Bal masqué de Nouvel An
Une dernière danse.
Une dernière valse.
Un dernier pas.
Kenna ne connaissait pas encore le goût de l'alcool. Elle n'avait jamais eu la tête flottante, qui tourne, qui plane. Elle n'avait pas encore eu la sensation que tout filait autour d'elle, seulement retenue par une flopée de corps inconnus. La chaleur qui la prenait à la gorge, le picotement au bout des doigts. Et cette envie de plaire, de rougir, de rire, de vivre. Tanguer au rythme de la musique, ne se préoccuper que des notes, perdue dans son propre esprit sans prendre conscience du temps qui file. Elle n'avait pas encore goûté à l'amertume d'un verre de vin rouge âcre, ou d'un cocktail douloureusement sucré. Pourtant, ce vertige alcoolique, elle l'expérimentait dans la moiteur des corps qui se pressaient sur la piste de danse. Le monde dansait après elle, autour d'elle. Et elle se déplaçait à leur suite. Pourquoi son esprit n'était-il pas absorbé par l'angoisse de cette foule qui la collait ? Elle aurait déjà du se perdre dans l'oppression de ces formes inconnues, le cœur paralysé. A Poudlard, le moindre contact physique la brusquait. Elle fuyait les assemblées et les regroupements. Mais ici, la fatigue, l'excitation, la colère - ce cocktail puissant d'émotions - la fouettait. Une étincelle traversait son corps et lui donnait cette braise inexistante en temps normal. Pressée contre toutes ces âmes, protégée par le pouvoir de son masque, elle n'était plus Kenna, la sorcière timide qui bégaye ; elle était quelqu'un d'autre, une fille qui s'amuse, sans avoir conscience du regard des autres. Avec la présence d'Agatha et celle de tous ces inconnus, elle était suffisamment cachée pour apparaître à la vue du grand monde. Occultée par les silhouettes des adultes, elle se laissait aller. Le bal de Godric's Hollow était devenu sa chambre d'enfant, le miroir devant lequel elle dansait lorsqu'elle était seule et que ses parents étaient de sortie.
Une dernière musique.
Une dernière note.
Les trente dernières minutes la laissèrent pantelante. 2050 commençait en musique. Kenna le sentait au plus profond d'elle-même, cette année ne serait pas comme les autres. Elle se sentait évoluer. Ce soir elle avait pris plus en maturité qu'en grandissant de 10cm.
D'un mouvement de tête, elle repéra sa mère, un verre à la main, occupée à rire près du buffet. Une bouffée d'agressivité monta en elle, la faisant plisser inconsciemment le nez. Ca, ce serait un problème pour plus tard. Pour 2050.
La musique se stoppa et l'illusion de bien-être se brisa. Toute la magie fila ailleurs. Kenna ouvrit les yeux. Ce n'était qu'un bal. Que ça. Ce n'avait toujours été que ça. Moment de réalisation. Elle commença à paniquer. La jeune fille s'excusa auprès d'Agatha, prétextant que ses pieds lui faisaient mal d'avoir tant danser - ce qui est vrai - et que ses parents lui avaient demandé de les rejoindre une fois la nouvelle année commencée. Elle lui souhaita une belle soirée, une bonne année et s'empressa de filer. Cachée ; voilà qu'elle voulait se cacher. Se terrer dans un coin de la pièce et ne plus bouger. S'éloigner le plus possible de cette foule. Le moment de réalisation lui avait fait exploser le cœur. Il battait fort dans sa poitrine. Tant de gens autour d'elle. Quand les notes la transportaient encore, tout allait bien mais maintenant, la réalité la rattrapait et elle ne se sentait plus du tout à l'aise au milieu de tous ces gens. Lourde, elle s'affala sur une chaise qui trainait là. Les tables avaient été abandonnées, tout le monde s'étant réuni sur la piste de danse ou près de l'estrade. Une voix parvient alors à Kenna qui l'écouta distraitement. Le temps était venu d'enlever les masques.
