Mon Loucataire-Garou
Ceci est un recueil pour le défi Inktober 2024
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![]() | L'HÉRITAGE DE LA CANTATRICE 30 août 2049 | ![]() |
« Il y a quelqu'un qui te demande dans la cheminée. » Se retournant sur son tabouret pour lui demander l'identité de la personne, le sorcier constata qu'elle s'était déjà éclipsée. Voilà qui ne présageait rien de bon car elle agissait ainsi lorsqu'elle n'appréciait pas ses fréquentations.
A peine eut-il entamé sa descente dans le salon qu'une voix stridente se manifesta à ses oreilles sensibles : « Hellooo~ ? Je ne vais pas attendre éternellement~ », chantonnait-elle. Cette voix qu'il avait reconnu bien rapidement provenait de l'âtre de la cheminée, où personne ne semblait se trouver. Piccolo se pencha au-dessus des flammes dans lesquelles le visage d'une vieille rivale se détachait. Il comprenait pourquoi sa mère avait fui cette situation : elle qui n'appréciait aucune de ses anciennes connaissances de l'Opéra nourrissait peut-être encore plus d'inimitié à l'encontre de la Petite Renata - bien qu'elle demeurait la seule héritière de feu la Grande Renata, une cantatrice qui s'était occupée de la carrière de Piccolo.
« Piccolooo~, you-hoou, vous m'entendez ? Je sais que vous êtes là, je vous vois grimacer !
— Hum je viens d'arriver. Que me vaut cette très charmante visite ? se résigna-t-il à demander directement dans l'espoir d'écourter un peu cette entrevue. Je dois prendre le balai avant qu'il se remette à pleuvoir.
— Ah non, ne jouez pas les sorciers très occupés ! Je viens vous apporter une excellente nouvelle. Tripplehorn ne pouvait s'empêcher de grimacer de nouveau : les excellentes nouvelles étaient souvent une question de point de vue. Figurez-vous que la Grande Renata ne doit plus rien à personne car sa dernière dette a officiellement été réglée ce matin. Je suis liiiibre ha ha ha~. »
Le sorcier écarquilla les yeux : la Petite Renata avait donc réussi son pari en épongeant toutes les dettes de sa mère, en l'espace de moins de deux ans. Il fallait bien avouer que louer la loge de la défunte - située près de l'Allée principale du Chemin de Traverse - avait été une brillante idée de sa part. Lui pouvait au moins se targuer que son nom était associé à l'appartement, car la Grande Renata le lui avait légué.
« Hé ben..! Toutes mes félicitations, minauda-t-il. Il imaginait qu'en l'espace de deux ans le taudis s'était transformé en château féérique, au soin des différents occupants.
— Toutes mes félicitations à vous Maestro, vous récupérez la loge que Maman vous a gracieusement donné : mon nom a officiellement disparu du bail. »
Son sourire se fit plus timide. Bien qu'il avait eu deux ans pour se préparer, il constatait qu'il n'était toujours pas prêt. La Petite Renata gardait un silence scrutateur, voulant sûrement connaître le sort qu'il réservait à cet héritage. Elle paraissait comprendre son dilemme, ce qui ne lui plaisait pas beaucoup : la sorcière avait toujours mis un point d'honneur à lui faire ressentir qu'il n'était qu'un parvenu incapable de se débrouiller tout seul.
« Bien, bien, bien, voilà une bonne chose de faite... fit-il en essayant de garder la face.
— En effet... sourit la chanteuse narquoisement. Vous allez vous en sortir, au niveau de la gestion à distance ? C'est bien à Poudlard que vous vivez..? Elle disait cela avec un ton condescendant, bien qu'ils savaient tous les deux qu'il s'agissait d'un honneur de loger dans ce château.
— Bien sûr, bien sûr, j'ai tout prévu.
— Mh... En tout cas si vous décidez de continuer à récolter des gallions, il faudra trouver un nouveau locataire parce que le mien vient tout juste de quitter les lieux. »
Le Maestro laissa échapper un petit rire moqueur avant d'insister : « Ne vous en faites pas pour moi, je saurai m'en sortir. Elle était vexée, et le défiait d'un regard qui voulait dire "On verra ça". Envoyez la paperasse directement au château de Poudlard. »
La nausée qui suivit cette entrevue pouvait témoigner de la détresse du Maestro : ses parents quittaient le territoire pour célébrer une énième lune de miel, l'Oncle Typhus bataillait pour honorer ses commandes de la lanterne Féériflamme et il ne pouvait pas demander à l'une de ses sœurs de quitter leur foyer pour gérer ses propres affaires à Londres pendant qu'il travaillait au château... Il avait un problème.
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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![]() | LE GUIDE DES BONS LOGEURS DE SORCIERS
30 Août 2049 | ![]() |
Le train gagnait lentement les terres écossaises, présageant d'une arrivée dans la nuit pour l'un des sorciers qu'il accueillait à son bord. Voyageant toujours bien peu léger, Tripplehorn empruntait souvent ce long moyen de locomotion qu'il appréciait plus particulièrement quand il ne partageait pas sa cabine. Cette fois-ci, l'Ecosse semblait avoir attiré un peu plus de Moldus que d'habitude et le sorcier composait avec le fait de partager sa cabine avec deux hommes. L'un s'était assoupi dès le départ et l'autre lui lançait des regards désapprobateurs. Il fallait dire que - outre tous ses bagages - les perruches du Maestro dans leur cage rapetissée occupaient le plateau et commençaient sérieusement à s'impatienter. Faisant mine d'être étranger à toute cette agitation, le sorcier continuait sa lecture qui lui faisait découvrir un univers bien particulier.
