Foutue Joyner, se répéta-t-il. Il baissa les yeux vers le bureau où trônait toujours le cahier sur lequel elle griffonait au début de l'heure. Son sang ne fit qu'un tour.
Foutue. Joyner.
Il s'en saisit. Pas une once de culpabilité dans les veines, elle l'avait cherché. D'un pas lent, presque chancelant, il retourna à son plan de travail et récupéra ses propres affaires, auxquelles il rajouta le cahier. L'avoir entre ses mains était presque douloureux, la couverture presque brûlante. Entre ses pages, Orion trouverait ses réponses. Elles lui prendraient un bout de sa dignité et le sang coulerait sûrement de ses mains. Mais elle l'avait cherché.
Et lui, il l'avait trouvée.
@Émeline Joyner, encore merci pour ce si beau RP, j'ai adoré écrire avec toi, comme d'habitude
682 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
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Un oui. Un oui réglerait le problème.
Orion l'attendit comme on attendait le tonnerre après un éclair. Il l'attendit comme on attendait le sommeil en fermant les yeux, tard le soir. Comme l'été qui suit le printemps. Le oui évident. Le oui qui le débarrasserait d'elle. Inquisiteur, il patientait. Joyner, elle, le fixait. On aurait dit qu'elle attendait qu'il l'écrase. Ne voyait-elle pas que c'était elle qui avait les cartes en main ? Elle n'avait qu'à dire oui. Elle n'avait qu'à.
Son geste de la tête lui parvint comme un pieu dans le cœur. Putain de Joyner. La mâchoire d'Orion se contracta. Ce putain de non était sincère. Il venait de ses tripes. Elle le lui jetait à la figure, inconsciente de la vague de douleur qu'elle envoyait dans les entrailles du Serpent. Aurore le regardait toujours, dans un coin de sa tête. Merde, il avait presque l'impression que c'était elle qui écrabouillait ses organes, pour qu'il reste planté là. Pour toute réponse, il resta immobile.
Pas un mot de plus, je t'en supplie.
Menaçante, la bouche d'Émeline s'entrouvrit et Orion eut un mouvement immédiat vers l'avant qu'il stoppa net dans son élan. Mais il s'était vu. Il s'était vu écraser sa main sur sa bouche pour qu'elle se taise, pour qu'elle n'ajoute pas une expiration à ce qu'elle espérait dire. Le brouhaha de fond fut ce qui l'en empêcha. Merlin, merci. Il refit un pas en arrière. Un éclair incertain traversa les yeux de Joyner, comme si elle réalisait seulement maintenant qu'elle venait de faire une bêtise. Orion déglutit en la voyant rassembler ses affaires, presque rassuré de ne plus avoir son regard perçant ancré sur lui.
Qu'elle dégage. Loin. Du labo. De la salle de cours. Loin de lui. Elle était si pressée, mais ne pouvait-elle pas aller plus vite ? Elle empoigna sa baguette et Orion espérait qu'elle allait simplement le bousculer pour éviter de regarder devant elle et ainsi provoquer une nouvelle rencontre de leurs prunelles. Bien sûr, puisque rien n'allait comme il le voulait, elle fit tout le contraire.
Désolée.
Désolée de quoi ? Orion fronça le sourcil, la bouche légèrement entrouverte. Putain, mais qu'est-ce. Qu'elle. Veut ? Faisant un léger demi-tour, il l'observa s'en aller comme une voleuse, subjugué. Quelques regards curieux s'accrochèrent à son passage et croisèrent le sien, mais la mine interdite qu'il portait les détourna bien rapidement. Foutue Joyner. Il expira lourdement. Comme si son souffle avait été coincé dans sa gorge tout ce temps, prisonnier de son esprit embrûmé. Foutue Joyner, se répéta-t-il. Il baissa les yeux vers le bureau où trônait toujours le cahier sur lequel elle griffonait au début de l'heure. Son sang ne fit qu'un tour.
Foutue. Joyner.
Il s'en saisit. Pas une once de culpabilité dans les veines, elle l'avait cherché. D'un pas lent, presque chancelant, il retourna à son plan de travail et récupéra ses propres affaires, auxquelles il rajouta le cahier. L'avoir entre ses mains était presque douloureux, la couverture presque brûlante. Entre ses pages, Orion trouverait ses réponses. Elles lui prendraient un bout de sa dignité et le sang coulerait sûrement de ses mains. Mais elle l'avait cherché.
Et lui, il l'avait trouvée.
@Émeline Joyner, encore merci pour ce si beau RP, j'ai adoré écrire avec toi, comme d'habitude
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Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
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