Kenna retient sa respiration. Son masque la protégeait plus encore que ses propres vêtements. Elle lissa de la main les plis inexistants de sa robe écarlate. Elle souffla un coup et décrocha le ruban qui maintenant en place son camouflage. Son visage s'était habitué au poids lourd du masque appuyé contre sa peau. En l'enlevant, sa peau moite opéra une légère résistance à peine perceptible. Un air frais frôla ses joues enfin libérées. Voilà, elle était redevenue Kenna. Le retour à son soi-même en était presque douloureux. Elle baissa les yeux.
Autour d'elle, les autres participants au bal enlevaient aussi leurs masques. La sorcière entendit des "oh" et des "ah", des exclamations étouffées et d'autres plus vives. Prise d'un désintérêt total, Kenna se mit à trier du bout du doigt les quelques paillettes qui décoraient la table. Si les tables étaient bien dressées au début de la soirée, ce n'était maintenant qu'un chaos sale. Elle fit des petits tas de paillettes, ennuyée par le bruit des discussions. Puis vint l'élection du roi et reine de la soirée, et leurs pendants mineurs. Encore un évènement qui n'intéressait que très peu l'adolescente. Il ne lui restait plus de paillettes à trier. Elle soupira, se leva et décida de rejoindre ses parents. La soirée n'avait que trop duré.
Elle les retrouva où elle les avait laissés, au bord de la piste de danse. Sa mère souriait trop fort, riait à gorge déployée. Kenna était déçue. Elle savait que si elle s'approchait d'elle, elle sentirait un souffle d'alcool bien reconnaissable. Lorsque ses parents buvaient, elle n'aimait pas les voir ou leur parler. Ils devenaient des êtres bien loin de ceux qu'elle connaissait. Elle avait l'horrible impression qu'ils se faisaient remplacer. Leur corps restaient les mêmes mais leur regards se troublaient et leur esprits disparaissaient. Elle en frissonna de dégoût. Heureusement pour elle, son père semblait encore lui-même. Lui et son groupe d'amis rigolèrent à son approche. Instantanément, Kenna se sentit mal à l'aise, comme de trop. Pourquoi rigolaient-ils si fort ? Il n'y avait rien de drôle à sa venue. Elle était fatiguée et le bruit lui faisait bourdonner ses oreilles.
Je veux juste rentrer à la maison, criait-elle avec ses yeux. Son père la comprit et l'attira contre lui. Elle ne parvint pas à retenir un bâillement et se frotta les yeux. Doucement, elle posa sa tête contre son épaule. Il sentait le feu de cheminée et le sapin, son odeur habituelle. Le velours de son costume caressa sa joue. En attendant qu'ils finissent leurs conversations, Kenna ferma les yeux. Leurs voix la berçaient.
Deux, cinq ou vingt minutes plus tard elle n'aurait su dire, son père la secoua d'un geste doux, lui indiquant qu'ils étaient sur le départ. Nouveau bâillement. Kenna acquiesça, se laissant porter par les indications de son père en qui elle avait entièrement confiance. Celui-ci la guida jusqu'à la sortie puis lui demanda de l'attendre pendant qu'il allait chercher leurs manteaux. Kenna resta donc là, à patienter. Quelle ne fut pas sa surprise de croiser alors un regard familier. Elle rougit instantanément. Ces cheveux sombres, cette peau matte et surtout, ce visage renfrogné. Elle l'aurait reconnu partout. Lukas Sharp était aussi venu au bal. Le regard de Kenna papillonna à toute vitesse. Est-ce qu'Elijah l'accompagnait ? Probablement que non. Croisant ses yeux, elle lui fit un petit signe de la main avant de rougir d'autant plus. Il lui rappelait des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Elle espérait presque qu'il n'avait pas vu son geste de la main. Son père revint à ce moment-là où, troublée, elle se cachait derrière ses cheveux et fixait le sol. L'avait-elle croisé plus tôt dans la soirée lorsqu'elle portait encore son masque ? Il ne lui semblait pas, mais peut-être lui l'avait-il repéré ? Elle rit amèrement à cette pensée. Bien sûr que non. S'il se souvenait de son prénom, c'était le grand maximum. Alistair Murray la coupa de son monologue mental, lui posant son propre manteau sur les épaules. Kenna oublia alors Lukas. Le père et la fille sortirent de la soirée, laissant derrière eux Norra, compagne et mère pour l'un et pour l'autre, qui entendait bien profiter du bal jusqu'à la dernière minute.