La présence des Moldus l'obligeait à dissimuler d'un doigt le dernier mot du titre de l'ouvrage, le Guide des bons logeurs de. Tripplehorn l'avait déjà quelque peu survolé il y a deux ans, lorsqu'il avait su qu'il hériterait du dernier bien de sa protectrice, sans vraiment croire que ce moment arriverait réellement. Les sourcils froncés, le sorcier se demandait à chaque lecture d'un nouveau conseil à quoi il allait être mangé : les papiers administratifs que la Petite Renata devaient lui transmettre dans les prochains jours par hibou postal fixeraient le sort de cet appartement.
Montrez-vous ferme mais clément : préférez demander les gallions en début de mois, lut-il dans sa tête. Son regard se fit plus lointain : la grande fenêtre laissait passer quelques paysages désolés. Tripplehorn voulait se montrer à la hauteur de cette tâche, rien que pour prouver à la Petite Renata qu'il pouvait gérer cette affaire seul. C'était aussi une façon de rassurer ses parents : il travaillait bien à pérenniser son avenir comme un adulte responsable, prêt à subvenir aux besoins de sa propre petite famille. Un sourire léger se dessina sur ses lèvres devant ce songe qui lui paraissait encore lointain. Que lui arrivait-il ces derniers temps pour se laisser ainsi aller à ce genre de pensées ? Romeo mordait le barreau de la petite porte. Le regard toujours fuyant devant les éclairs que lui lançait le Moldu éveillé, le sorcier revint aux conseils du guide.
Si les interventions des sorciers professionnels sont normalement à votre charge, envoyez tout de même les factures à votre locataire : il se pourrait qu'il les règle sans s'en rendre compte. Cela faisait sens, pourquoi paierait-il des prestations à des sorciers artisans et autres exterminateurs de Doxys s'il ne profitait pas lui-même de ces prestations ? Tripplehorn espérait de plus en plus que la Petite Renata lui rendrait ce logement dans un bon état, à y réfléchir on pouvait craindre le pire bien que leur relation avait semblé s'apaiser durant cette trêve. Une trêve par définition prenait fin à un moment donné, et cette passation apparaissait comme un bon moment pour raviver leur rivalité sans fin.
Si votre logement reste trop longtemps inoccupé, des êtres nuisibles risquent de s'y installer. Prenez vos responsabilités et rendez-vous sur les lieux très régulièrement ! Cette fois-ci, le Maestro Piccolo ferma le guide d'un geste sec, se sentant personnellement attaqué : au lieu de s'y rendre pour en faire l'état des lieux, il le fuyait jusqu'à l'autre bout de l'île. Peut-être parviendrait-il à convaincre ses supérieures de lui accorder quelques jours pour ne pas laisser la loge inoccupée ce semestre, mais cette solution lui paraissait maigre par rapport à l'urgence décrite dans le guide... Plus le sorcier s'informait, plus il lui apparaissait que trouver rapidement un locataire permettrait de prendre soin de son bien à distance. Romeo et Juliet avaient fini par s'assoupir l'un contre l'autre. Un peu de patience pour le hibou postal qui l'informerait plus précisément de la situation, c'était tout ce dont il devait se doter à présent pour ne pas être tourmenté constamment en cette rentrée qui s'annonçait déjà faste. Son regard dévia des perruches pour se planter dans les yeux du Moldu à travers les barreaux de la cage. La source de son courage, il pouvait la trouver dans sa rivalité avec la Petite Renata qui survivait à la disparition de la Cantatrice. Jusqu'au dernier arrêt du train, le Moldu observa le paysage sans plus risquer de le dévisager.
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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![]() | L'OFFENSIVE POSTALE
31 Août 2049 | ![]() |
Le Maestro Piccolo se dépêchait de finir son grand tour de piste habituel du château, revenant du domaine où il avait salué les crapauds harmoniques - à sa façon. Les couloirs lui paraissaient bien vides quand les apprentis sorciers n'étaient pas là pour lui barrer le chemin, mais il ne tarderait pas à regretter cette pensée. Remontant les marches quatre à quatre avec la légèreté d'une ombre, il regagna la Salle du Quatrième étage et son Amphithéâtre accueillant.
Encore un peu fatigué du voyage, le Maestro pouvait au moins profiter d'un peu de quiétude dans cet antre où les instruments semblaient prendre vie pour vous saluer sur votre passage. Alors qu'il époussetait un peu son ambon au centre de l'arène d'un geste maniaque, un léger son parvint à ses oreilles : hou-hou. A la réflexion, le sorcier se rendait bien compte qu'il n'avait jamais accueilli un instrument qui faisait "hou-hou" dans la Coursive aux instruments... Lorsque le bruit recommença, il put identifier une direction bien plus proche de lui qu'il ne l'aurait pensé à la première occurrence. Disparaissant dans la porte dérobée de l'arène, il suivit le petit corridor parsemé des portraits de ses anciens homologues - et son propre portrait auquel il offrit une courbette aimable. Sa cabine au bout du couloir semblait en proie à une grande agitation qu'il n'aimait pas beaucoup.