Kenna serra la main de son père. Elle observa son profil quand il sortit sa baguette, se préparant à transplaner. Ses traits étaient si sérieux et pourtant, elle devinait le tumulte de ses pensées. Ou pas. Elle était trop fatiguée pour réfléchir. Mais même sous le coup de la fatigue, elle n'oubliait rien. Sa colère grondait toujours enfouie au fond d'elle. Ses parents avaient allumé une braise, l'étincelle de l'adolescence.
1389 mots
Mentions : @Lukas Sharp et @Agatha Sanders
Troisième année RP - Promo 2048-2049 - Préfète inRP depuis le 01/09/2050
Fiche PR - PNJs - Liste des RPs en cours
Code couleur : #5C2603
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Bal masqué de Nouvel An

Restant quelques instants collée contre Eridan, je ne me presse pas pour reculer et interrompre ce moment comme suspendu dans le temps, à cheval entre deux années. Mais le temps, lui, continue en réalité sa course, et je joins le jeune homme avec plaisir pour boire un verre et manger un bout, ou plusieurs. C'est qu'avec toutes ces danses, mon ventre s'est bien creusé et je ne suis pas contre le fait de le remplir.
Les masques tombent finalement, et mes yeux passent sur toutes les personnes autour de nous tandis que je me rends compte que je connais en fait bien plus de personnes présentes que ce que j'aurais pensé. Il y a aussi l'annonce des résultats du concours, qui m'intriguent sans m'émouvoir. Hochant la tête en voyant les différentes personnes que me montre mon petit ami, je réponds toutefois par la négative à sa question sur la fatigue, avant d'hésiter.
« Un peu mais ça va quand même, et toi ? On la fait et on rentre après ? »
@Eridan Lowell
Fin pour moi aussi, merciii !
Fin pour moi aussi, merciii !
Auxiliaire de soins en formation (N. St-Mangouste) - 19 ans - #783F04
Poufsouffle - Promotion 2043-2050
"Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin !" #PouffyFamily
Bal masqué de Nouvel An
Maxine ne se souvenait plus très bien de la manière dont Dominic avait répondu à sa question, mais le résultat en avait été la concrétisation de son souhait. Il s'était laissé faire et elle avait joint leur lèvres. Et tout un tas de sensations toutes plus positives et agréables s'emparèrent d'elle. Le baiser dura un temps qu'elle ne saurait définir, et lorsqu'ils y mirent fin - qui en fut à l'initiative, elle ne saurait vraiment le dire - elle ne put que plonger ses yeux dans les siens, avec une envie de rester contre lui. Ce genre d'envie qu'une valse permettait tout à fait. Elle proposa de rejoindre la piste et cette danse ci fut dans un autre registre par rapport aux précédentes. Tout était décuplé sans qu'elle sache dire pourquoi. Toute était tellement décuplé qu'à la dernière note elle n'hésita pas. "Je crois que tu n'es jamais venu chez moi, et j'aimerais beaucoup poursuivre la soirée avec toi."
Elle était capable de transplaner en l'emmenant si jamais - car elle n'était pas complètement aveugle, elle avait senti les vapeurs d'alcool - ou bien il y aurait des portoloins disponibles jusqu'au Magic'port le plus proche de son quartier. Ce serait encore la meilleure des solutions. Face à son accord, elle lui saisit la main et lia leur doigts comme le faisait les adolescents puis le guida dans la foule. Projetant certainement de le kidnapper jusqu'à la rentrée!
Modératrice - Professeur de vol depuis le 17/04/2049 - DDM de Gryffondor (du 17/04/2049 au 26/04/2050) - color=#b07d15.