Ouvrant la porte à l'aide d'un sort, il se trouva devant un drôle de spectacle : sur le rebord de sa fenêtre, six chouettes tapotaient contre la vitre. Dans leur cage posée de l'autre côté de la vitre, Romeo et Juliet voletaient dans tous les coins, apeurés par cette vision. Les bras ballants durant la réalisation, leur sorcier essayait de comprendre ce que ce gang de chouettes leur voulaient... Il put réagir seulement en apercevant des colis encordés à leurs serres.
« Oh non... », comprenait-il lentement : comme convenu, la Petite Renata lui avait visiblement confié la paperasse relative à la loge du Chemin de Traverse - c'est-à-dire l'équivalent de deux années d'appels de loyer, des suivis d'interventions pour les mises aux normes sorcières, des parchemins de factures de l'assurance et autres joyeusetés d'un bon logeur de sorciers. « Oh non ! » gémit-il encore se résignant à ouvrir la fenêtre. Les volatiles dans une tempête de plumes s'engouffrèrent pour se poser sur tout ce qui pouvait ressembler à un perchoir : sa cabine était devenue une Volière annexe du château. Romeo et Juliet, inconsolables devant cette vision, continuaient leur tintouin.
Le sorcier se mit au travail pour détacher les colis des pattes et régler la course de chacune des chouettes dans un silence qui en disait long. « Oust, oust ! » fit-il enfin, avec ses manières habituelles. Une fois débarrassé par l'armée de volatiles, son regard se posa lourdement sur les petits paquets qui provenaient tous de l'Opéra. Grimaçant, le Maestro ouvrit enfin la cage de ses perruches qui continuaient de réclamer réparation pour la frayeur - Romeo lui pinça le doigt au passage, le tenant sûrement coupable d'inviter cette grande concurrence ailée. Le sorcier ne s'en rendit même pas compte, accaparé par tous ces colis éparpillés sur son précieux tapis. Les yeux rivés au sol, il resta un instant à observer ses bottes encore enduites de boue. Lui qui était grandement attaché à sa présentation se trouvait pour une fois en adéquation avec ce qu'il ressentait : il était sali par la sorcière et son attaque administrative qui visait assurément à le démotiver de prendre la relève dans la gestion du logement.
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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![]() | LA LOGEUSE INTÉRIMAIRE
01 Septembre 2049 | ![]() |
Il suffisait de sortir légèrement des sentiers battus de son quotidien pour imaginer être en train d'enfreindre toutes les règles. Au lieu de se trouver au château de Poudlard à organiser l'arrivée des apprentis sorciers plus tard dans la journée, Piccolo se trouvait sur le Chemin de Traverse comme s'il n'en était jamais parti. Le sorcier slalomait entre les passants agités en ce jour de rentrée, le visage pâle et les yeux cernés. Il lui avait fallu emprunter le réseau des cheminées depuis Pré-au-Lard, alors il se sentait aussi un peu sale. Heureusement, son aspect n'allait pas grandement dénoter à l'endroit où il se rendait. L'état des lieux qui se profilait lui permettrait de mieux comprendre l'ampleur des difficultés à venir - il fallait dire que sa lecture administrative l'avait grandement effrayé, un peu comme une histoire d'horreur qu'on lisait avant de s'endormir. Les parchemins avaient réveillé quelque chose chez le sorcier : c'était aujourd'hui ou jamais qu'il passerait cette porte.
Retrouver la dernière demeure de la Cantatrice - sa demeure à présent - dans l'urgence ne l'enchantait pas beaucoup, cela dit. Il aurait bien eu besoin de plus de temps pour réaliser et sentir les énergies du lieu qui avait accueilli la tristesse d'un deuil prématuré. Ses doigts trouvèrent la baguette magique coincée dans sa ceinture alors qu'il descendait les petites marches inégales de la rue mal éclairée. Peu importe les travaux qu'il pourrait engager dans son logement, il ne pourrait jamais changer cet environnement à l'aspect hostile. Le vieux bâtiment lui faisait face comme un monstre à dompter... Mais il y avait quelque chose de familier en lui. « Allons-y... » déglutit-il pour se donner du courage.
Piccolo s'était engouffré dans le sas à peine plus chaud que l'extérieur, évitant comme il le pouvait les toiles d'araignées. Le logement se trouvait au premier étage, il fallait grimper une dizaine de marches d'escalier en bois pour accéder au palier qui accueillait deux portes. A chacune de ses visites, il n'avait jamais croisé un voisin de la Grande Renata, alors il avait fini par s'imaginer que le bâtiment n'avait qu'un seul appartement habitable - bien qu'il demeurait vétuste. Alors, la vision qui lui apparut sur le palier s'en trouva tout à fait exotique : un petit elfe de maison appliquait de la cire sur le plancher d'un geste mécanique. Leurs regards étonnés se croisèrent. Il lui semblait que la créature lui souriait :
« Monsieur est venu ! Monsieur reconnait Lutti ? »
Le sorcier s'abaissa à son niveau, incapable de cligner des yeux devant ce fantôme du passé. Lutti avait été l'elfe de maison de la Grande Renata avant qu'elle ne lui donne sa liberté - sur un coup de tête, pas par bonté de cœur. Finalement, Lutti avait trouvé une autre maîtresse en la Petite Renata, ce qui lui avait évité de subir le scandale d'avoir été remerciée par la famille qu'elle servait.
« Je te reconnais, oui... confirma doucement Piccolo comme s'il réalisait lentement qu'il venait de retrouver un fragment d'âme de sa protectrice. Tu ne portes plus de perruques ? C'était ainsi qu'il aurait pu l'identifier plus rapidement.