Elle était capable de transplaner en l'emmenant si jamais - car elle n'était pas complètement aveugle, elle avait senti les vapeurs d'alcool - ou bien il y aurait des portoloins disponibles jusqu'au Magic'port le plus proche de son quartier. Ce serait encore la meilleure des solutions. Face à son accord, elle lui saisit la main et lia leur doigts comme le faisait les adolescents puis le guida dans la foule. Projetant certainement de le kidnapper jusqu'à la rentrée!
Maxine est heureuse de sentir Dominic accepter et l'embrasse avant de danser un peu avec lui, puis de lui proposer de venir chez elle. Vu avec le joueur
Merci pour ce RP à tous mes partenaires, et aux organisateurs bien entendu!
Costume, images d'inspiration: Pantalon de costume ajusté. Mocassins en cuir de serpent. Chemise en dentelle noire avec fils d'or, doublure noire à hauteur de la poitrine uniquement. Masque de gauche sur l'image, la partie au dessus de l'œil gauche représente un vif d'or.
MT: 1.4.6.8.10.12.14.15
Niall O'Barden: 2.5.7.9.11
Lukas Sharp: 3
@Dominic Khan: 13
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Bal masqué de Nouvel An
d'émotion en fixant le ciel ; ses yeux observaient le temps d'un éclair le fantôme de la tonitruante Grande Renata, sa protectrice, son professeur, sa plus grande admiratrice, son imminente détracteur et son empoisonneuse - tout à la fois sous la forme d'un oiseau de feu. Il l'avait enfin démasquée cet automne, son empoisonneuse d'il y a quinze ans, fatalité qu'il avait pourtant repoussé de tous les moyens possibles. En voyant ce Phénix déployer ses ailes dans la nuit et s'évaporer, Piccolo comprenait enfin que la Cantatrice ne pourrait plus rien faire dans le monde vivant. Elle ne pourrait pas justifier son terrible geste ou bien supplier son pardon. Il lui fallait alors simplement la laisser s'évaporer dans ce ciel inatteignable, c'était là une promesse qu'il pouvait se faire à lui-même en cette nouvelle ère qui apparaissait comme une délivrance personnelle. La joie des sorciers contaminait son âme, alors que les premiers masques tombaient. Le sorcier avait regagné son balai volant pour narguer une dernière fois, cape au vent, le cœur battant et bien vivant, la fumée que sa vieille amie paraissait encore produire dans son visage depuis les cieux. ![]() Un grand merci pour cet événement magnifique, bonne année 2050 à tous |
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
Avatar : Kamome Shirahama 𓇢𓆸 L'IA m'a tuer
Bal masqué de Nouvel An
L'air glacial me fouette le visage à l'instant même où je mets un pied dehors et que les lourds rideaux de velours se referment derrière moi. Ma cape sur un bras, je ne prends pas la peine de la glisser sur mes épaules. J'étouffe. La chaleur de la salle de bal semble m'avoir suivie sur la place Armand Malefoy, comme si le feu que je sens brûler en moi ne suffisait pas à me donner l'impression de me réduire en cendres à chaque pas effectué en avant. Et pourtant, le vent de l'hiver fait frissonner mes bras, m'hérisse le buste et me crispe les jambes. J'accélère, comme pour échapper à mon propre corps qui se consume peu à peu. Arrivée à une bonne distance de la bulle géante, je me retourne et me penche légèrement en avant pour reprendre mon souffle. J'étouffe. D'une main, je repousse les quelques mèches de cheveux qui me sont tombés devant les yeux. Je sens mon pouls battre à toute allure contre mes tempes, cognant ma tête comme si mon esprit voulait s'échapper – peut-être qu'il le veut vraiment, et que cela lui permettra d'oublier toute cette soirée. Mon cœur tambourine contre ma poitrine, lui trop lourd pour rester enfermé, elle trop petite pour contenir tout le poids qu'il fait peser en moi et toutes les émotions qui menacent de déborder, de me noyer.
J'étouffe.
Je relève les yeux vers les étoiles, lumières floues à travers ma vision brouillée. Paupières à demi-fermées, j'essaye de contrôler ce trop-plein de tout qui me fait tanguer et me fait chavirer, m'emporte contre mon gré dans des pensées indésirables et me harcèle sans relâche. Tout est trop calme autour de moi. Là où la musique était un peu trop forte, les conversations trop bruyantes et les corps beaucoup trop proches du mien, ici c'est tout le contraire. La paix règne, et peu de sorciers s'aventurent dehors. Cela ne change rien pour moi. Là où le bruit me faisait suffoquer, ici c'est le silence qui me fait succomber. Je ne veux pas être seule avec mes pensées. J'ai peur d'être seule avec mes pensées. Une ombre, un mouvement s'approchant vers moi me fait baisser les yeux. Dans la pénombre, je reconnais sans peine Ander, qui ne passe plus inaperçu depuis que ses boucles sont absentes. Je le regarde se positionner à côté de moi, observe son corps se tendre sous le froid, le vois se tasser pour y résister. Le silence l'accompagnant n'est pas bienvenu, comparé à d'habitude. Il m'étouffe même de plus en plus, comme s'il avait des choses à dire mais qu'il n'osait pas. Mais qu'il ose ! qu'il ose de tout son être ! je n'attends que ça ; briser le silence, le pulvériser en mille éclats de voix. La tête toujours tournée vers lui, je l'implore de parler. Que ce soit une phrase, un mot ou un son, qu'importe tant que ce grand blanc l'accompagnant parte dans des contrées plus glaciales que celles-ci.
Lorsqu'il ouvre la bouche, un regain d'espoir naît en moi. Enfin ! Enfin, je n'aurai plus à supporter cela. J'accueille ses deux phrases avec soulagement, laissant mes épaules s'affaisser et ma bouche expirer un fin soupir aussi inaudible qu'un renard courant au milieu de champs enneigés. Ses sept mots, juste avant que je n'en saisisse le sens, me rassurent et me réchauffent doucement. Pas comme ce feu qui me brûlait de l'intérieur, mais comme un doux cocon dans lequel s'enrouler lors des glaciales nuits d'hiver. Puis ses mots me frappent de pleine face. Il n'y a pas à me remercier. Il n'y a à remercier personne pour une soirée comme celle-ci. Si nous avions passé un bon moment, pourquoi pas. Mais il sait aussi bien que moi que le bon moment était une danse fugitive, quelques pas de grâce au milieu du chaos, et que nos pensées sont toutes deux tournées vers des moments qui peuvent tout être sauf remerciés. Mes sourcils se froncent et je me redresse. Ce soir ne peut pas être remercié, car il n'a pas à l'être. Tout, du début jusqu'à la fin, de la robe enfilée jusqu'au vent picotant la peau, était un nuage confus de colère, d'indignation et de honte.
Soit, nous avons survécus. Mais ce n'est que temporaire. Il reste l'après, cet après que je redoute tant, que je sais qu'il redoute autant que moi, si ce n'est plus. Cet après où nous ne serons plus ensemble pour le traverser à deux, à coup de valses ou que sais-je. Qui remerciera-t-il, à ce moment-là ? Personne, car il n'aura personne à remercier. Tout comme il n'a personne envers qui être reconnaissant, car je ne suis pas une personne à remercier. Je suis tout le contraire, même. C'est égoïste de ma part de penser qu'il n'y a que moi sur qu'il peut compter (et donc potentiellement remercier), mais au fond de moi j'espère que c'est la vérité. Une part jalouse, égocentrique et ingrate, qui se plait à croire qu'Ander ne tient à personne d'autre autant qu'à moi. Et c'est cette même part qui fait que je ne suis pas quelqu'un qu'il faille remercier. Et le fait qu'il ne me regarde pas, qu'il garde son regard éloigné du mien, alors que j'essaye tant bien que mal de l'attraper, me laisse croire qu'il ne pense pas un mot de ce qu'il dit. Est-ce pour cela qu'il ne veut pas plonger ses yeux dans les miens ? Car il dit ces mots, ces "merci" et "on survivra" sans les penser réellement, sans y voir ne serait-ce qu'une once de vérité ? Je trouve cela pire que les prononcer en se fourvoyant sur leur sens et sur ce qu'il aurait fallu dire. Penser le contraire à mon égard me heurte en plein cœur, me l'enfonce tout au fond de la poitrine et me donne envie de le lui recracher à la figure. Qu'il le garde, mon cœur, tiens ! On m'a trop souvent répété que je n'en avais pas. Alors qu'il soit présent ou absent de ma cage thoracique, cela ne change rien, si ? Cela ne pourrait rien changer ; ne devrait rien changer.