— Ah non, ah non... Mademoiselle n'aimait pas que la tête de Lutti grattouille et chatouille alors elle lui a ordonné de ne plus porter de perruque ! » Elle semblait soulagée par cet ordre et Piccolo devait bien avouer que c'était une sage décision de la part de sa rivale.
Les yeux pétillants, Piccolo essayait de contenir son émotion. Il attrapa la petite main pour la secouer légèrement : « Lutti, je suis comblé par ta présence, mais je n'ai hélas pas beaucoup de temps... » Si la Petite Renata n'avait pas attendu pour lui envoyer la paperasse, elle s'était gardée, en revanche, de lui donner l'accès à son bien. Jusqu'à présent, son plan consistait à commettre une effraction dans son propre logement. La présence de cette elfe changeait un peu la donne et lui évitait de faire appel à un Gobelin pour réparer la serrure probablement protégée. Lutti acquiesçait déjà, ses grands yeux de bébé Croup semblant déjà accepter la mission, peu importe en quoi elle consistait. Quelque chose d'important les rapprochait tous les deux et Piccolo ne le saisissait que maintenant : ils avaient été les serviteurs bien souvent maltraités de la Cantatrice.
« Monsieur veut la clef de l'appartement ? Lutti l'a cachée dans sa loge sous l'escalier. » A peine eût-il confirmé qu'il s'agissait exactement de sa demande que la petite elfe disparut et réapparut, une grosse clef dans la main. Elle la lui tendit avec un grand sourire : Mademoiselle m'a donné l'ordre de la protéger et de vous la confier. »
— Mille mercis ma chère Lutti... Il réalisait soudain qu'il était bel et bien propriétaire de ce logement. Cependant, quelque chose pendouillait à côté de la grosse clef : une autre clef semblait-il, minuscule. Celle-ci sert à ouvrir ta loge sous l'escalier, n'est-ce pas ? Tu devrais peut-être la garder.
— Oh ce n'est pas la loge de Lutti, c'est la loge annexe de Monsieur. Le sorcier fronça les sourcils, incertain de saisir ce qu'elle lui disait. Monsieur s'y sentira peut-être un peu à l'étroit s'il décide d'y habiter, il préfèrera sûrement le confort d'un vrai logement. »
Piccolo comprenait mieux : en devenant propriétaire du seul appartement louable dans ce bâtiment, on devenait également le gardien dudit bâtiment. Lutti n'était là que pour lui transmettre les clefs sous les ordres de la Petite Renata qui avait donc prévu qu'il passerait dans les jours suivant leur entrevue...
« Lutti ne doit pas rester trop longtemps à discuter avec Monsieur, mais elle est très contente de l'avoir revu, il n'a pas changé. » Ses gros yeux semblèrent le dévisager un moment, un peu comme les siens qui essayaient de se raccrocher à quelque chose pour ne pas pleurer face à ce compliment qui le flattait. D'un nouveau claquement de doigts, l'elfe de maison laissa le sorcier à son solennel tour du propriétaire et à de bien lointains souvenirs.
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![]() | LA LOGE DE TRAVERS
01 Septembre 2049 | ![]() |
La grosse clé encore serrée dans son poing, le sorcier redécouvrait cet appartement qui, à présent, était sien. Même s'il l'avait déjà très mal jugé à l'époque où il n'en était pas le propriétaire, à présent il pouvait se lâcher complètement : « QUELLE HORREUR ! »
L'odeur de vieux tabac - qui remontait sûrement à l'époque où la Cantatrice logeait ici - semblait s'être incrustée définitivement dans les murs pourtant dénués de papier peint à de nombreux endroits. Combien de Trolls et autres goules avaient dansé la gigue pour obtenir un sol aussi cabossé ? Même couvert sous un grand tapis, on aurait senti passer les dalles détruites du carrelage sous ses chaussures. De ses airs précieux, la narine haute, le Maestro Piccolo semblait en proie à des envies de meurtre envers sa rivale retrouvée, la Petite Renata. Elle allait voir de quel bois il se chauffait ! Il préparait déjà une riposte bien sentie à base de beuglantes. Le sorcier sortit son petit calepin et sa Plume à Papote qui ne cessa plus de s'agiter devant l'énumération du moindre petit clou de travers.
« Là, pointa-t-il du doigt. Note bien : une tâche de... Qu'est-ce que c'est d'ailleurs ? Un peu plus loin : Ici, fuite numéro deux... Dans le coin, trou de souris. » C'était comme si ses yeux s'étaient dotés d'un pouvoir grossissant, s'ajustant comme des jumelles Multiplettes sur le moindre défaut repérable. Traces de brûlures au sol. » Les sorciers qui posaient leurs chaudrons sans un support étaient ceux de la pire espèce.
Il continuait d'inspecter scrupuleusement chaque millimètre de l'espace exigu qui faisait office de pièce de vie - bien que pour le moment il s'agissait plutôt d'une pièce mortuaire - quand un petit bruit d'insecte l'interpella dans son dos. Piccolo s'approcha des rideaux - hideux - avec appréhension. D'après l'historique des interventions, plusieurs dédocysations de Doxys avaient déjà eu lieu sans succès à cet endroit... Il n'allait sûrement pas vérifier lui-même.