Sans un mot, car il n'en mérite pas et qu'ils sonnent tous faux à ses oreilles – et surtout dans sa bouche ! – je le regarde s'éloigner lorsque sa famille sort de la grande bulle, ayant l'impression d'avoir toute la misère du monde sur mes épaules. J'étouffe et brûle de ne pas être celle que tous aimeraient que je sois, et que par moments j'aimerais être également. Lorsque Ander disparaît de mon champ de vision, je baisse la tête vers mon masque, que je tiens encore dans mes mains. Lentement, je le rapproche de mon visage et le positionne devant mes yeux. Si personne ne me reconnaît, personne ne verra et ne saura que je suis pire que tout ce qu'ils pourraient imaginer.
Merci pour ce rp, une vrai cascade d'émotions !
J'étouffe.
Je relève les yeux vers les étoiles, lumières floues à travers ma vision brouillée. Paupières à demi-fermées, j'essaye de contrôler ce trop-plein de tout qui me fait tanguer et me fait chavirer, m'emporte contre mon gré dans des pensées indésirables et me harcèle sans relâche. Tout est trop calme autour de moi. Là où la musique était un peu trop forte, les conversations trop bruyantes et les corps beaucoup trop proches du mien, ici c'est tout le contraire. La paix règne, et peu de sorciers s'aventurent dehors. Cela ne change rien pour moi. Là où le bruit me faisait suffoquer, ici c'est le silence qui me fait succomber. Je ne veux pas être seule avec mes pensées. J'ai peur d'être seule avec mes pensées. Une ombre, un mouvement s'approchant vers moi me fait baisser les yeux. Dans la pénombre, je reconnais sans peine Ander, qui ne passe plus inaperçu depuis que ses boucles sont absentes. Je le regarde se positionner à côté de moi, observe son corps se tendre sous le froid, le vois se tasser pour y résister. Le silence l'accompagnant n'est pas bienvenu, comparé à d'habitude. Il m'étouffe même de plus en plus, comme s'il avait des choses à dire mais qu'il n'osait pas. Mais qu'il ose ! qu'il ose de tout son être ! je n'attends que ça ; briser le silence, le pulvériser en mille éclats de voix. La tête toujours tournée vers lui, je l'implore de parler. Que ce soit une phrase, un mot ou un son, qu'importe tant que ce grand blanc l'accompagnant parte dans des contrées plus glaciales que celles-ci.
Lorsqu'il ouvre la bouche, un regain d'espoir naît en moi. Enfin ! Enfin, je n'aurai plus à supporter cela. J'accueille ses deux phrases avec soulagement, laissant mes épaules s'affaisser et ma bouche expirer un fin soupir aussi inaudible qu'un renard courant au milieu de champs enneigés. Ses sept mots, juste avant que je n'en saisisse le sens, me rassurent et me réchauffent doucement. Pas comme ce feu qui me brûlait de l'intérieur, mais comme un doux cocon dans lequel s'enrouler lors des glaciales nuits d'hiver. Puis ses mots me frappent de pleine face. Il n'y a pas à me remercier. Il n'y a à remercier personne pour une soirée comme celle-ci. Si nous avions passé un bon moment, pourquoi pas. Mais il sait aussi bien que moi que le bon moment était une danse fugitive, quelques pas de grâce au milieu du chaos, et que nos pensées sont toutes deux tournées vers des moments qui peuvent tout être sauf remerciés. Mes sourcils se froncent et je me redresse. Ce soir ne peut pas être remercié, car il n'a pas à l'être. Tout, du début jusqu'à la fin, de la robe enfilée jusqu'au vent picotant la peau, était un nuage confus de colère, d'indignation et de honte.