« Ajoute : Présence de Doxys », tricha-t-il en reculant d'un pas. La petite cheminée semblait à première vue intacte mais, dans le doute, il ne l'oublia pas dans son état des lieux :
« Sortilèges de sécurisation à renouveler sur la cheminée... » Piccolo regrettait le fait qu'elle ne pouvait être reliée au réseau des cheminées à cause de sa taille - ce qui lui aurait épargné le chemin à pieds entre le Chaudron Baveur et l'appartement - mais d'un autre côté il valait mieux qu'elle ne soit pas plus grande étant donné la largeur de la pièce. En tout cas, il ne voulait pas prendre le risque qu'elle explose en l'allumant.
Sans véritable surprise, les toilettes fuyaient et la baignoire présentait une épaisse couche de crasse bien incrustée. La chambre n'était pas épargnée non plus par l'humidité et l'absence de papier peint. Son cœur se serra davantage en approchant de l'ombre poussiéreuse au sol où la forme d'un lit semblait se dessiner. Curieusement, Piccolo n'ajouta pas cette mention à son état des lieux, plongé dans un désagréable souvenir.
La Plume à Papote acheva son travail de scribe avec passion, ajoutant tout ce qu'il fallait pour dramatiser davantage la situation, et le Maestro relut le tout avec un petit sourire satisfait car, d'après le Guide des bons logeurs de sorciers, il était censé récupérer la caution du dernier locataire pour payer la réparation de tous ces dégâts. Bien entendu, lui-même aurait pu régler la majorité des problèmes soulevés avec un peu de temps devant lui, mais il n'en disposait pas et, surtout, il n'était pas d'humeur à simplifier la vie de l'ancienne propriétaire. Le sorcier savait qu'il devait se montrer prudent, cela dit, car la Petite Renata n'avait pas pu lui laisser l'appartement dans cet état sans avoir un plan pour se dédouaner complètement... Il sentait qu'il allait devoir lui soutirer ces gallions et que ça n'allait pas être joli à voir, car lui refusait de perdre le moindre de ses sous dans cette affaire.
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![]() | DERNIER RÉPIT AVANT L'AUTOMNE
01 Septembre 2049 | ![]() |
Les passages des sorciers dans les couloirs aériens de Pré-au-Lard n'étaient pas rares, mais bien peu prenaient la direction du château. En enfourchant son vieux balai pour décoller depuis la Grande Place, le regard inquiet de Tripplehorn ne put s'empêcher de se plonger dans l'allée où se trouvait la distillerie McIntosh. Il espérait que ses affaires personnelles n'allaient pas impacter de trop Colloshoo, son alias qui travaillait à l'impulsion d'un élan démocratique dans le pays. En tout cas, son nouveau statut de propriétaire allait retarder le dossier et il en attribuait toutes les causes à la Petite Renata. Seule pensée rassurante, il venait de constater que l'aller-retour entre l'école et son logement du Chemin de Traverse arrivait à se faire sans trop de difficultés avec un peu d'organisation. S'il pouvait éviter d'en piper mot aux autres, il le ferait, car trop d'absences éveilleraient sûrement des soupçons sur ses capacités pour tenir le Chœur des Grenouilles, la Salle de répétition, les rondes, et les séances d'aide aux devoirs... Il était hors de question qu'il paraisse démissionnaire à leurs yeux ou ceux de ses très chers choristes. Ah, quel sorcier indispensable faisait-il !
Quelques minutes après son décollage, alors qu'il commençait à survoler l'île de Poudlard, Piccolo avait senti que le vent s'était levé. Si la brise dans ses cheveux était toujours bienvenue pour apparaitre sous un meilleur jour, cette fois-ci il s'agissait davantage d'une bourrasque qui l'éloignait de sa trajectoire. Piccolo savait bien quelque chose des trajets en balai, c'est qu'on pouvait rarement lutter contre les éléments. Le sorcier dévia le manche pour contourner le château - il passerait par le flanc Nord - mais c'était sans compter son vieux balai qui commençait à avoir du mal à lui obéir. En général, une petite pause lui suffisait pour retrouver la forme, aujourd'hui le sorcier se trouvait bien en mal pour trouver un point où se poser avec une trajectoire qui changeait sans arrêt. Sa décision rapide de forcer le vol jusqu'au premier vallon venu lui évita de finir dans l'eau du lac ou au milieu de la forêt épineuse qui abritait Merlin savait quelles créatures.
Tripplehorn laissa son vieux balai se reposer sur l'herbe humide, réajustant son large capuchon sur sa tête. « Quelle entrée... » Comme il voulait s'éviter de partir en randonnée pour regagner le château, cette pause s'avérait cruciale. Au moins, depuis les hauteurs, une vue imprenable s'offrait à lui. Le sorcier s'approcha prudemment du rebord, fasciné par la grandeur du château. Il jurait drastiquement avec le bâtiment londonien qui accaparait toutes ses pensées. A y réfléchir, son logement avait trait à une certaine humilité qui lui faisait souvent défaut. Peut-être que c'était ce qu'il regrettait le plus dans cet héritage : ils étaient fort mal assortis. Pourtant, il y avait un espoir le rendre plus agréable, à son image en quelque sorte. Et s'il se rendait assez utile tout comme son vieux balai pouvait l'être - en lui rapportant une coquette somme mensuellement - alors il pourrait fermer les yeux sur tous les défauts qu'il lui trouvait.
Ainsi fatalement installé, son balai à ses côtés, il resta à contempler le paysage comme il l'avait rarement fait, guettant l'arrivée de la fumée en direction de la Gare de Pré-au-Lard. Avec l'obscurité, Piccolo pourrait directement voler jusqu'à la Tour du clocher et descendre dans la Salle de répétition comme s'il ne l'avait jamais quittée - non sans s'accorder un brin de toilettage avant d'apparaitre au banquet.
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Avatar : Kamome Shirahama 𓇢𓆸 L'IA m'a tuer
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![]() | JEUNE PROPRIÉTAIRE RECHERCHE UN LOCATAIRE MORTEL
04 Septembre 2049 | ![]() |
Adossé contre la devanture de la presse sorcière, la dernière édition de la Gazette du sorcier en mains, un sorcier commentait les nouvelle du Monde magique en compagnie de deux badauds qui traînaient là au sortir du travail. Les nouvelles ne semblaient pas réellement sortir de l'ordinaire. « J'ai bien l'impression que ces premières Quadriennales ont été une véritable aubaine pour tout le monde. » Il y avait toujours les habituels détracteurs allergiques à la moindre nouveauté mais l'événement avait marqué au-delà de la capitale sorcière et il fallait avouer que le Conseil n'avait pas lésiné sur les moyens pour protéger les concitoyens.
Cela dit, la rubrique qui intéressait Piccolo était celle des petites annonces et, au fur et à mesure de sa lecture, il n'intervenait plus beaucoup dans la discussion entamée. Il y a quelques jours, Placido Tripplehorn avait envoyé sa demande de publication par courrier au quartier général du journal. C'était le jour où sa propre petite annonce était censée apparaitre aux yeux de tous et il avait tenu à faire le déplacement pour récupérer son exemplaire en mains propres. Il avait rédigé son annonce avec beaucoup de soin, juste après avoir conçu une salve de beuglantes pour la Petite Renata - comme pour souligner le fait qu'il allait effectivement faire mieux qu'elle en tant que propriétaire du dernier bien de la Cantatrice. Son futur locataire ne serait pas seulement à jour dans les règlements de son loyer, il serait également très soigneux et respectueux du voisinage - bien qu'il avait l'air, de toute façon, tout à fait mort.
Ses yeux parcouraient les lignes avec une excitation un peu indécente : le Maestro se fichait bien des Fléreurs en cavale ou du dernier chaudron à vendre. Quand, enfin, il reconnut les premiers mots de son annonce, une fierté immense le parcourut :
« Le Maestro Piccolo, chef de chœur renommé de l'école de sorcellerie Poudlard, vous invite à découvrir son appartement de caractère situé proche de la rue principale du Chemin de Traverse. Vous y trouverez toutes les commodités nécessaires à un honnête sorcier. Envoyez un hibou au château de Poudlard pour obtenir plus d'informations. Seules les demandes sérieuses seront traitées : Vampires, Loups-garous et demi-Géants ne seront pas recontactés. »
Cette annonce semblait à deux doigts de demander une copie du passeport pour espérer obtenir des renseignements sur l'appartement. Curieusement, il n'y avait pas beaucoup de détails sur son agencement et pour cause, il demeurait dans un drôle d'état en attente d'un bon rafraîchissement financé par une autre bourse que la sienne. Le sorcier ne pouvait pas attendre de prospecter cela dit : Rome ne s'était pas faite en un jour et il comptait bien trouver la perle rare qui ferait regretter à la Petite Renata de l'avoir sous-estimé. L'esprit tranquille - et flatté comme si on venait de lui offrir toute une tribune pour s'exprimer -, Piccolo salua ses compagnons de lecture et s'en retourna au réseau des cheminées, direction l'Ecosse.
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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![]() | LE SWING DU SWIPE
21 Septembre 2049 | ![]() |
Dehors la pluie était telle que l'on pouvait se sentir incroyablement bien protégé sous n'importe quel toit. Piccolo allait profiter de cette soirée sans rondes, dans le secret de sa petite cabine du château, pour passer en revue la douzaine de parchemins qu'il avait accumulée. Visiblement, d'après leurs différentes tailles et épaisseurs, il y avait autant de demandes d'informations que de dossiers déjà complets. Les perruches se posaient sur le gramophone qui diffusait une musique entraînante et chaleureuse pouvant engager n'importe qui à rejoindre une longue marche jusqu'au champ de bataille : elles étaient prêtes à examiner tout aussi scrupuleusement que leur sorcier les réponses à la petite annonce. Dans son habit du soir, encore parfumé par son savon et les cheveux emprisonnés dans un filet, le Maestro s'installa et commença son processus de sélection, décachetant le premier dossier de la pile. Son regard partait automatiquement à la recherche du nom et d'une indication sur la profession ou, à défaut, sur le niveau de richesse. « Mh... Non pas lui. Il fait beaucoup trop de fautes. » Ce n'était pas, à vrai dire, la véritable raison de ce bien rapide refus : il avait lu qu'il s'agissait d'un confectionneur de potions. Apparemment, le sorcier ne voulait pas d'un locataire qui passe ses journées à faire des expériences entre les murs de son logement - il pouvait sûrement bien mieux faire que ça.
« Au suivant. Ah, cette sorcière voudrait connaitre le montant du loyer... Si elle demande, c'est qu'il s'agit sûrement d'un souci pour elle. Romeo et Juliet l'observaient avec questionnements. Tant pis pour elle, c'est hors de question que je cours après les paiements... » Il posa l'enveloppe sur le précédent dossier, créant une pile de refus, puis s'étira déjà comme éreinté par la lecture des deux courriers.