Soit, nous avons survécus. Mais ce n'est que temporaire. Il reste l'après, cet après que je redoute tant, que je sais qu'il redoute autant que moi, si ce n'est plus. Cet après où nous ne serons plus ensemble pour le traverser à deux, à coup de valses ou que sais-je. Qui remerciera-t-il, à ce moment-là ? Personne, car il n'aura personne à remercier. Tout comme il n'a personne envers qui être reconnaissant, car je ne suis pas une personne à remercier. Je suis tout le contraire, même. C'est égoïste de ma part de penser qu'il n'y a que moi sur qu'il peut compter (et donc potentiellement remercier), mais au fond de moi j'espère que c'est la vérité. Une part jalouse, égocentrique et ingrate, qui se plait à croire qu'Ander ne tient à personne d'autre autant qu'à moi. Et c'est cette même part qui fait que je ne suis pas quelqu'un qu'il faille remercier. Et le fait qu'il ne me regarde pas, qu'il garde son regard éloigné du mien, alors que j'essaye tant bien que mal de l'attraper, me laisse croire qu'il ne pense pas un mot de ce qu'il dit. Est-ce pour cela qu'il ne veut pas plonger ses yeux dans les miens ? Car il dit ces mots, ces "merci" et "on survivra" sans les penser réellement, sans y voir ne serait-ce qu'une once de vérité ? Je trouve cela pire que les prononcer en se fourvoyant sur leur sens et sur ce qu'il aurait fallu dire. Penser le contraire à mon égard me heurte en plein cœur, me l'enfonce tout au fond de la poitrine et me donne envie de le lui recracher à la figure. Qu'il le garde, mon cœur, tiens ! On m'a trop souvent répété que je n'en avais pas. Alors qu'il soit présent ou absent de ma cage thoracique, cela ne change rien, si ? Cela ne pourrait rien changer ; ne devrait rien changer.
Sans un mot, car il n'en mérite pas et qu'ils sonnent tous faux à ses oreilles – et surtout dans sa bouche ! – je le regarde s'éloigner lorsque sa famille sort de la grande bulle, ayant l'impression d'avoir toute la misère du monde sur mes épaules. J'étouffe et brûle de ne pas être celle que tous aimeraient que je sois, et que par moments j'aimerais être également. Lorsque Ander disparaît de mon champ de vision, je baisse la tête vers mon masque, que je tiens encore dans mes mains. Lentement, je le rapproche de mon visage et le positionne devant mes yeux. Si personne ne me reconnaît, personne ne verra et ne saura que je suis pire que tout ce qu'ils pourraient imaginer.
Merci pour ce rp, une vrai cascade d'émotions !
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
Bal masqué de Nouvel An
CLÔTURE DU BAL
Aux alentours de 2h00


Toutes les bonnes choses ont une fin et il en va de même pour ce Bal de nouvel an. Les tables de buffet ne sont plus aussi garnies qu'auparavant, par-ci par-là, on surprend de discrets bâillements et une fois la dernière valse achevée, le gramophone magique s'éteint pour de bon.
L'heure est venue de rentrer et peu à peu, la bulle sur la Place Armand Malefoy commence à se vider. Les organisateurs sont très satisfait : à en juger par la bonne ambiance et les nombreux sourires croisés au cours de la soirée, l'évènement semble avoir été un succès. Et quoi de mieux qu'un tel constat pour plonger dans une nouvelle année ?

C'est donc la fin du Bal de Nouvel an, merci à toutes et tous pour votre participation ! Merci aussi pour tous les gentils messages que Morgan et moi avons reçu, ça fait très plaisirSur ce, tout de bon pour cette nouvelle année (ah c'est un peu tard ?) et qui sait, peut-être à bientôt !
Fab’ulous
#583400