« Voilà un profil intéressant ! Cette sorcière nous dit qu'elle a les moyens de payer plusieurs mois de loyers à l'avance... Mais elle ne peut révéler la nature de sa profession. » C'était indubitablement très louche, mais Piccolo n'était pas dérangé. D'après la Petite Renata elle-même, cet appartement n'avait pas été occupé par des enfants de chœur. Il créa une autre pile pour les dossiers à réexaminer. La musique s'emballait au fil des ouvertures et le sorcier paraissait apprécier ce petit travail de sélection - peut-être un peu trop.
« Aïe, il n'aurait pas dû mettre une photomagique celui-là... » Occupé à se moquer de ses potentiels locataires, il ne faisait plus attention à Romeo et Juliet qui, en véritable travail d'équipe, avaient tiré le plus petit des parchemins jusqu'à leur cage pour en faire un joli tapis à mordiller... La signature apparente, celle d'un certain Bobbie Bassline, fut rapidement couverte de graines et de choses fort peu narrables tandis que les piles continuaient d'augmenter des deux côtés. La pile des demandes recevables n'apparut jamais durant la soirée.
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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![]() | LE MAUVAIS LOGEUR DE SORCIERS
28 Septembre 2049 | ![]() |
Par défaut, le sorcier avait sélectionné deux profils de locataires fortunés : la sorcière qui ne souhaitait pas révéler l'activité qui justifiait ses revenus élevés et un sorcier qui avait gagné un grand montant de gallions dans le milieu du pari sportif. Ils s'étaient tous donnés rendez-vous en début de semaine devant le vieux bâtiment du Chemin de Traverse pour une visite. Piccolo, arrivé avant tout le monde, avait eu le temps de constater les premiers résultats des travaux engagés par la Petite Renata pour remettre le logement aux normes. Le sorcier avait finalement compris son plan : en lui rendant l'appartement dans cet état, elle était assurée de participer au chantier et continuait donc de suivre les affaires du nouveau bailleur - c'est-à-dire lui. Visiblement, l'elfe Lutti avait grandement été mise à contribution que ce soit pour l'espionner ou pour les travaux : s'il y avait âme plus pingre que le Maestro, c'était peut-être celle de la sorcière.
Lutti s'afférait à faire rouler le papier peint sur les murs enduits d'une colle gluante. Quand sa magie d'elfe faiblissait avec la menace que le papier retombe sur elle, le sorcier intervenait - il aurait préféré observer son ancienne rivale de l'Opéra s'atteler à la tâche. Piccolo avait choisi le plus coûteux des motifs floraux, d'un vert émeraude difficile à assortir à un mobilier. Bien qu'il ne l'appréciait pas beaucoup, le but était de faire payer le plus possible la Petite Renata. Adossé nonchalamment contre l'une des parois déjà couverte, il annonça :
« Repose-toi après ce dernier pan de mur, le salon sera au moins terminé aujourd'hui.
— Le Maître a utilisé sa magie pour aider Lutti... Lutti ne travaille pas bien ? s'attrista tout de suite la petite elfe de maison.
— Oh là, je ne suis pas ton Maître ma chère Lutti... répondit-il de son air flatté. Lutti semblait confuse, triturant ses doigts :
— Pourtant Mademoiselle vous appelle Maestro... »
Le sorcier semblait être sur le point de lui apprendre les définitions bien différentes des deux mots, quand quelqu'un frappa à la porte. Il se releva d'un seul coup pour s'épousseter.
« Est-ce que je suis présentable ? » Lutti leva le pouce.
A la porte, ses deux candidats se tenaient prêts à découvrir l'endroit. Comme prévu, ils semblaient un peu refroidis par l'aspect extérieur autant que celui de la cage d'escalier. Hélas, songeait Piccolo, ça n'allait pas s'arranger avec le salon : le carrelage était toujours explosé et légèrement penché. D'après leur riche apparence, il allait devoir sortir le grand jeu.
« Bonsoir, bonsoir... Me voici pour vous servir, le Maître des lieux. Il pouvait sentir la confusion de l'elfe de maison à plusieurs mètres derrière son dos. D'un grand geste, il les invita à entrer. Comme vous pouvez le voir, le logement subit un petit rafraichissement... Les yeux scrutateurs des deux sorciers lui faisaient douter de tous ses choix. La couleur rend mieux à la lumière du Soleil. »
Dans la nuit bien avancée, le Maestro Piccolo ressemblait à un petit garçon que l'on avait privé de son jouet préféré. Il pleurnichait, assis à même le sol, inconsolable : les deux sorciers s'étaient rétractés sans plus de cérémonie. La petite elfe essayait de le consoler, mais chacune de ses paroles provoquait un nouvel éclat de sanglot.
« Peut-être que... Je n'étais pas assez élégant pour eux...
— Maître... Monsieur Maestro... Vous étiez très convaincant. Mademoiselle a mis un peu de temps avant de trouver un bon locataire...
— Mais moi j'en veux un maintenant ! Je ne pourrais plus tenir le rythme avec tous ses allers-retours ! »
A l'extérieur, sous la seule lumière faiblarde devant le bâtiment, des lunettes aux verres colorés fixaient la fenêtre derrière laquelle le Maestro Piccolo faisait entendre sa lamentation. Cheveux dans le vent, la silhouette s'activa dans la pénombre.
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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![]() | BOBBIE BASSLINE
28 Septembre 2049 | ![]() |
Un son de cordes vibrantes dans le vent paraissait se rapprocher. Lutti, la petite elfe de maison, laissa le Maître des lieux sangloter sur son sort pour s'approcher de la lourde porte d'entrée. Zouing, zoin. Quelqu'un se tenait derrière la porte. « Qu'est-ce qu'il y a, Lutti ? Tu crois qu'ils ont changé d'avis ? Ils sont revenus ? » Comme pour lui répondre, la porte s'ouvrit sans autre cérémonie, comme poussée par une force surhumaine - le vent qui s'insinuait dans le hall. Surpris, Tripplehorn se releva d'un coup, recula jusqu'au mur les joues toujours ruisselantes de larmes, et chercha sa baguette autour de sa ceinture. Lutti s'était interposée devant lui, comme prête à en découdre à sa place. La silhouette qui faisait zouing en s'avançant alluma alors l'extrémité de sa baguette magique. « Bobbie Bassline...!? » Entre les deux sorciers, la petite Lutti faisait des allers-retours. Ce sorcier apparaissait décidément aux moments les plus surprenants de sa vie, comme une créature magique insaisissable
« Ouaais amigo, ta crèche est bien confortable maan », confirma le sorcier de sa voix traînante.
Les yeux exorbités du Maestro Piccolo essayèrent de se fermer sans y parvenir devant cette vision inattendue. Il n'avait pas changé, ce drôle de barde qui transportait toujours ses deux guitares enchantées comme l'on aurait porté deux épées croisées derrière son dos.
« Vous auriez pu vous annoncer, Bobbie...
— Miiiince maaan ! J'avais envoyé un message au château de Poudlard comme c'était écrit dans l'annonce. »
Piccolo voulait plutôt parler du fait de ne pas toquer à la porte, mais il comprenait à présent la raison de sa présence à une heure si tardive - quoi qu'il s'étonnait que Bobbie soit à la recherche d'un appartement, lui qui habitait déjà sur le Chemin de Traverse. Le voilà qu'il caressait le papier peint comme s'il essayait de décrypter un message codé... Lutti lui lançait un regard fâché derrière son dos, elle n'était pas habituée.
« Il ne me semble pas avoir reçu un mot de votre part... » lui lança le Maestro en tapotant ses joues pour les sécher. Il s'en serait forcément souvenu, d'une lettre de sa part - d'ailleurs, il n'aurait pas pensé qu'il savait écrire...
S'il avait bien compris quelque chose depuis leur première rencontre sur les routes de campagnes, on ne venait pas à Bobbie Bassline, c'était Bobbie Bassline qui venait à vous. L'aurait-il sélectionné parmi les candidats viables pour le logement ? C'était discutable...
« Les hiboux sont bien libres de faire ce qu'ils veulent, maan. C'est le vent qui m'a mené vers toi joli Coco... »
La grimace de Piccolo fut sans appel : cette fin de journée avait été assez rude comme ça, il ne voulait pas s'infliger les frasques du barde solitaire qui s'imposait finalement beaucoup trop aux autres à son goût. En s'approchant de lui, il pouvait sentir sont odeur boisée mêlée à une senteur qui ressemblait à la plante d'absinthe... Définitivement, Piccolo n'était d'humeur qu'à retrouver son cocon confortable au château.
« Quel dommage, je suis vraiment navré Bobbie, les visites de cette après-midi sont terminées. Comme à son habitude avec lui, Bobbie Bassline planta ses deux verres ronds sur son visage comme s'il n'avait rien écouté à ce qu'on lui avait dit :
— J'ai des émotions intenses à digérer, là, répondit-il finalement. Piccolo se sentit mal, c'est qu'il avait toujours su le prendre par les sentiments celui-là... Quelque part, il était aussi curieux de connaitre les dernières aventures du nomade devenu ces dernières années presque aussi sédentaire que lui.
— Le Maestro aussi a beaucoup d'émotions intenses », affirma la petite Lutti qui croyait bien faire.
De l'extérieur, ils pouvaient facilement apparaître comme de vieux amis mais, à vrai dire, ils ne s'étaient croisés qu'une poignée de fois au cours de leur vie - bien que ces rencontres avaient souvent été lors de prises de décisions difficiles du côté de Tripplehorn. Il ne pouvait pas chasser ce sorcier sans s'attirer le mauvais œil car, quelque part, Piccolo avait toujours pensé que Bobbie Bassline n'existait que pour le tester.
« Si vraiment vous avez besoin d'un toit, Bobbie... commença-t-il en envisageant de le laisser ici pour la nuit.
— Alors là Coquelicot, t'es vraiment un chic typ'. Sans crier gare, Bobbie l'avait pris dans ses bras. Son odeur lui transperça les narines, Lutti applaudissait. S'étaient-ils réellement compris ? Il ne resterait que la nuit, n'est-ce pas ?
— Lutti est très heureuse d'avoir la compagnie d'un ami du Maestro ce soir. Lutti voulait rester ici pour continuer ses travaux dès l'aurore. » C'était... rassurant, quelque part. Au moindre souci causé par l'individu, il serait au moins prévenu.
Au château de Poudlard, le cerveau en ébullition pour trouver le meilleur moyen de faire déguerpir Bassline de son appartement, le Maestro Piccolo ne trouva pas le sommeil cette nuit-là.
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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